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    « Mère Teresa, quand vous serez morte, qu’est-ce qui aura changé ? »

    La réponse de la sainte à un journaliste a éclairé des millions de vies.

    La rédaction d'Aleteia

    6 septembre 2016


    En 1979, Mère Teresa de Calcutta  se rendit à Oslo, en Norvège, pour recevoir le prix Nobel de la paix. Elle le reçut le chapelet à la main. Et personne, pas même dans une terre strictement luthérienne, n’osa censurer son amour de Notre-Dame.

    Sur le chemin du retour, Mère Teresa passa par Rome, où plusieurs journalistes, entassés dans la cour de l’humble maison des Missionnaires de la Charité, furent accueillis par la religieuse comme ses enfants. Mère Teresa déposa dans la main de chacun une petite médaille  de l’Immaculée Conception. L’un d’entre lui posa une question quelque peu provocatrice :
    – Mère Teresa, vous avez soixante-dix ans. Quand vous serez morte, le monde redeviendra bien vite tel qu’il était auparavant. Qu’est-ce qui aura changé après tant d’efforts ?

    Mère Teresa aurait pu réagir avec un peu d’indignation mais, au contraire, elle eut un sourire lumineux, comme si on l’avait embrassée avec affection. Elle répondit :
    – Vous voyez, je n’ai jamais pensé pas que je pouvais changer le monde ! J’ai seulement essayé d’être une goutte d’eau propre, transparente, dans laquelle pourrait resplendir l’amour de Dieu.Vous trouvez que c’est peu ?

    Le journaliste ne sut  pas quoi répondre. Autour de la Mère, le silence se fit, un silence fait d’écoute et d’émotion. Mère Teresa reprit la parole et demanda au journaliste :
    – Essayez  aussi d’être une goutte propre et transparente, et ainsi nous serons deux. Vous êtes marié?
    – Oui, Mère.
    – Alors demandez aussi à votre femme, et ainsi nous serons trois. Vous avez des enfants?
    – Trois enfants, Mère…
    – Demandez aussi à vos enfants et ainsi, nous serons six.

    Les conseils du pape François pour se confesser 

    © POOL-OR/CPP/CIRIC

    © POOL-OR/CPP/CIRIC

    Dans un petit livret intitulé « Prends soin de ton cœur », offert par le pape François aux pèlerins de la place Saint Pierre après l'Angelus du 22 février, se trouvent différents textes à méditer pendant le carême et un examen de conscience pour se préparer à la confession.

    • Une distribution un peu particulière a eu lieu il y a quelques jours place Saint-Pierre, à Rome. Des bénévoles, parmi lesquels de nombreux sans-abri venus en pèlerinage, ont distribué à la foule réunie pour entendre l'Angelus un petit carnet offert par le pape pour le premier dimanche du carême.
    • Notre cœur doit se convertir au Seigneur, a insisté François lors de l'Angélus. C’est pourquoi, en ce premier dimanche, j’ai pensé vous offrir, à vous qui êtes ici sur la place, un petit livret de poche intitulé "Prends soin de ton cœur". »

    Celui-ci rassemble quelques enseignements de Jésus et les contenus essentiels de la foi, comme les sept sacrements, les dons de l'Esprit Saint, les dix commandements, les vertus, les œuvres de miséricorde, etc. On y trouve aussi un examen de conscience dont le pape avait souligné l'importance lors de sa messe quotidienne à la chapelle de la maison Sainte-Marthe le 11 octobre 2014. « Avoir un cœur recueilli, un cœur dans lequel nous savons ce qui se passe et ici et là, nous pouvons exercer une pratique ancienne mais efficace de l’Église : l’examen de conscience. Qui d’entre nous, le soir, avant de finir sa journée, reste tout seul ou toute seule et se pose la question : qu’est-ce qui s’est passé aujourd’hui dans mon cœur ? Qu’est-il arrivé ? Quelles émotions ont traversé mon cœur ? Si nous ne faisons pas cela, nous ne réussissons pas ni à bien veiller ni à bien protéger notre cœur », avait-il alors expliqué.

    Comment faire son examen de conscience

    La confession
    Auteur : abbé J. Olivier

    Difficulté de lecture : ♦ Facile
    Remarque particulière : Comment bien faire son examen de conscience en vue de la confession ?

    Sommaire

     [masquer]

    I. Petits rappels sur le sacrement de Confession (ou de Pénitence ou de Réconciliation)

    Un vrai chrétien a le souci constant de conserver son âme en état de grâce aux yeux de Dieu. Il sait, en effet, d’une part, que nul ne connaît ni le jour ni l’heure de sa mort et que, d’autre part, l’âme, pour être admise au bonheur parfait et éternel du Ciel, doit être entiè­rement purifiée du péché. C’est pourquoi il reçoit volontiers le sacrement de la Réconciliation.
    Par ce sacrement, on obtient la rémission de tous les péchés person­nels (quelle qu’en soit la gravité) commis après le baptême. Ce pouvoir qu’avait le Christ, il l’a transmis à ses Apôtres quand, leur apparaissant après sa Résurrection, il leur a dit : Recevez le Saint-Esprit : les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez ; ils seront retenus à ceux à qui vous les retiendrez (Jean, XX, 23). Ce pouvoir passa des Apôtres à leurs successeurs.

    Tout chrétien doit recevoir ce sacrement au moins une fois chaque année. Il comporte :
    • L’examen des fautes commises.
    • Le regret de les avoir commises (Contrition).
    • La résolution sincère de les éviter à l’avenir.
    • L’accusation des péchés, au moins graves, à un prêtre approuvé, tenant la place de Dieu.
    • L’absolution donnée par le prêtre au nom de Jésus-Christ.
    • L’accomplissement de la pénitence qu’il a imposée (Satisfaction).

    Le sacrement de pénitence produit notre propre mort au péché et notre résurrection à la vie en Dieu. Il prolonge ainsi notre baptême et nous prépare à l’eucharistie. Il doit laisser dans nos âmes une immense joie, car c’est un sacrement de vie.

    II. Quelques conseils pour bien réaliser son examen de conscience

    Par une courte prière, demander à Dieu et à Notre-Dame la grâce de bien connaître les péchés dont on est coupable.
    S’examiner sur les Commandements de Dieu et de l’Église ; les péchés capitaux ; les devoirs de son état.
    Pour aider le plus d’âmes possible, dont les besoins sont très divers, l’examen proposé ci-après est plutôt détaillé. Mais il est rappelé qu’en confession seule l’accusation des péchés mortels est obligatoire. Un péché est mortel quand, sachant pleinement que la matière en était grave, on l’a néanmoins commis avec un entier consentement. C’est alors une rupture d’amour avec Dieu. Et comme l’âme cesse ainsi d’être unie à Dieu - de qui elle tenait sa vie -, elle meurt surna­turellement : le péché a été "mortel" pour elle.
    L’examen terminé, demander instamment à Dieu, par l’intercession de la Vierge Marie, la grâce d’une vraie contrition des péchés com­mis et la ferme résolution de les éviter à l’avenir, conditions indispen­sables pour obtenir le pardon de ses péchés.
    Pour exciter en soi le regret de ses fautes, réfléchir durant quelques instants :
    • au redoutable châtiment du purgatoire ou de l’enfer que l’on a mérité ;
    • aux souffrances et à la mort que Jésus-Christ endura pour l’expiation de nos péchés ;
    • à la bonté d’un Dieu d’amour et de miséricorde, offensé par le péché qui a produit une rupture profonde, surtout s’il a été mortel.
    Puis, réciter lentement l’acte de contrition.

    III. Quelques conseils pour recevoir le sacrement lui-même

    Avant de rentrer au confessionnal, ou immédiatement en entrant, suivant la coutume, réciter le « Je confesse à Dieu… » LeConfiteor nous remet devant cette réalité du péché et nous fait accomplir le mouvement de « conver­sion » nécessaire, vers Dieu et vers les autres :
    Parce que nous nous sommes opposés à l’Amour tout-puissant, en cherchant à réaliser notre bonheur contre Lui ou sans Lui, nous disons : « Je confesse à Dieu tout-puissant » ;
    Parce que nous avons porté atteinte à l’œuvre de l’Incarnation et de la Rédemption, en nous séparant de tous ceux qui ont coopéré à cette œuvre, notamment de la Mère du Christ, nous disons : « Je confesse … à la Bienheureuse Marie toujours Vierge » ;
    Parce que nous nous sommes opposés à l’œuvre de lutte et de fidélité des anges, l’attente des martyrs, des prophètes de l’Ancien Testament, morts pour que le Règne du Messie se réalise, à l’œuvre des apôtres et des saints qui ont travaillé pour le Christ, nous disons : « Je confesse… à saint Michel (vainqueur du démon), à saint Jean Baptiste (dernier des pro­phètes), aux apôtres (représentés par saint Pierre et saint Paul), et à tous les saints » ;
    Enfin, parce que notre péché s’est opposé à toute l’Église et nous sépare des autres membres du Corps Mystique que le prêtre représente, en même temps qu’il tient la place de Jésus Christ, nous disons : « Je confesse… à vous, mon Père… ».

    Avant de commencer l’énumération des péchés, préciser : le temps écoulé depuis la dernière confession ; un oubli ou une dissimulation de péché grave dans celle-ci ; une ou plusieurs mauvaises communions (en état de péché grave) ; une omission de la pénitence donnée (volontaire ou non).

    Accuser sincèrement tous les péchés mortels que l’on a commis, avec leur nombre et les circonstances qui les ont modifiés (aggravés, allégés), comme par exemple, les péchés commis avec d’autres personnes qu’on a ainsi scandalisées, ou qu’on a entraîné au péché.
    L’accusation des péchés véniels n’est pas indispensable car on peut en obtenir le pardon par d’autres moyens que la confession, par exemple la prière, l’aumône, la pénitence… Pourtant, cette accusation est fort conseillée car, par le sacrement de la Confession, on obtient des grâces spéciales pour éviter ces péchés véniels à l’avenir.
    Dans le cadre de confessions régulières, on peut dire où l’on en est par rapport à son défaut dominant, ou par rapport à ses résolutions.
    Si l’on est troublé ou que l’on a peur, ou tout simplement si on hésite, on peut demander au prêtre de nous interroger, ou de nous renseigner sur la gravité d’un péché.
    Terminer par : « Je m’accuse de tous ces péchés, de tous ceux que j’aurais pu avoir oublié et de tous ceux de ma vie passée ; j’en demande très humblement pardon à Dieu, et à vous mon Père, pénitence et absolution si vous m’en jugez digne ».

    Ecouter avec attention le mot d'exhortation du prêtre. Avant l'absolution, bien regretter ses péchés, et réciter à cet effet l'acte de contrition : « Mon Dieu, j'ai un très grand regret de Vous avoir offensé, parce que Vous êtes infiniment bon, infiniment aimable et que le péché Vous déplaît. Je prends la ferme résolution avec le secours de Votre sainte grâce de ne plus Vous offenser et de faire pénitence. »

    Après la confession, accomplir la pénitence imposée par le confesseur au plus tôt, afin de ne pas l’oublier ; remercier Dieu du pardon obtenu ; renouveler sa résolution d’éviter tout péché à l’avenir, surtout le péché grave.

    Examen de conscience détaillé

    Avant de commencer cet examen, adresser à Dieu cette prière :

    Mon Dieu, je vous supplie, par l’intercession de la Vierge Marie, de m’accorder la grâce de bien connaître tous les péchés dont je suis coupable. Faites qu’ensuite je m’en accuse avec un sincère regret de les avoir commis et une ferme volonté de les éviter à l’avenir et qu’ainsi j’en obtienne le pardon de votre miséricorde infinie. Ainsi soit-il.

    Examen sur les commandements de Dieu

    1er Commandement : « Tu adoreras Dieu seul et l’aimeras plus que tout… »

    Omission de la prière (en particulier le matin et le soir), de la fré­quentation des sacrements de la Pénitence et de l’Eucharistie… Communions ou confessions sacrilèges… Manque de respect des sacrements… Manque au jeûne avant la communion (une heure au moins)… Violation du secret de confession… Doutes volontaires contre la foi… Mise en péril de la foi par la lecture de journaux impies, par des fréquentations dangereuses… Respect humain… Manque de confiance en Dieu ou confiance présomptueuse en ses propres forces… Indifférence à l’égard de Dieu… Manque de soumission à la volonté de Dieu… Pratiques superstitieuses, spiritisme… Critiques de la religion… Adhésion à des mouvements incompatibles avec la foi catholique… Négligence dans sa formation chrétienne…

    2ème Commandement : « Tu ne prononceras le nom de Dieu qu’avec respect… »

    Emploi inutile du nom de Dieu… Blasphèmes, imprécations, jurons… Serments faux ou inutiles… Irrespect à l’égard des personnes et des choses consacrées à Dieu… Souhaits néfastes à l’égard de soi-même ou d’autrui… Non-accomplissement des vœux émis…

    3ème Commandement : « Tu sanctifieras le jour du Seigneur… »

    Omission volontaire ou sans motif de l’assistance à la Messe domini­cale ou des fêtes d’obligation… Retard volontaire ou dissipation durant ces Messes… Travail fait ou ordonné sans nécessité ou permission… Recherches de distractions contraires à la sanctification du dimanche…

    4ème Commandement : « Tu honoreras ton père et ta mère… »

    Manque d’amour, d’affection, de respect, d’obéissance, d’assistance à l’égard des parents durant leur vie et de prière à leur intention après leur mort… Peine causée… Souhaits de mal… Disputes d’intérêt en famille… Manque de déférence et de soumission à l’égard des supérieurs…
    Pour les parents à l’égard de leurs enfants : négligence dans leur édu­cation chrétienne ou leur pratique religieuse, mauvais exemples donnés, manque de surveillance, de soins, de disponibilité,  de conseils ou de corrections nécessaire… Dureté, injustice, sévérité excessive…

    5ème Commandement : « Tu ne tueras point… »

    Meurtre, tentative de suicide, euthanasie… Avortements, stérilisations… Souhait de mort ou de malheur à l’égard d’autrui… Vengeance, coups, blessures, torts causés à la santé, drogues, alcool, mutilations… Insultes, injures, mépris, faux rapports, haine, violences, refus de pardonner, vengeances… Indifférence à la peine d’autrui… Scan­dales par mauvais exemples, par conseils ou approbation silen­cieuse…

    6ème et 9ème Commandements : « Tu ne feras pas d’impureté… » et « Tu n’auras pas de désir impur volontaire… »

    Pensées ou désirs impurs provoqués en soi ou chez les autres… Conversations, chansons, lectures, spectacles immoraux (TV, Internet…) Flirts… Familiarités coupables… Danses lascives… Touchers indécents… Actions contraires à la chasteté, seul ou avec d’autres : masturbation, relations  charnelles en dehors du mariage, homosexualité… Tenues ou attitudes provocantes…
    Pour les fiancés : Légèretés, tendresses excessivement sensuelles…  Relations prématrimoniales… Cohabitation…
    Pour les époux : Atteintes coupables à la fécondité du mariage, contraception permanente ou temporaire… Limitation de l’usage du mariage aux jours inféconds sans cause sérieuse… Adultère (pensées, désirs, actions)… Liaisons… Divorce… Remariage civil… Refus injuste du droit du conjoint…

    7ème et 10ème Commandements : « Tu ne voleras pas… » et « Tu ne désireras pas injustement le bien d’autrui… »

    Vol (quoi ? combien ? circonstances ?), recel, objets trouvés ou empruntés et non rendus… Dommages injustes causés au prochain dans ses biens… Fraudes, manœuvres déloyales dans le travail, les affaires, le commerce, les contrats… Pots-de-vin… Coopération à des injustices… Recel d’objets volés… Négligence dans le paiement des dettes… Salaires insuffisants… Exploitation des faibles… Dommages aux biens collectifs… Désirs de vol ou d’injustices… Non-réparation de dommages causés… Non-restitution… Gaspillage… Travail bâclé…

    8ème Commandement : « Tu ne mentiras pas… »

    Mensonges avec ou sans préjudice pour autrui… Médisances ou calom­nies, faites ou approuvées… Faux témoignages en justice… Accusations injustes… Jugements téméraires… Rapports injustes nuisibles… Violation du secret, confié ou professionnel, des correspondances… Dissimulation, hypocrisie… Tricheries… Promesses non tenues… Refus de rectifier la vérité…

    Examen sur les commandements de l’Église

    Tu sanctifieras les fêtes d’obligation (Noël, Ascension, Assomption, Toussaint).
    Tu assisteras à la messe les dimanches et fêtes d’obligation.
    Tu te confesseras au moins une fois l’an.
    Tu communieras chaque année au Temps pascal.
    Tu jeûneras les jours fixés par l’Église (Mercredi des Cendres et Vendredi Saint).
    Tu ne mangeras pas de viande les jours fixés par l’Église (c’est-à-dire, les jours de jeûne et les vendredis de Carême). Pour les autres vendredis de l’année, cette abstinence peut être remplacée par une autre forme de pénitence (qu’il faut alors accomplir sous peine de péché).

    Examen sur les péchés capitaux

    ORGUEIL : Amour-propre désordonné… Complaisance en soi-même… Egoïsme… Ambition démesurée… Vanité mondaine… Présomption… Attitudes hautaines, susceptibilité…
    AVARICE : Vices contraires aux 7ème et 10ème commandements. Refus de partager, d’aider ceux qui sont dans le besoin (aumône) …
    LUXURE : Vices contraires aux 6ème et 9ème commandements.
    ENVIE : Jalousie du bonheur, des biens, des succès des autres ; joie de leurs malheurs, de leurs misères, de leurs revers…
    GOURMANDISE : Excès dans le manger, le boire… Ivrognerie… Sensualité… Ivresse des stupéfiants…
    COLÈRE : Manque de maîtrise de soi, emportements, rancunes, res­sentiment, murmures, bouderie, brusquerie, grossièreté, cruauté…
    PARESSE : Dans le lever, le travail, les prières… Oisiveté… Fuite systématique des efforts…

    Examen sur les devoirs d’état

    N.B. L’examen suivant est très détaillé, et reprend en partie ce qui a déjà été vu auparavant.

    Alors qu’il est très important, c’est un domaine qu’on oublie souvent dans l’examen de la conscience. Selon son état de vie et ses responsabilités :

    1. Devoirs personnels de chrétiens :

    Quelle importance ai-je attaché à ma vie chrétienne, au milieu de toutes mes occupations ? A-t-elle la première place ? Y a-t-il dans ma vie une cohérence entre ma foi et mes œuvres ?
    Est-ce que je crois à la présence et à l’action du Seigneur dans le monde et dans ma vie de chaque jour ? Ai-je cherché à mieux connaître sa pensée et sa volonté en face des événements, en face des autres, et de mes problèmes personnels ? Suis-je fidèle à la vocation que Dieu m’a envoyée ?
    Ai-je cherché à grandir dans la foi, à approfondir ma connaissance du Sei­gneur par la lecture de l’Évangile et du Catéchisme, ou par tout autre moyen mis à ma disposition : retraites, cours, prédications… ?
    Ai-je eu peur de témoigner de ma foi par lâcheté, respect humain ? N’ai-je pas cédé aux doutes, à l’inquiétude, à l’angoisse, au désespoir ?
    Ai-je compté sur le Seigneur dans les difficultés et dans les tentations ?
    Est-ce que je vis dans l’attente de la vie éternelle ?
    Ai-je prié ? Régulièrement ? Avec mon cœur ? Avec toute ma vie ?
    Ai-je pris part à la Sainte Messe quand l’Église me le demande ? Y ai-je participé de mon mieux ?
    Ai-je vécu le dimanche comme un jour de prière et de joie ? N’ai-je pas accom­pli des travaux qui ne sont pas conformes à cet esprit ?
    Ai-je fait quelque chose pour aider la mission d’évangélisation de l’Église ? Pour ramener mes connaissances à la vraie foi ?
    N’ai-je pas refusé par souci de ma tranquillité ou par égoïsme de m’engager dans un mouvement d’Église ?
    Ai-je collaboré loyalement avec les prêtres de l’Église ? Les ai-je aidé autant que je pouvais ?

    2. Devoirs envers le prochain :

    Est-ce que j’aime le prochain d’un amour vrai et efficace ?
    La misère, les souffrances des autres sont-elles pour moi une préoccupation ? Ai-je fait mon possible pour les sou­lager ?
    Ai-je cherché à comprendre les autres ? Ai-je cherché à les aider en mettant à leur disposition mon amitié, mon temps, mes biens ?
    N’ai-je jamais blessé les autres par mes paroles, mes gestes ?
    Ai-je risqué de porter atteinte à la vie des autres ou à la mienne, par des im­prudences dans le travail, le sport ou sur la route ?
    En quoi ai-je pu trahir l’amour des autres : indifférence, oubli des autres, mise à l’écart de certains, mauvais caractère, volonté d’avoir raison à tout prix, jalousie, envie, désir de vengeance, mépris, jugement téméraire, haine, rail­lerie, médisance, calomnie, secrets ré­vélés, achats ou ventes à des prix injustes, dettes impayées, choses non rendues, gaspillage ou détérioration des biens collectifs, mauvais exemple, scan­dale d’autant plus grand qu’il vient d’un témoin du Christ, refus de pardonner.

    3. Devoirs familiaux :

    Enfants :
    Ai-je vraiment aimé mes parents, en évitant d’augmenter leurs difficultés, en leur apportant mon concours, en leur manifestant mon affection ?
    Ai-je respecté mes parents ? En leur parlant avec déférence, en ne les jugeant pas sans les comprendre ?
    Ai-je respecté l’autorité de mes parents en écoutant leurs conseils, leurs ordres et en les exécutant de mon mieux ?
    N’ai-je pas gêné l’atmosphère familiale par de la mauvaise humeur, de la bouderie, de la révolte ?
    Est-ce que j’aide de mon mieux mes parents âgés quand ils sont dans la gêne, ou malades ou isolés ?
    Est-ce que je cherche à bien m’entendre avec tous les membres de ma famille ?

    Personnes mariées :
    Suis-je fidèle à l’amour promis le jour du mariage ? Ai-je cherché à développer cet amour, à me donner sans réserve et à me sacrifier ?
    Ai-je souci des désirs, des goûts, des difficultés de mon époux ou de mon épouse ?
    N’ai-je pas négligé mon foyer ? Ai-je le souci de penser à deux les pro­blèmes de ma famille ?
    N’ai-je pas gâché notre amour en ne maîtrisant pas suffisamment les défauts de mon caractère ?
    N’ai-je pas recherché les joies du mariage par simple égoïsme ?
    La communion des cœurs et des esprits l’emporte-t-elle et anime-t-elle celle des corps ?
    N’ai-je pas par égoïsme refusé d’avoir des enfants ? Ai-je dans ce but utilisé des moyens défendus ?
    Est-ce que j’apporte toute l’attention voulue à l’éducation de mes enfants ?
    Est-ce que je cherche à les connaître, à les comprendre, à découvrir leurs goûts, leur vocation, à suivre leur évolution quand ils grandissent ?
    Ai-je pensé à leur donner le moyen d’exercer leur liberté quand ils grandissent ?
    Mon attitude envers eux ne manque-t-elle pas de fermeté ou au contraire d’affection et de confiance ?
    Est-ce que je leur donne le bon exemple ?
    Ai-je cherché à les éduquer religieusement ? Leur ai-je donné le sens de la prière ?
    Ai-je cherché à garder au foyer le sens du jour du Seigneur ? Ai-je aidé mes enfants à préparer leur messe ?
    Ai-je considéré comme un honneur et un devoir de donner à Dieu des prêtres, des religieuses ?
    Notre foyer est-il accueillant pour les autres ?

    4. Devoirs professionnels :

    Enfants :
    Ai-je manqué l’école par ma faute ?
    Ai-je mal étudié mes leçons, mal fait mes devoirs ?
    Ai-je triché en classe (copié, soufflé) ?

    Adultes :
    Ai-je négligé mon travail ?
    Ai-je conscience des responsabilités qu’engage ma situation, mon rôle ?
    Quelle est mon attitude à l’égard de ceux qui me dirigent ? N’ai-je pas cherché, par méchanceté ou jalousie, à miner leur autorité ?
    Quelle est mon attitude vis à vis de ceux qui travaillent avec moi ? N’ai-je pas tendance à me décharger sur les autres de ma tâche ? Est-ce que je sais les aider, les soutenir, entretenir avec eux des relations de bonne camaraderie ?
    Ai-je pris ma place dans les organisa­tions professionnelles ?
    Quelle est mon attitude vis à vis de ceux que je commande ou que j’emploie ? Est-ce que je les rétribue conformément à la justice ? Les ai-je traité humainement, en res­pectant leur dignité d’hommes ? Ne leur ai-je pas confié des tâches au-dessus de leurs forces ? Leur ai-je accordé le repos auquel ils ont droit et dont ils ont besoin ?

    5. Devoirs civiques :

    Ai-je rempli mes devoirs de chrétien dans la société ?
    Ai-je cherché à m’informer le mieux possible pour comprendre les pro­blèmes sociaux et économiques ? A découvrir les solutions justes et efficaces ?
    Ai-je le souci de tenir ma place dans la vie de la cité ou de la nation pour lui donner une meilleure orienta­tion ? Ai-je su accepter les charges mu­nicipales ou autres en les envisageant comme un service ?
    Ai-je choisi mes représentants en fonc­tion de leur aptitude à promouvoir le bien commun et la loi divine plutôt qu’en fonction de leur aptitude à défendre mes intérêts ?
    Ai-je fait mon possible pour faire changer les lois injustes (Avortements, divorce, euthanasie, pacs, etc.) ?

    Examen de conscience pour Adultes


    Je crois en un Sauveur aimant qui pardonne mes péchés et qui me donne la grâce de devenir un Saint. Par le ministère de ses Prêtres, Jésus–Christ accomplit l’un et l’autre dans le Sacrement de Pénitence.
    "Comme le Père M’a envoyé, Moi aussi Je vous envoie … Recevez le Saint Esprit. Les péchés seront pardonnés à qui vous les pardonnerez ils seront retenus à qui vous les retiendrez." (Jean XX : 21-23)
    "Vos péchés seraient-ils rouges comme l’écarlate, ils deviendront blancs comme la neige." (Isaie I : 18)
    "Je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs." ( Matt. IX : 13)
    "Les hommes ont reçu de Dieu un pouvoir accordé ni aux Anges,ni aux Archanges. Jamais il n’a dit aux Esprits Célestes « Tout ce que vous lierez et délierez sur la terre sera lié et délié dans le ciel ». Les Princes de ce monde peuvent seulement lier et délier le corps. Le pouvoir du prêtre va plus loin, il atteint l’âme et elle est exorcisée non seulement par le baptême, mais encore plus par le pardon des péchés. Ne rougissons donc pas de confesser nos fautes. Celui qui rougit de découvrir ses péchés à un homme et qui ne se confesse pas, sera couvert de honte au Jour du Jugement en présence de tout l’univers," (St Jean Chrysostome, Traité sur les prêtres, Livre 3)
    Prière avant la confession: O Seigneur, accordez-moi la lumière pour que je me voie comme Vous me voyez, et le grâce de regretter vraiment et effectivement mes péchés. O Marie, aidez-moi à faire une bonne confession.
    Comment se confesser: D’abord, examinez bien votre conscience, puis dites au prêtre le genre précis de péchés que vous avez commis et dans la mesure du possible, combien de fois vous les avez commis depuis votre dernière bonne confession. Il n’est obligatoire de confesser que les péchés mortels puisqu’on peut obtenir le pardon des péchés véniels par les sacrifices et les actes de charité. Si vous n’avez pas la certitude qu’un péché soit mortel ou véniel, mentionnez votre doute au confesseur. Souvenez-vous aussi que la confession de péchés véniels aide à éviter le péché et à progresser vers le Ciel.
    Conditions nécessaires pour qu’un péché soit mortel:
    1. Matière grave
    2. Pleine connaissance
    3. Entier consentement de la volonté.
    Considérations préliminaires:
    1. Ai-je parfois omis de confesser un péché grave dans le passé ; ou ai-je volontairement déguisé ou caché un tel péché ?
      Nota bene : Cacher des péchés rend invalide la confession .
    2.  La confession est secrète, c’est à dire que c’est une faute mortelle pour le prêtre de révéler à qui que ce soit l’objet d’une confession.
    3. Ai-je été coupable d’irrévérence envers ce sacrement en omettant d’examiner ma conscience avec soin?
    4. Ai-je négligé de faire la pénitence donnée par le prêtre?
    5. Ai-je des habitudes de péchés graves à confesser d’abord (par exemple: impureté, ivrognerie, etc.)
    Premier Commandement:
    Je suis le Seigneur Ton Dieu. Tu n’auras pas des dieux étrangers devant Moi. (y compris les péchés contre la Foi, l’Espérance et la Charité)
    L'amour de l'argent est la racine de tous les maux, c'est une idolâtrie...
    1. Ai-je négligé de connaître ma foi selon l’enseignement du catéchisme, par exemple le Symbole des Apôtres, les Dix Commandements, les Sept Sacrements, le Notre Père, etc.?
    2. Ai-je volontairement mis en doute ou renié l’un des enseignements de l’Eglise?
    3. Ai-je pris part à quelque culte non- catholique?
    4. Suis-je membre de quelque organisation religieuse non-catholique, société secrète ou groupe anti-catholique?
    5. Ai-je, en toute connaissance, lu quelque littérature hérétique, blasphématoire ou anti catholique?
    6. Ai-je pratiqué des superstitions (telles que les horoscopes, prédiction d’avenir, spiritisme, etc.)
    7. Ai-je omis des obligations ou pratiques religieuses pour des motifs de respect humain?
    8. Me suis-je recommandé chaque jour à Dieu?
    9. Ai-je été fidèle à mes prières quotidiennes?
    10. Ai-je fait mauvais usage des Sacrements? Les ai-je reçus sans respect (par exemple la Communion dans la main) ou de manière invalide?
    11. Me suis-je moqué de Dieu, de Notre-Dame, des Saints, de l’Eglise, des Sacrements ou d’autres sujets sacrés?
    12. Ai-je été coupable de grande irrévérence dans l’Eglise (par exemple: conversation, comportement ou vêtement)?
    13. Ai-je été indifférent vis-à-vis de ma foi catholique – en croyant qu’on peut se sauver dans n’importe quelle religion, que toutes les religions se valent?
    14. Ai-je présumé de la miséricorde de Dieu en toute circonstance?
    15. Ai-je désespéré de la miséricorde de Dieu?
    16. Ai-je trahi Dieu?
    17. Ai-je donné trop d’importance à quelque créature, activité, objet ou opinion?
    Deuxième Commandement:
    Tu ne prendras pas en vain le Nom du Seigneur Ton Dieu.
    1. Ai-je blasphémé le Nom de Dieu à tort, inconsidérément ou en matière légère et triviale?
    2. Ai-je murmuré ou gémi contre Dieu (blasphème)?
    3. Ai-je prononcé des malédictions contre moi-même ou les autres, ou toute créature?
    4. Me suis-je emporté contre les autres jusqu’à provoquer des jurons ou des blasphèmes contre Dieu?
    5. Ai-je manqué à un vœu fait à Dieu?
    Troisième Commandement:
    Souvenez –vous de sanctifier le Sabbat.
    1. Ai-je manqué la Messe le dimanche ou une fête d’obligation?
    2. Ai-je été en retard à la Messe ou l’ai-je écourtée par ma faute?
    3. Ai-je fait manquer la Messe à d’autres ou leur ai-je fait écourter la Messe?
    4. Ai-je été volontairement distrait pendant la Messe ?
    5. Ai-je fait ou commander un travail servile non nécessaire le dimanche ou les jours de fête d’obligation?
    6. Ai-je acheté ou vendu sans nécessité ce jour là?
    Quatrième Commandement:
    Honore ton père et ta mère.
    1. Ai-je désobéi ou manqué de respect envers mes parents ou ai-je négligé ou refusé de les aider dans leurs besoins ?
    2. Ai-je manqué de respect pour des personnes chargées de me commander?
    3. Ai-je calomnié ou insulté des prêtres ou d’autres personnes consacrées à Dieu?
    4. Ai-je manqué de respect vis à vis des personnes âgées?
    5. Ai-je maltraité mon conjoint ou mes enfants?
    6. Ai-je désobéi ou manqué de respect à mon mari?
    7. En ce qui concerne mes enfants:
      Ai-je négligé leurs besoins matériels?
      Me suis-je soucié de les faire baptiser de bonne heure?1
      Ai-je pris soin de leur éducation religieuse personnelle?
      Leur ai-je permis de négliger leurs devoirs religieux?
      Leur ai-je permis le flirt ou des fréquentations régulières sans perspective du mariage dans un proche avenir?
      Ai-je veillé à leurs compagnies?
      Ai-je omis de les discipliner quand c’était nécessaire?
      Leur ai-je donné un mauvais exemple?
      Les ai-je scandalisés par des disputes avec mon conjoint en présence de mes enfants? En jurant ou blasphémant en leur présence?
      Ai-je gardé la modestie à la maison?
      Leur ai-je permis de porter des vêtements immodestes (mini jupes, pantalons serrés, robes ou pulls trop ajustés, corsages transparents, shorts courts, tenues de bain provocantes, etc.)? 2
      Leur ai-je refusé la liberté de se marier ou de suivre une vocation religieuse?

    1 Les nouveaux nés devraient être baptisés dès que possible. Sauf prescription diocésaines particulières, il semble généralement admis qu’un nouveau-né devrait être baptisé dans l’intervalle de une semaine ou dix jours environ après sa naissance. Beaucoup de catholiques repoussent le baptême à une quinzaine ou un peu plus. L’idée d’administrer le baptême dans les trois jours après la naissance est considérée comme trop stricte. Saint Alphonse, suivant l’opinion commune, pensait qu’un délai non motivé au-delà de dix ou onze jours serait un péché grave. Par rapport à la coutume moderne, connue et non corrigée par les Ordinaires locaux, un délai non motivé au delà d’un mois serait un péché grave. S’il n’y a pas de danger probable pour l’enfant, les parents ne peuvent être convaincus de péché grave en différant le baptême un peu au-delà de trois semaines au plus, mais l’usage de faire baptiser un nouveau-né dans l’intervalle d’environ une semaine ou dix jours après la naissance est fort recommandable et en vérité, une date plus précoce peut être recommandée à juste titre. — H. Davis S.J., Moral and Pastoral Theology, Vol. III, Pg.65, Sheed and Ward, New York, 1935
    2 Demander le feuillet LF05 Règles Mariales pour la Modestie dans le vêtement.
    Cinquième Commandement:
    Tu ne tueras pas.
    1. Ai-je provoqué, désiré ou hâté la mort ou la blessure physique de quelqu’un?
    2. Ai-je entretenu de la haine contre quelqu’un?
    3. Ai-je opprimé quelqu’un?
    4. Ai-je désiré la vengeance?
    5. Ai-je été cause d’inimitié entre d’autres personnes?
    6. Ai-je querellé ou combattu quelqu’un?
    7. Ai-je souhaité du mal à quelqu’un?
    8. Ai-je eu l’intention ou tenté de blesser ou de maltraiter d’autres personnes?
    9. Y a-t-il quelqu’un avec qui je refuse de parler ou contre qui je garde rancune?
    10. Ai-je pris plaisir aux malheurs de quelqu’un?
    11. Ai-je été jaloux ou envieux?
    12. Ai-je pratiqué ou essayé de pratiquer un avortement ou conseillé à quelqu’un de le faire
    13. Ai-je, d’une manière ou d’une autre, mutilé mon corps sans nécessité?
    14. Ai-je eu des pensées de suicide ou des tentatives?
    15. Me suis-je enivré ? Ai-je pris des drogues interdites?
    16. Ai-je trop mangé ou est-ce que je néglige de me nourrir convenablement? (c’est à dire avec des aliments sains)
    17. Ai-je manqué à la correction fraternelle?
    18. Ai-je nuit à l’âme de quelqu’un, surtout aux enfants en scandalisant par le mauvais exemple?
    19. Ai-je nuit à moi-même en exposant mon âme aux tentations volontairement et sans nécessité. (par exemple: mauvaises émissions, mauvaises chansons, plages, etc.)?
    Sixième et Neuvième Commandement:
    Tu ne commettras pas d’adultère. Tu ne désireras pas la femme de ton prochain.
    1. Ai-je refusé à mon conjoint, à ma conjointe, les droits du mariage?
    2. Ai-je pratiqué le contrôle des naissances (pilules, appareils, retrait)?
    3. Ai-je abusé des droits du mariage de quelque autre manière?
    4. Ai-je commis l’adultère ou la fornication ( pratiques sexuelles prémaritales)?
    5. Ai-je commis un péché contre nature dans le domaine de la pureté (homosexualité ou lesbianisme en pensée, en parole ou en action )?
    6. Ai-je touché ou embrassé quelqu’un de manière impure?
    7. Me suis-je engagé dans des baisers prolongés et passionnés en dehors du mariage ?
    8. Me suis-je engagé dans des affections désordonnées?
    9. Ai-je pratiqué l’impureté solitairement ( masturbation )?
    10. Ai-je entretenu des pensées impures et m’y suis-je complu?
    11. Me suis-je laissé aller à des désirs sensuels pour quelqu’un ou ai-je volontairement désiré voir ou faire quelque chose d’impur?
    12. Me suis-je laissé aller volontairement à quelque plaisir sexuel complet ou incomplet en dehors du mariage?
    13. Ai-je été occasion de péché pour d’autres en portant des vêtements immodestes, trop serrés ou provocants de toute autre manière?
    14. Ai-je agi pour provoquer ou occasionner chez les autres des pensées ou des désirs impurs délibérément ou par légèreté?
    15. Ai-je fait des lectures indécentes ou regardé de mauvais film?
    16. Ai-je regardé des films et des émissions érotiques ou la pornographie par internet ou permis à des enfants de le faire?
    17. Ai-je prononcé des paroles ou raconté des histoires indécentes?
    18. Ai-je écouté volontairement de telles histoires?
    19. Me suis-je vanté de mes péchés ou complu dans les péchés du passé?
    20. Me suis-je trouvé en compagnie impudique?
    21. Ai-je consenti à des regards impudiques?
    22. Ai-je négligé de contrôler mon imagination?
    23. Ai-je prié tout de suite pour bannir de si mauvaises pensées et tentations?
    24. Ai-je évité la paresse, la gourmandise, l’oisiveté et les occasions d’impureté?
    25. Ai-je pris part à des danses immodestes et à des spectacles indécents?
    26. Suis-je resté sans nécessité seul en compagnie de quelqu’un du sexe opposé en dehors du mariage?
    Nota beneNe pas craindre de dire au prêtre tout péché d’impureté que vous avez pu commettre. Ne pas cacher ou essayer de déguiser de tels péchés. Le prêtre est là pour vous aider et vous pardonner. Rien de ce que vous dites ne le choquera, donc ne craignez pas, quelque puisse être votre honte.
    Septième et Dixième Commandement:
    Tu ne voleras pas. Tu ne convoitera pas les biens du prochains.
    1. Ai-je volé quelque chose? Quoi ou combien?
    2. Ai-je endommagé le bien des autres?
    3. Ai-je par négligence abîmé le bien des autres?
    4. Ai-je été négligent dans la gestion de l’argent et des biens d’autrui?
    5. Ai-je triché ou fraudé?
    6. Ai-je participé excessivement à des jeux d’argent?
    7. Ai-je refusé ou négligé de payer mes dettes?
    8. Ai-je acquis un bien notoirement volé?
    9. Ai-je omis de rendre des objets prêtés?
    10. Ai-je trompé mon employeur sur ma journée de travail?
    11. Ai-je triché sur les salaires de mes employés?
    12. Ai-je refusé ou négligé d’aider quelqu’un en urgente nécessité?
    13. Ai-je omis de restituer en cas de vol, de tricherie ou de fraude?
    14. Ai-je envié à un autre ce qu’il avait?
    15. Ai-je été jaloux du bien d’autrui?
    16. Ai-je été avare?
    17. Ai-je été cupide et avare, accordant trop d’importance aux biens matériels et au confort? Mon cœur est-il porté vers les possessions terrestres ou les vrais trésors du Ciel ?
    Huitième Commandement:
    Tu ne porteras pas de faux témoignage envers ton prochain.
    1. Ai-je menti à propos de quelqu’un?
    2. Mes mensonges ont-ils causé un tort matériel ou spirituel?
    3. Ai-je porté des jugements téméraires (c’est à dire cru fermement, sans preuve évidente à la culpabilité de quelqu’un dans un crime ou une faute morale?
    4. Ai-je nui à la bonne réputation de quelqu’un en révélant des fautes vraies mais cachées (délation )?
    5. Ai-je révélé les péchés d’autrui?
    6. Ai-je été coupable de cafardage (c’est à dire d’avoir rapporté quelque chose de défavorable dit par quelqu’un à propos d’un autre de manière à créer l’inimitié entre eux)?
    7. Ai-je encouragé ou prêté l’oreille à la diffusion du scandale concernant mon prochain?
    8. Ai-je prêté de faux serments ou signé de faux documents?
    9. Suis-je critique, négatif ou peu charitable dans ma conversation?
    10. Ai-je flatté les autres?
    Les Sept Péchés Capitaux et les Vertus opposées.
    1. Orgueil..............................................Humilité
    2. Avarice............................................Libéralité
    3. Luxure.............................................Chasteté
    4. Colère...............................................Douceur
    5. Gourmandise....................................Tempérance
    6. Jalousie...........................................Amour fraternel
    7. Paresse............................................Effort
    Cinq effets de l’Orgueil
    1. La vaine gloiren a. Vantardise b. Dissimulation/Duplicité
    2. Ambition
    3. Mépris des autres
    4. Colère / Vengeance / Ressentiment
    5. Entêtement / Obstination
    Neuf manières d’être instrument de péché pour d’autres.
    A. Ai-je sciemment été cause de péché ?
    B. Ai-je coopéré au péché des autres ?
    1. Le conseil
    2. Le commandement
    3. Le consentement
    4. La provocation
    5. La louange ou la flatterie
    6. La dissimulation
    7. La participation
    8. Le silence
    9. La défense du mal accompli.
    Les Quatre Péchés qui crient vengeance au Ciel.
    1. Le meurtre volontaire
    2. La Sodomie ou le Lesbianisme
    3. L’oppression des pauvres
    4. La fraude sur le juste salaire du travailleur.
    Les Six Commandements de l’Eglise.
    1. Ai-je entendu la Messe le dimanche et les fêtes d’obligation?
    2. Ai-je pratiqué le jeûne et l’abstinence les jours désignés et ai-je observé le jeûne eucharistique?
    3. Me suis-je confessé au moins une fois l’an?
    4. Ai-je reçu la Sainte Eucharistie au temps de Pâques?
    5. Ai-je contribué au soutien de l’Eglise dans la mesure où je le dois?
    6. Ai-je observé les lois de l’Eglise concernant le mariage (c’est à dire le mariage sans présence d’un prêtre ou mariage avec un parent ou non-catholique)?
    Les Cinq Blasphèmes contre le Cœur Immaculé de Marie.
    1. Ai-je blasphémé contre l’Immaculée Conception?
    2. Ai-je blasphémé contre la Virginité Perpétuelle de Marie?
    3. Ai-je blasphémé contre la Divine Maternité de Notre Dame ? Ai-je manqué à reconnaître Notre Dame comme Mère de tous les hommes?
    4. Ai-je cherché officiellement à semer dans les cœurs des enfants l’indifférence ou le mépris, ou même la haine de ce Cœur Immaculé?
    5. L’ai-je outragée directement dans Ses Saintes Images?
    Finalement:
    Ai-je reçu la Sainte Communion en état de péché mortel? (Sacrilège)
    Examen des péchés véniels d’après St Antoine-Marie Claret.
      L’âme devrait éviter tous les péchés véniels, spécialement ceux qui ouvrent la voie du péché mortel. Ce n’est pas assez , mon âme, de prendre la ferme résolution de souffrir la mort plutôt que de commettre un péché mortel. Il est nécessaire de former une résolution semblable par rapport au péché véniel. Celui qui ne trouve pas en lui-même cette volonté ne peut trouver la sécurité. Rien ne peut nous donner une certaine sécurité du salut éternel comme une vigilance incessante pour éviter même le moindre péché véniel et un sérieux remarquable en tous points touchant toutes les pratiques de la vie spirituelle - sérieux dans la prière et les rapports avec Dieu, sérieux dans la mortification et le renoncement, sérieux dans l’humilité et l’acceptation du mépris, sérieux dans l’obéissance et le renoncement à sa volonté propre, sérieux dans l’amour de Dieu et du prochain . Celui qui veut atteindre ce sérieux et le garder, doit nécessairement prendre la résolution d’éviter toujours spécialement les péchés véniels 
    suivants:
    1. Le péché d’admettre en son cœur tout soupçon non fondé, tout jugement injuste contre le prochain.
    2. Le péché d’entrer en conversation sur les défauts d’autrui et de manquer à la charité de toute autre manière même légèrement.
    3. Le péché d’omettre, par paresse, nos pratiques spirituelles ou de les accomplir avec négligence volontaire.
    4. Le péché d’avoir une affection désordonnée pour quelqu’un.
    5. Le péché d’avoir une vaine estime de soi-même ou une vaine satisfaction dans ce qui nous concerne
    6. Le péché de recevoir le Saint Sacrement de manière insouciante, avec des distractions et autres irrévérences et sans préparation sérieuse.
    7. Impatiences, ressentiment, tout manquement à accepter des déceptions comme venant de la Main de Dieu ; car cela met obstacle à la voie des décrets et dispositions de la Divine Providence par rapport à nous-mêmes.
    8. Le péché de se donner occasion de ternir même de loin l’éclat immaculé de la sainte pureté.
    9. La faute de cacher volontairement à ceux qui devraient les connaître, les mauvaises inclinations, les faiblesses et les mortifications, en cherchant à poursuivre la route de la vertu, non sous la direction de l’obéissance, mais en se laissant guider par ses propres caprices.
    Nota bene: Ceci s’entend de circonstances où nous pourrions avoir une direction qui mérite d’être recherchée, mais nous préférons suivre nos faibles lumières personnelles).

    Prière pour une bonne confession

    O mon Dieu, par mes péchés détestables, j’ai crucifié de nouveau Votre Divin Fils et L’ai tourné en dérision. A cause de cela, j’ai mérité Votre Colère et me suis rendu digne des feux de l’Enfer. Combien aussi j’ai été ingrat envers Vous, mon Père Céleste, qui m’avez tiré du néant, m’avez racheté par le Précieux Sang de Votre Fils et m’avez sanctifié par Vos Saints Sacrements et le Saint Esprit. Mais dans Votre Miséricorde, vous m’avez réservé cette confession. Recevez –moi de nouveau comme Votre fils prodigue et accordez-moi de bien me confesser pour que je puisse recommencer à Vous aimer de tout mon cœur et de toute mon âme et par conséquent garder vos commandements et souffrir patiemment toute expiation temporelle qui reste à accomplir. J’espère obtenir de Votre bonté et puissance, la vie éternelle au Paradis. Par Jésus-Christ Notre Seigneur. Amen.

    Note Finale

    N’oubliez pas de confesser vos péchés avec regret surnaturel en même temps que ferme résolution de ne plus retomber dans le péché et d’éviter les occasions prochaines de péché. Demandez à votre Confesseur de vous aider en toute difficulté qui entraverait une bonne confession. Accomplissez promptement votre pénitence.

    Acte de Contrition

    O mon Dieu, je regrette du fond du cœur de vous avoir offensé. Et je déteste tous mes péchés, parce que je redoute la perte du Ciel et les peines de l’Enfer, mais surtout parce que mes péchés Vous offensent, mon Dieu, qui êtes toute bonté et qui méritez tout mon amour. Je prends la ferme résolution, avec le secours de Votre Grâce, de confesser mes péchés, de faire pénitence et d’amender ma vie. Amen.

      EXAMEN DE CONSCIENCE POUR ADULTES 

      Résumé: Il faut rechercher au moins tous les péchés mortels dont on se souvient et qui n’ont pas encore été confessés dans une bonne confession et à un prêtre ayant les pouvoirs pour absoudre. Un péché est mortel s’il y a : gravité de matière, pleine connaissance et plein consentement. Indiquer, dans la mesure du possible, leur espèce et leur nombre (même pour les désirs). Pour cela on demande à Dieu la grâce de bien connaître ses fautes et on s’examine sur les Dix Commandements et les préceptes de l’Église, sur les péchés capitaux et les devoirs de notre état. Il faudra penser à accuser également les péchés qui ont pu être commis par omission. N.B.: La confession est sacrilège lorsqu’on a volontairement caché des fautes mortelles. COMMANDEMENTS DE DIEU l er Commandement : « Tu adoreras Dieu seul et tu l’aimeras plus que tout. » Dieu est-il au centre de ma vie ? Est-il bien pour moi un Père à l’amour duquel je réponds par un amour total et une généreuse obéissance ? Jésus est-il vraiment mon Maître et mon modèle, celui dont je vis par la foi et les sacrements ? Manquements par omission ou négligence dans les prières (matin, soir, dans les tentations) et la réception des sacrements. Tiédeur. Respect humain pour manifester sa foi. Parole ou acte contre la religion. Adhésion à des mouvements incompatibles avec la foi catholique. Superstitions, spiritisme. Avoir tenté Dieu. Péchés contre la foi : refus d’adhérer à une ou plusieurs vérités révélées. Doutes volontaires. Négligeance dans sa sa propre formation religieuse. Lectures, émissions et spectacles portant atteinte à la foi ou à la morale. Péchés contre l’espérance : manque de confiance en la bonté et la providence de Dieu. Découragement, désespoir. Compter sur ses seules forces. Prétexter de la bonté de Dieu pour pécher. Ne pas désirer le ciel. Péchés contre la charité : indifférence par rapport à Dieu ; absence de prière et de pratique religieuse. Sacrilèges en profanant les choses saintes, en particulier confessions (incomplètes volontairement) et communions sacrilèges (reçues en état de péché mortel). Envers le prochain : refus de voir Dieu dans nos frères; haines, mépris, moqueries ; refus d’assister son prohain dans les graves nécessités. 2e Commandement : « Tu ne prononceras le nom de Dieu qu’avec respect. » Transgresser les serments et vœux faits en son nom. Associer son nom à des serments faux ou inutiles. Blasphémer son nom, celui de la Vierge ou des saints. Prononcer des imprécations contre soi ou contre autrui. 3e Commandement : « Tu sanctifieras le jour du Seigneur. » Avoir manqué à la sainte Messe par sa faute, y être arrivé en retard. Avoir fait ou fait faire “des travaux et des occupations qui empêchent le culte dû à Dieu, la joie propre au jour du Seigneur, ou la détente convenable de l’esprit et du corps” (can.1247). Avoir été à des amusements ou réunions dangereuses pour la foi ou les mœurs. 4e Commandement : « Tu honoreras ton père et ta mère. » Enfants de tous âges : Manque d’amour, de respect, d’obéissance (dans les limites de leur autorité), de reconnaissance et d’assistance (matérielle, spirituelle) aux parents. Parents : ne pas témoigner de l’affection à tous ses enfants ; ne pas leur donner l’exemple d’une vie vertueuse et chrétienne. Envers ceux encore sous leur dépendance : Association Notre Dame de Chrétienté manquements dans leur formation humaine et chrétienne (instruction religieuse, choix de l’école); et dans ses devoirs de surveillance, de conseil et de corrections nécessaires. Tous : disputes d’intérêt en famille. Manquements dans l’accomplissement du travail dans le respect dû à l’autorité (dans le métier, la vie collective) ou dans les responsabilités des dirigeants (conditions de travail honnêtes, juste salaire, respect vis-à-vis des employés). Insoumission aux lois civiles justes (impôts, service militaire, devoir civique). 5e Commandement : « Tu ne tueras point. » Meurtre, tentative de suicide, imprudence exposant à tuer ou blesser son prochain (sport à risque, transgression grave et volontaire du code de la route, conduite en état d’ivresse). Colères, disputes, vengeances, refus de pardon, rancunes, envie, jalousie, drogue. Excès dans les boissons, gourmandise. Attitude insultante et scandaleuse. Participation (par action ou par omission), à la stérilisation, à l’avortement, à l’euthanasie, au suicide. Incitation à la violence, à la lutte des classes. Haine raciale ou ethnique. 6e et 9e Commandements : « Tu ne commettras pas d’impureté. Tu n’auras pas le désir impur volontaire. » Pensées, désirs et actes commis seul ou avec d’autres contre la pureté. Conversations et chansons déshonnêtes. Lectures, spectacles (TV, films,...), fréquentation de lieux exposant à l’impureté. Responsabilité dans le péché d’autrui (danse, mode et attitude provocantes). Personnes mariées : Limitation de l’usage du mariage aux jours inféconds sans cause sérieuse. Moyens contraceptifs, ponctuels ou permanents. Refus des droits du conjoint. Adultère (pensées, désirs, actions). Infidélité affective. Liaison extra-matrimoniale. Divorce. “Remariage”. Fiancés : Manifestations de tendresse excessivement sensuelles. Relations pré matrimoniales. Cohabitation. 7e et 10e Commandements : « Tu ne voleras pas. Tu ne désireras pas injustement le bien des autres. » Participation direct ou indirect à des vols, fraudes, injustices. Dettes impayées. Non restitution. Recel d’objets volés. Tort causé dans les ventes, contrats, transactions. Tricheries. Fraudes. Pots de vin. Non-respect des lois sociales justes sur le travail, les assurances... Travail bâclé ; perte de temps. Dépenses excessives, par luxe, vanité, etc. Gaspillage. 8e Commandement : « Tu ne mentiras point. » Mensonges. Faux témoignage. Accusations injustes. Jugements téméraires. Calomnies (personnes ou institutions). Secrets violés. Médisances, ragots. Refus de réparer ou de rectifier COMMANDEMENTS DE L’ÉGLISE 1. Tu sanctifieras les dimanches et fêtes d’obligation (en France : Noël, Pâques, Ascension, La Pentecôte, Assomption, Toussaint) : par l’assistance à la messe et l’abstention d’activités contraires à la sanctification du jour du Seigneur (voir 3e commandement de Dieu). 2. Tu te confesseras au moins une fois l’an. 3. Tu communieras chaque année au Temps pascal (de Pâques à la Pentecôte). 4. Tu jeûneras ou feras abstinence les jours fixés. Jeûne et abstinence: Mercredi des Cendres et Vendredi Saint ; abstinence : tous les vendredis de l’année (les vendredis autres que ceux du Carême, on peut remplacer l’abstinence par une autre pénitence). 5. Tu contribueras selon tes moyens aux dépenses de l’Eglise. Association Notre Dame de Chrétienté DEVOIRS D’ÉTAT 1. Devoirs de chrétien : effort pour tendre à la perfection de la charité ; témoignage de cohérence entre la foi et les œuvres ; fidélité à la vocation reçue de Dieu ; dimension apostolique de sa vie ; approfondissement de sa foi ; aide à l’Eglise ; respect et obéissance à la hiérarchie dans ce qui dépend de son autorité. 2. Devoirs dans la famille : fidélité et don de soi dans le mariage ; générosité dans la procréation et l’éducation des enfants ; amour et entraide ; affection et assistance aux ascendants. 3. Devoirs dans la profession application au travail ; sens de la justice dans les rapports professionnels, dans les contrats. 4. Devoirs dans la cité : participation à la vie de la cité, devoir électoral ; respect des lois justes ; effort pour faire changer les lois injustes (avortement, ...) ; solidarité avec les plus démunis. MAÎTRISE DE SON TEMPÉRAMENT Il faut soumettre à la raison et à la loi de Dieu les passions déréglées par le péché originel et nos propres péchés. On distingue sept tendances qui nous inclinent au mal : - l’orgueil : amour désordonné de soi-même qui engendre l’ambition, la présomption, la vaine gloire, les attitudes hautaines, les vanités mondaines. - l’avarice : attachement désordonné aux richesses qui engendre l’injustice, l’endurcissement du cœur, le défaut de générosité pour faire l’aumône, l’aveuglement de l’esprit. - la luxure : vice contraire, voir 6e et 9e commandements. - L’envie : nous attriste à la vue des qualités ou des succès d’autrui ; engendre la calomnie, la jalousie, les discordes, les actions portant tort à autrui. - la gourmandise : excès dans le manger et le boire (alcoolisme) qui met en danger notre santé et nous fait perdre la possession de nous-mêmes. - la colère : fait perdre le contrôle de soi-même et porte aux injures, querelles, coups... - la paresse : incline à fuir l’effort dans le travail, l’accomplissement des devoirs. Association Notre Dame de Chrétienté

      Mit freundlichen Grüssen

      Avec mes meilleurs salutations
      Distinti saluti
      Kind regards, yours sincerely
      Saludos cordiales
      בברכה, בכבוד רב
      С уважение
      ขอแสดงความนับถือ
      你的真诚的
      المخلص

      Nouvelle adresse: 23, Av. Edouard Dapples, CH 1006 LAUSANNE. SUISSE

      Tél: international ++ 41 21 616 88 88

      Mobilisation générale: épargnes, retraites...  volées légalement ! Comme à Chypre et en Grèce... Arnaque de la création monétaire  du néant, ex nihilo... Grâce à monnaie-pleine, on peut rédiger ensemble un projet de loi d'application ou un contre-projet et reprendre ainsi toutes les meilleures solutions, BNS, RBI, monnaie, crédits, etc...

      http://desiebenthal.blogspot.ch/2015/12/projet-de-loi-dapplication-de-monnaie.html

      http://desiebenthal.blogspot.ch/2015/12/swiss-positive-money-social-credit.html

      Thème pour l'année 2016: Donner à chacun ce qui lui est dû par un dividende social à tous!
      à faire circuler largement, merci, le monde est déjà meilleur grâce à ce simple geste de solidarité.

      Formation, comment changer le monde ? 

      La prochaine session en français avec traduction instantanée en
      anglais, espagnol et polonais, aura lieu du 27 avril au 7 mai 2017, suivie de notre Jéricho, une semaine d'adoration du 8 au 14 mai 2017.

      ---------------------------------------------------------------------------------

      Session d’étude en anglais & traduction en espagnol

      15 juillet au 21 juillet

      19 juillet : pèlerinage

      22 juillet : apostolat

      23 juillet : 4ème dimanche

      ----------------------------------------------------------------

      Session d’étude en  français

      21 septembre au 28 septembre

      24 septembre- pèlerinage

      29 septembre : apostolat

      Congrès

      30 septembre 1er & 2 octobre

      You are invited & you can stay 2 or 3 weeks http://desiebenthal.blogspot.ca/2016/08/forum-from-jakarta-to-montreal.html


      Avec mes meilleurs salutations
      Distinti saluti
      Kind regards, yours sincerely

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      http://desiebenthal.blogspot.ch/2015/12/projet-de-loi-dapplication-de-monnaie.html

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      Thème pour l'année 2016: Donner à chacun ce qui lui est dû par un dividende social à tous!
      à faire circuler largement, merci, le monde est déjà meilleur grâce à ce simple geste de solidarité.

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      Action de AAA+ assemblée des actionnaires actifs positifs –http://www.aaapositifs.ch ( plus de 40 personnes actionnaires) auprès de la banque nationale suisse pour rendre celle-ci conforme aux lois en vigueur, sa propre charte, et la transformer en une coopérative au service des citoyens et du bien commun
      “CONTEXTE ;
      – Cette initiative a été présentée via l' assemblée de convergence C07 lien :http://openfsm.net/projects/extensionfsm2016/monetary-reform-c07. co organisée selon ses admins par 1 organisations inscrites dans le site
      – Sa dernière édition dans le site est faite par: calendar team/equipe.
      – Elle porte le n°:55 dans le calendrier et est écrite en FR
      – Elle a comme thème principal :Theme1 Theme 9 voirhttps://fsm2016.org/sinformer/axes-thematiques-2016/ .
      – Elle a une échelle et une zone : national – suisse .
      – Ses organisations promotrices sont actuellement au nombre de 1: Comité de l initiative Monnaie Pleine/AAA+.(mise a jour manuelle)
      – La première d’entre elles a pour lien dans le site fsm :https://fsm2016.org/en/groupes/monnaie-pleine-vollgeld-moneta-intera/.
      – Personnes de contact pour cette initiative sont notamment https://fsm2016.org/en/participants/gerard-scheller/profile/

      Chloé Frammery <  frammer3   at   gmail.com  >
      ou moi-même.

      Un autre moyen de contact est: http://www.aaapositifs.ch
      – Si vous êtes intéressé(e) par cette initiative, appuyer sur le bouton ‘suivre ce groupe’ ci dessous.
      – Pour voir l’intégralité de la fiche initiative, cliquer sur ‘initiative’ dans le menu qui est en bas de ce lien
      https://fsm2016.org/en/groupes/transformer-la-banque-nationale-suisse-en-cooperative-citoyenne/

      La prochaine session de formation gratuite en français avec traduction instantanée en anglais, espagnol et polonais, aura lieu du 27 avril au 7 mai 2017, suivie de notre Jéricho, une semaine d'adoration du 8 au 14 mai 2017 au Canada.

      ---------------------------------------------------------------------------------
      Sessions d’études 2017 en anglais & traduction en espagnol
      15 juillet au 21 juillet
      19 juillet : pèlerinage
      22 juillet : apostolat
      23 juillet : 4è dimanche
      ----------------------------------------------------------------
      Session d’étude en  français
      21 septembre au 28 septembre
      24 septembre- pèlerinage
      29 septembre : apostolat
      Congrès

      30 septembre 1er & 2 octobre

      You are invited & you can stay 2 or 3 weeks http://desiebenthal.blogspot.ca/2016/08/forum-from-jakarta-to-montreal.html

      http://desiebenthal.blogspot.ch/2016/09/why-swiss-national-bank.html

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      Thème pour l'année 2016: Donner à chacun ce qui lui est dû par un dividende social à tous!
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      AFFAIRE LUCIE 

      Toute injustice n'importe où est une menace contre la justice partout.

      UN EX-PRÉSIDENT DE TRIBUNAL SERA DÉFÉRÉ EN JUSTICE

      Martin Ziegler sera jugé pour usurpation de fonctions, voire abus de pouvoir, dans l'enquête sur le meurtre de la jeune Fribourgoise.



      MOTS-CLÉS

      SIGNALER UNE ERREUR

      Vous voulez communiquer unrenseignement ou vous avez repéré une erreur?

      L'ancien président du Tribunal cantonal schwytzois, Martin Ziegler, devra comparaître pour son attitude dans les affaires qui ont secoué la justice schwytzoise. Le procureur général extraordinaire du canton, Beat Schnell, a confirmé cette information du «SonntagsBlick».
      L'accusation porte sur une usurpation de fonctions, éventuellement sur un abus de pouvoir. Il appartiendra au tribunal de trancher.
      Martin Ziegler s'était trouvé sous les feux de la critique car il avait, à l'époque, refusé de transmettre aux autorités fédérales les données du téléphone portable de Lucie. La Fribourgeoise, alors employée comme jeune fille au pair dans le canton de Schwytz, avait été tuée en 2009 à Rieden (AG). Le refus du juge Ziegler avait été révélé parce qu'un rapport d'enquête avait été transmis aux médias.
      Martin Ziegler avait ensuite voulu trouver le responsable qui avait fourni ce rapport aux médias. Beat Schnell a indiqué que Martin Ziegler, selon l'avis de l'accusation, n'était pas habilité à récolter des données téléphoniques des juges d'instruction. La peine qu'il requerra contre Martin Ziegler ne sera communiquée que lors de l'audience.
      Démission en 2012
      Martin Ziegler avait démissionné de son poste de président du Tribunal cantonal en mars 2012, «en raison des campagnes persistantes» contre lui à propos de la crise qui touchait la justice du canton.
      La commission de justice du Parlement avait pour sa part recommandé de ne pas le réélire. (ats/nxp)
      (Créé: 11.09.2016, 11h31)
      http://www.lematin.ch/suisse/expresident-tribunal-defere-justice/story/15467563

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    • 09/12/16--03:40: Libérons les esclaves !
    • « Pire qu’esclave est l’esclave qui s’ignore » disait Aristote
      Ce que nous vivons, ce n'est pas une crise :
      c'est une escroquerie !
      Quelle part de la dette incombe aux usuriers ?
      Et qui contrôle notre or ?
      Rassurez-moi : ce ne sont pas les mêmes ?!
      L'usure est la principale responsable des souffrances
      (emploi, famille, éducation, santé,...) et les usuriers les 1ers esclavagistes de nos vies. De tout temps, elle a été considérée comme le premier mal des civilisations.
      Tout leader, tout citoyen qui prétend vouloir faire de la politique sans s'être plongé dans le concept de l'usure (création monétaire, endettement, ...), gagnerait à préférer faire du jardinage...
      Rendons à Rothschild, la part de la dette qui lui revient :
      faîtes les comptes...
      http://1.bp.blogspot.com/…/dette_part_du_service_de_la_dett…
      et,
      http://1.bp.blogspot.com/…/Service+de+la+dette+publique+-+e…
      C’est sous la présidence de l’ex-Directeur de la banque Rothschild, Georges Pompidou, que la loi du 3 janvier 1973 dite loi « Pompidou-Giscard-Mesmer« (73-7) ou encore appelée « loi Rothschild », fût votée. Elle est directement responsable du service de la dette (plus de 45 milliards € par an pour les seuls intérêts) et conséquemment de cette situation proche du chaos. Michel Rocard lui même, déclarait(*) fin décembre 2012 sur Europe1 que sans cette loi notre dette serait à un niveau « bénin » (« 16 ou 17 % du PIB »).
      "La réforme de la Banque de France de 1973 a interdit que celle-ci prête à l’État à taux zéro. L'État est donc allé emprunter avec intérêt sur les marchés privés. Si nous en étions restés au système précédant, qui permettait, répétons-le, à la Banque de France de prêter à l’État à taux zéro, notre dette serait de 16 ou 17 % du PIB, soit bénigne."
      (Michel Rocard - décembre 2012 Europe1)
      Les statuts actuels de la Banque de France (sous tutelle de la BCE depuis 1997) confortent l'obligation de se soumettre à l'usure des banksters :
      Art. L. 141-3. Statuts actuels de la BDF -
      "Il est interdit à la Banque de France d'autoriser des découverts ou d'accorder tout autre type de crédit au Trésor public ou à tout autre organisme ou entreprise publics." (banque-de-france.fr)
      A rapprocher de la loi de 1973 (loi 73-7, art.25) :
      "le Trésor public ne peut être présentateur de ses propres effets à l’escompte de la Banque de France"
      L'équivalent de la loi de 1973 au niveau de l'Europe est l'article 123 du Traité de Lisbonne (ratifié contre le gré des Français) :
      "« Il est interdit à la Banque centrale européenne et aux banques centrales des États membres, (...), d’accorder des découverts ou tout autre type de crédits aux institutions, organes ou organismes de l’Union, aux administrations centrales, aux autorités régionales ou locales, aux autres autorités publiques, aux autres organismes ou entreprises publics des États membres."
      Une simple question : si on emprunte de l'argent qu'ils créent (à partir de rien), mais qu'ils nous demandent ensuite de rembourser AVEC des intérêts que ni eux, ni nous, n'avons créé : Dans ce cas, comment rembourser, sans devoir réemprunter à nouveau ? ...
      Il est grand temps que la fête s'arrête, vous ne croyez pas ?
      En attendant, les français consacrent plus de la moitié de l'année pour alimenter ce système fiscal qui graisse inutilement la patte aux usuriers (46% prélèvements obligatoires + 20% TVA sur les dépenses des ménages)
      http://4.bp.blogspot.com/…/ctHMu…/s1600/prelevements2014.jpg
      (Souriez : les 5 derniers mois vous sont offerts !)
      à lire:
      Enquête sur la loi du 3 janvier 1973 de Pierre-Yves Rougeyron
      https://www.facebook.com/groups/etvgroup/permalink/1015779701808878/
      et aussi:
      Le travail et l'usure - Ezra Pound en pdf --->
      https://www.fichier-pdf.fr/…/le-travail-et-l-usure-ezra-po…/
      Pour la détente...
      Comprendre la création monétaire de manière ludique :
      https://youtu.be/QNbCAzzXw14
      Chris Nonom

      Bonjour à tous, 

      Je ne sais aucunement si l'auteur de ces lignes ci-dessous signées  om connaissait Louis Even ou non. Je peux me tromper, mais j'ai l'impression que non. Quand la Vérité s'exprime en divers points - qui ne se connaissent pas (si c'est le cas ici) - on peut être à peu près sûrs que la Vérité se trouve confortée et confirmée. Je viens donc d'envoyer ce texte ci-dessous, court, dense, concis et de grande portée à François de Siebenthal pour qu'il puisse, dans la mesure du possible, le diffuser (avec d'autres ce serait mieux) durant le Forum Social Mondial (FSM) à Montréal du 9 au 14 août 2016, regrettant de ne pas avoir pu y aller moi-même pour des raisons de dates ne concordant pas.


      ARGUMENTS VRAIS, RÉELS ET CLAIRS, VOIRE CHOC, POUR QUI S'INTÉRESSE À LA RÉFORME À ENTREPRENDRE D'URGENCE DANS LA CRÉATION MONÉTAIRE ET LE MANIEMENT DE L'ARGENT.

      Donc, voici ci-dessous, après *, une description, à mon sens spécialement claire et percutante du système bancaire et monétaire qui pourrait servir d'abord pendant le Forum Social Mondial (FSM) à Montréal aux visiteurs des kiosques de Vers-Demain et d'autres visiteurs, et plus tard pour l'enseignement du Crédit-Social, donc pour la Démocratie Économique et son fonctionnement.
      Il faudrait en faire un tract ou quelque chose d'équivalent pour une bonne diffusion, dans le droit fil de Louis EVEN.

      Je ne sais pas qui est la personne dont le pseudo est ici : om

      D'une façon discontinue, j'avais participé trois ou quatre fois à des débats sur ce forum animé par un certain Gidmoz (Gidmoz est le pseudo d'un économiste très titré, à l'évidence libéral, sinon ultra-libéral) c'était en 2011 et 2012. Ce forum est, je crois, à peu près fermé, car transféré sur Facebook et je ne peux pas (et ne veux pas) m'éparpiller avec Facebook.

      Donc :

      La banque s’enrichit légitimement par les intérêts versésCe commentaire ci-dessus de om : La banque s'enrichit légitimement par les intérêts versé a été écrit pour réfuter et contrer la Fable de l'Île des Naufragés de Louis EVEN (je ne sais qui avait lancé dans ce forum en 2011 la Fable des Naufragés de Louis EVEN). 
      Mais cela a produit une réaction, encore une fois très RÉVÉLATRICE de ce qu'il y a dans les têtes des uns et des autres, y compris et surtout dans les têtes des "génies" financiers au sujet de cette escroquerie de la création de la monnaie de crédit. Car dans ce forum (qu'on peut retrouver sur internet) chaque sujet débattu comportait tout au plus quelques dizaines de commentaires. Mais le sujet de l'Île des Naufragés par Louis EVEN, a entraîné pas moins de 199 commentaires !!  Ceci prouve encore une fois que Louis EVEN avait touché EXACTEMENT le point sensible et faible, la confusion entretenue sur le système bancaire et monétaire toujours contourné, jamais élucidé, encore moins expliqué!... par les grands experts et les grands chefs de la finance. Il en est ainsi, exactement, comme dans le chapitre 27, page 119, de -Sous le Signe de l'Abondance- (édition 3ème trimestre 2015) intitulé  -Leçon d'un compte en banque-.

      Deus in adjutorium

      Renaud L a i l l i e r 

      *

      Réponse de  om  qui écrit ce qui suit après les flèches :


      —>Ce deuxième point de la réfutation (de l'Île des naufragés)est (aussi) une erreur.

      —> La société ne devrait donc pas être forcée de payer des intérêts perpétuels aux créateurs de l’argent. Elle paie tribut à des comptables qui ne font qu’enregistrer une valeur de production qui lui appartient, à elle, la société.
      De plus, la société est forcée de payer ce tribut, non pas en produits qu’elle peut faire, mais en argent qu’elle ne fait pas. Le banquier exige, comme tribut, une chose que lui seul a le droit de faire. Le banquier seul fait l’argent. Or il ne fabrique que le capital, mais il demande de lui rapporter le capital qu’il a créé, plus l’intérêt qu’il n’a pas fait et que personne autre que lui n’a le droit de faire.
      Ce paiement d’intérêt, par la société, au système bancaire, sur de la monnaie nouvellement créée et qui ne coûte rien, n’est pas du tout semblable ni comparable à l’intérêt qu’un prêteur ordinaire exige sur de l’argent déjà en existence, qu’il a gagné, épargné et prêté à l’industrie.


      Soulignons aussi un point frappant: C’est la production qui donne de la valeur à l’argent. Une pile d’argent, sans produits pour y répondre, ne fait pas vivre. Or, ce sont les cultivateurs, les industriels, les ouvriers, les professionnels, le pays organisé, qui font les produits, marchandises ou services. Mais ce sont les banquiers qui font l’argent basé sur ces produits. Et cet argent, qui tire sa valeur des produits, les banquiers se l’approprient et le prêtent à ceux qui font les produits. C’est un vol légalisé.

      *

      Ce serait bien d'intégrer ce propos dans l'enseignement du Crédit, Social Démocratie Économique
      car il va - exactement - dans le sens de Louis EVEN.


      Renaud  L a i l l i e r 
      Bonjour, Bonsoir,
      Je suis vraiment désolé du temps d’attente qui y a u pour que je puisse enfin continuer à faire vivre cette page, mais la vie ne va pas toujours comme on le veut!!
      Je profite d'avoir un pc à prêter pour laisser encore une vidéo pour qu'on puisse apprendre encore un peut plus le fonctionnement du monde dans lequel nous vivons tou-te-s...
      Cette vidéo parle de l'arnaque bancaire que nous subissons tou-te-s, c'est long et difficile à bien comprendre, car on nous a trompé depuis notre tendre enfance sur le fonctionnement des banques!
      Donc ce n'est pas en regardant une vidéo qu'on peut arriver à comprendre...
      Mais cette vidéo est un bon début, ici, par-exemple, on comprend que le troc proprement dit n'a jamais existé!!!
      Je vous laisse en même temps une conférence de cet ancien directeur de la banque de Suisse pour comprendre le mieux possible le système bancaire... parce que cela à un impacte direct sur nos vies!!!
      Si vous avez envie, j'ai une multitude de vidéo sur le système bancaire, demandez moi dans les commantaire de cette vidéo et je vous les envoie en vous répondant à votre commentaire.
      N'oublions pas que l'on sait uniquement ce que l'on veut que l'on sache et que nul n'est plus sourd que celui qui ne veut pas entendre...
      Que les étoiles brillent au-dessus de chacun d'entre vous qui lisez ces quelques mots et qui regardez ces vidéos... UBUNTU :)
      PS : N'oubliez pas de cliquer sur le nom de la page pour voir toutes les vidéos de celle-ci... ;)
      Et surtout passons-nous ces vidéos entre nous (partageons) pour que nous soyons nombreux à savoir, ainsi nous seront nombreux à agir en conséquence!... 

      Gerard Gidmoz
      Gerard Gidmoz Malheureusement ce banquier se trompe sur l'analyse qu'il fait de la création monétaire qu'il fait à chaque fois qu'un de ses clients obtient un prêt bancaire. La monnaie de sa banque n'est pas créée "à partir du néant!" . La monnaie est une promesse. ...Voir plus
      L'important n'est pas de convaincre, mais de donner à réfléchir.
      L'important n'est pas de convaincre, mais de donner à réfléchir. Ex nihilo, que veut dire ce mot??? (se n'est pas moi qui ai inventé ce mot???)

      La vérité est tellement dingue, qu'on a du mal à y croire!!!...Voir plus

      . Le MINI-SHOW : "Vous faire rire... et réfléchir !" . ABONNEZ-VOUS pour être prévenu dès qu'un…
      Gerard Gidmoz
      Gerard Gidmoz Voilà! a la suite de votre remarque sur le "ex nihilo", j'ai modifié en reprenant le terme exact de la vidéo. Ce terme exact de la vidéo est "à partir du néant". Je maintiens que cette monnaie versée par la banque est une promesse et que cette promesse...Voir plus
      Alain Vauclair Kft MaStarr
      Alain Vauclair Kft MaStarr François de Siebenthal
      La remarque de M. Gerard Gidmoz est elle correcte? Auriez vous des précisions à apporter afin d'éclaircir votre jugement et le sien?
      Merci
      François de Siebenthal
      François de Siebenthal Alain Vauclair Kft MaStarr Le fait est que lorsque la banque crée un dépôt contre un crédit, elle crée un pouvoir d'achat ex nihilo (pire qu' un faux- monnayeur qui prêterait l'argent imprimé par lui car elle exige des intérêts composés et détruira cet...Voir plus
      Alain Vauclair Kft MaStarr
      Alain Vauclair Kft MaStarr Merci pour ces précisions. :-)
      Gerard Gidmoz
      Gerard Gidmoz Alain Vauclair Kft MaStarr Dans un système de banque centrale, il y a deux sortes de monnaies. La monnaie de banque centrale, émise par la banque centrale. Et il y a les monnaies de banque. Chaque banque émet sa monnaie, sa monnaie de banque. Une unité...Voir plus
      Gerard Gidmoz
      Gerard Gidmoz François de Siebenthal "un pouvoir d'achat ex nihilo"

      Je suis en désaccord avec votre analyse de la création monétaire par une banque. Vous maintenez, sans aucun argument, sans aucun raisonnement, sans aucune réfutation de mes arguments, votre affirma...Voir plus
      Gerard Gidmoz
      Gerard Gidmoz François de Siebenthal J'ajoute que le principe du système de banque centrale est critiquable et que ces critiques sont connues depuis plus de 150 ans. Mais la critique que vous faite, en soutenant une malhonnêteté, est une critique mal fondée et inexacte puisque cette malhonnêteté n'existe pas. Les conséquences économiques que vous exposez n'existent pas non plus.
      François de Siebenthal
      François de Siebenthal êtes-vous aveugle devant les crises à répétition et les dépressions dues à ces vols systématiques des plus faibles ? êtes-vous banquier ou actionnaire ou riche et aveuglé ? Vous voyez le contraire de la réalité, ce sont les banques commerciales qui com...Voir plus
      François de Siebenthal
      François de Siebenthal "Il existe de nombreuses manières d'organiser un système bancaire, celle que nous utilisons aujourd'hui est la pire de toutes." - Mervin King, gouverneur de la Banque d'Angleterre du 1er juillet 2003 au 1er juillet 2013
      La Banque Centrale d'Angleterre,...Voir plus
      Gerard Gidmoz
      Gerard Gidmoz François de Siebenthal "les crises à répétition"

      Il s'agit ici d'analyser la nature juridique exacte d'un crédit bancaire. Au lieu de procéder à cet exercice, vous refusez tout argument. Votre analyse est donc mal fondée et inexacte. Evitez donc de me faire des procès d'intentions, et tentez de répondre à mes arguments.
      J’aime · Répondre · 21 h
      François de Siebenthal
      François de Siebenthal ...Le prêt à intérêt est donc un « monstre » juridique, un hybride contradictoire.

      D’un côté, le prêteur n’est pas considéré comme propriétaire de la somme prêtée, puisqu’il n’a pas part aux pertes. ...Voir plus
      J’aime · Répondre · 19 h · Modifié
      François de Siebenthal
      François de Siebenthal ... Une sorte d’idéologie « bancocratique » fait barrage à la moindre remise en cause.
      Le prêt à intérêt et les pratiques apparentées sont comme telles inéquitables. Il existe cependant d’autres formes de rémunération du capital, qui se révèlent à la ...Voir plus
      J’aime · Répondre · 18 h
      Jonathan Hiernaud
      Jonathan Hiernaud Gérard Foucher, j'aimerais vraiment bien que tu prenne par à cette discutions!!! :)
      J’aime · Répondre · 10 h
      Gérard Foucher
      Gérard Foucher Haha ! Pitié non merci Jonathan !

      D'abord parce que je suis en vacances ;-) , et ensuite parce que Gidmoz répète en boucle depuis des années les mêmes arguments obsolètes. ...Voir plus
      Je n’aime plus · Répondre · 3 · 9 h · Modifié
      François de Siebenthal
      François de Siebenthal http://www.salve-regina.com/.../La_r%C3%A9mun%C3%A9ration...
      La doctrine catholique ne condamne pas la rémunération du capi­tal en tant que telle[1], mais uniquement cette forme particulière que constitue le prêt à intérêt, appelé « usure », ainsi que d’autres formes de rémunération du capital qui y sont apparentées et, par consé­quent, elles aussi « usuraire...
      Stéphanie Vuignier Mesot
      Stéphanie Vuignier Mesot Regardez aussi le reportage de zeitgeist sur la création de la monnaie..
      J’aime · Répondre · 8 h
      Gerard Gidmoz
      Gerard Gidmoz Gérard Foucher "réserves fractionnaires"

      Non. Mon argument n'a rien à voir avec le débat des réserves fractionnaires. Vous m'avez mal lu. ...Voir plus
      J’aime · Répondre · 7 h
      François de Siebenthal
      François de Siebenthal Cette "création ex nihilo", est une création à partir de rien, repose sur le fait que la monnaie ainsi prêtée à l'emprunteur n'existait pas au préalable, nulle part. Cette expression n'est pas de moi mais des économistes spécialisteshttp://desiebenthal.blogspot.ca/.../proprietaires-de-la...
      François de Siebenthal
      François de Siebenthal Qui sont les propriétaires de la fausse monnaie bancaire et surtout des biens obtenus par elle ?

      Historiquement, ils ont fait croire ( et ils le font encore ) qu'il y avait plus de lingots de métaux précieux qu'en vérité ( mensonges), puis on fait des...Voir plus

      En Suisse l'IBAN est toujours constitué de 21 caractères. Pour faciliter la lisibilité, l’IBAN, est…
      Gerard Gidmoz
      Gerard Gidmoz François de Siebenthal "Cette "création ex nihilo", est une création à partir de rien, repose sur le fait que la monnaie ainsi prêtée à l'emprunteur n'existait pas au préalable, nulle part."

      Non. Lorsque je vous signe un papier disant qu'en échange de...Voir plus
      J’aime · Répondre · 2 h
      François de Siebenthal
      François de Siebenthal Maurice Allais considérait en 1999, dans La Crise mondiale aujourd'hui, comme « inappropriée » la structure de création monétaire actuelle. Il considère le système actuel comme instable et risqué, les engagements et les créances n'étant pas nécessairem...Voir plus

      Une réorganisation et une clarification du contenu paraissent nécessaires. Discutez…
      François de Siebenthal
      François de Siebenthal http://www.e-ducat.fr/economie/creation-monetaire-ex-nihilo/
      Création monétaire ex nihilo Une organisation qui crée la monnaie peut dépenser cette monnaie pour s’approprier des actifs AVANT que la monnaie ne circule dans l’économie. Prenons l’exemple d’un prêt immobilier émis par une banque pour l’achat d’un appartement. Pour créer l’argent ex-nihilo, la banq...
      François de Siebenthal
      François de Siebenthal https://fr.wikipedia.org/wiki/Ex_nihilo
      Ex nihilo est une expression latine signifiant « à partir de rien ». Elle est souvent utilisée en conjonction avec un terme exprimant une idée de création, comme dans « création ex nihilo », signifiant littéralement « création à partir de rien », par opposition à une « creatio ex materia », création...
      Gerard Gidmoz
      Gerard Gidmoz François de Siebenthal Cette avalanche de liens que vous m'envoyez me semble excessive pour trancher notre débat de pure logique. Je doute que vous ayez lu le texte du premier lien que vous m'envoyez car il contient des fautes de logique et des fautes comptables. Je relève une phrase de cet auteur qui est la conclusion d'un de ses raisonnements. "Si vous remboursez, elle ne perd pas, si vous ne remboursez pas elle gagne un appartement.."

      Tout banquier sait bien que cette affirmation est fausse. Tout autre lecteur attentif aussi. La monnaie utilisée par le client pour payer le vendeur. La banque a ainsi une obligation envers le vendeur, lequel détient ainsi des créances sur la banque. Il est évidement erronée de prétendre que l'obligation de la banque serait nulle et que la banque deviendrait, sans payer, propriétaire de l'appartement.
      J’aime · Répondre · 1 h · Modifié
      François de Siebenthal
      François de Siebenthal La banque gagne sur les 2 tableaux, je crois que vous ne voulez pas comprendre. Je réponds à toutes vos questions et vous à aucune des miennes, êtes.vous banquier ou riche ? Prenons l’exemple d’un prêt immobilier émis par une banque pour l’achat d’un a...Voir plus
      Gerard Gidmoz
      Gerard Gidmoz François de Siebenthal "On est toujours dans un jeu d’écritures à somme nulle"

      Oui! J'aime lire cette phrase. Je suis d'accord. Le texte de l'article était alors volontairement provocateur! L'auteur de l'article jouait sur les mots pour indigner le lecteur... C'est pas très correct, cela! Ensuite, et nous serons encore surement d'accord, l'appartement sera vendu pour rembourser la dette de l'emprunteur à la banque. Des frais judiciaires risquent fort de rester à la charge de la banque. Mais c'est un risque que prend la banque à chaque crédit bancaire.

      Ensuite vous semblez critiquer le principe du prêt avec intérêt. C'est un autre débat ouvert malencontreusement par Aristote, sans doute un jour où il avait oublié de réfléchir. Mais vous faites une bonne observation. Le système de banque centrale conduit à produire une monnaie dont le cout de production apparent peut sembler nul. Mais il ne l'est pas. La banque centrale gère le monopole monétaire étatique et gère sa collaboration avec les banques de second rang par un règlement de 10000 pages.
      Au 19e siècle, vers 1840(?), Il y eu un débat d'économistes universitaires sur le choix du système bancaire. Le système de banque libre sans banque centrale fonctionnait alors très bien depuis 135 ans à la satisfaction de tous. J'aimerai relire les arguments des uns et des autres. La seule raison du choix du système de banque centrale fut qu'il permettait à l'Etat de l'endetter excessivement. Cet endettement excessif de l'Etat aurait été impossible sans système de banque centrale.

      Dividende universel par les robots libérateurs


      Avertissement très important :

      Ce revenu ou dividende ne vient pas des impôts ou des salaires mais de la création monétaire actuellement monopolisée par les banques à 99 %. C'est une juste redistribution de ce qui nous est volé (sic) par un système sournois et rusé en bout de course et en faillite partout.
      http://desiebenthal.blogspot.com/2010/10/disparition-de-maurice-allais.html

      « Un revenu, c'est comme l'air sous les ailes de l'oiseau ! ». C'est ainsi que commence le film. Est-ce que ce revenu devrait être inconditionnel pour chacun ? Est-ce possible, un droit civique économique ?

      Le film est captivant, il fait réfléchir, il touche et met le doigt sur ce qui est raisonnable. Il permet de voir la situation de la société et le devoir de l'argent sous un jour nouveau. Un thème d'une actualité brûlante:


      « C’est un petit film intelligent sur l’état de notre monde. Une tentative d’explication du fonctionnement du revenu de base, qui le financerait et ce qu’il pourrait changer. »
      Mikael Krogerus, brand eins

      http://desiebenthal.blogspot.com/2010/07/dividende-universel-par-les-robots.html

      Dividende universel par les robots libérateurs. Ce n'est que simple justice, rendre aux rois que nous sommes tous le droit de battre sa monnaie.

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      Monnaie-pleine, alias 
      “sovereign money” à Chicago

      Confirmed Speakers:



      Joseph Huber is the key monetary reformer of Germany. Founder of monetative.de, Berlin, a monetary reform initiative. In the ’90s he developed a new currency-school approach to overcome fractional reserve banking. Prof. Huber has been working with James Robertson on UK and European monetary reform since 1999, on behalf of the New Economics Foundation, London (report Creating New Money).

      In 2013, his talk was “Modern Money – Interest-bearing Credit or Debt-free Currency?” which challenged assumptions of so called “Modern Money Theory” (MMT), and the views on money, credit, and debt and MMT’s belittlement of the dysfunctions of the present mixed-money system because of fractional reserve accounting. He compares this against the analyses given by contemporary monetary reformers who actually stand for a transition from banks’ credit-created money to debt-free sovereign money. Prof. Huber has launched an important new website at www.sovereignmoney.eu to help explain monetary reform to all. That talk was sent to the 25,000 subscribers to the Real World Economic Forum in January 2014. MMT has been unable to answer it. Prof. Huber “coined” the phrase “sovereign money” some years back. We consider him among the very top monetary reformers in the world.

      Why a swiss national bank ?

      http://desiebenthal.blogspot.ch/2016/09/why-swiss-national-bank.html

      Dear Friends of the American Monetary Institute,

      Great News!
      Dennis Kucinich will be speaking at the upcoming 12th Annual Monetary Reform Conference.  The conference is at the University Center in downtown Chicago, September 29th to October 2nd.
      Remember there are no at-the-door registrations.  Sign up now online atwww.monetary.org/2016-ami-monetary-reform-conference.
      Looking forward to seeing you there and moving monetary reform forward.

      Sincerely,

      Stephen Zarlenga,
      Director


      12th Annual AMI Monetary Reform Conference

      Chicago, September 29-October 2, 2016


      Confirmed Speakers:
      Joseph Huber is the key monetary reformer of Germany. Founder of monetative.de, Berlin, a monetary reform initiative. In the ’90s he developed a new currency-school approach to overcome fractional reserve banking. Prof. Huber has been working with James Robertson on UK and European monetary reform since 1999, on behalf of the New Economics Foundation, London (report Creating New Money).
      In 2013, his talk was “Modern Money – Interest-bearing Credit or Debt-free Currency?” which challenged assumptions of so called “Modern Money Theory” (MMT), and the views on money, credit, and debt and MMT’s belittlement of the dysfunctions of the present mixed-money system because of fractional reserve accounting. He compares this against the analyses given by contemporary monetary reformers who actually stand for a transition from banks’ credit-created money to debt-free sovereign money. Prof. Huber has launched an important new website at www.sovereignmoney.eu to help explain monetary reform to all. That talk was sent to the 25,000 subscribers to the Real World Economic Forum in January 2014. MMT has been unable to answer it. Prof. Huber “coined” the phrase “sovereign money” some years back. We consider him among the very top monetary reformers in the world.
      Elizabeth Kucinich is an independent transatlantic consultant working to bring social, economic, agricultural and ecological systems into balance. Elizabeth worked for 10 years with the Christian Council for Monetary Justice and the Forum for Stable Currencies in London, before coming to America in 2005 to help organize the AMI’s first international conference for monetary reform.She was later instrumental working with her husband, Dennis Kucinich, in the writing and introduction of HR 2990, The National Emergency Employment Defense Act; bringing monetary reform into the 2008 presidential campaign, and in spurring Congressional debate regarding oversight of the Federal Reserve.
      Elizabeth knows and does more about monetary reform than virtually all of the supposed monetary reformers, and she always tells the truth! This is Elizabeth’s second presentation to us and I’m looking forward to it very much. She is one of the most important persons in the U.S. concerning monetary reform. Her husband Dennis has addressed our conferences twice in the past. I’m guessing Dennis won’t be far away, and might yet be convinced to give a keynote Dinner talk.
      Dr. Michael Kumhof former Deputy Division Chief of the modeling Division, at the Research Department of the International Monetary Fund, now works at the Bank of England in London. Though Dr. Kumhof is not making a formal presentation at this conference, this year Dr. Kumhof  will be in attendance, and be available, if appropriately and privately approached, to answer questions about his papers from individuals – a rare opportunity. At past conferences, when he worked at the IMF, Dr. Kumhof has addressed us on the important results of his “modelling” (mathematically predicting the results) of the Chicago Plan proposal of the 1930s, when applied to the modern U.S. financial system. The Chicago Plan was designed and promoted by our best economists in the 1930s (Henry Simons, Irving Fisher, Douglas, et al), to get our nation out of the Great Depression.  The Chicago Plan is the precursor and model of both the American Monetary Act, and Congressman Kucinich’s “NEED Act” (National Emergency Employment Defense Act). His recent paper at the Bank of England is titled, “Banks are not intermediaries of loadable funds- and why this matters.”  Dr. Kumhof’s papers are revolutionizing economic thought!
      Prof. Kaoru Yamaguchi has continued to refine his highly advanced modelling system to project how HR 2990 will achieve monetary reform. He concluded it will pay off the US national debt as it comes due; provide the funding for infrastructure, which solves the unemployment problem  and does this without inflation!
      Professor Yamaguchi has headed the System Dynamics Group of the Doshisha Business School at Doshisha University in Kyoto Japan. He presented his macroeconomic model on the to a plenary session of the System Dynamics International Conference in Seoul (2010), being attended by more than 300 researchers. It was so well received that on July 26th, the same International Conference asked him to speak on this matter again, at their meeting in Washington, DC.
      Dr. Yamaguchi will appear at our conference either in person or  via skype, with full facility for extended questions and answers. His webpage is available for viewing where you can read about his talk and books here:  http://www.muratopia.org/index.html
      Rev. Delman Coates is a graduate of Morehouse College (B.A. in Religion, 1995), Harvard Divinity School (Master of Divinity, 1998), and Columbia University (Master of Philosophy in Religion, 2002; Ph.D. in New Testament & Early Christianity, 2006). Coates has served as the Senior Pastor of Mt. Ennon Baptist Church in Clinton, MD since 2004.  During this time, the congregation has grown to almost 9,000 members. Pastor Coates is founder and president of the Black Church Center for Justice & Equality (BCC), and a board member of the Parents Television Council and the National Action Network. He is also a member of the Society of Biblical Literature, the Morehouse College Board of Preachers, and the NAACP.Rev. Delman Coates has appeared on and been profiled in national media such as MSNBC, CNN, Fox News, Essence Magazine, NPR, VH1, The New York Times, and The Washington Post, and was featured in the documentary The New Black.
      Reverend Coates understanding and commitment to getting monetary reform, as the key stepping stone to achieving economic and social justice in America could well become a pivotal factor in attaining true monetary reform for the nation! Once we get it here, it will spread across the globe very, very quickly.
      Jim Wert just retired as senior counsel in the Legislative Counsel’s Office of the US House of Representatives where he worked for almost 31 years, 26 of them writing banking, financial services, credit, and coins and currency legislation and laws, including Kucinich’s NEED Act, HR2990, which he guided for over 2 years! The Legislative Counsel’s Office provides legislative drafting services to the committees and Members of the House of Representatives on a nonpartisan, impartial, and confidential basis.  Today he participates in, and is very much interested in, continuing discussions on what a sustainable and fully functional economic system might look like and what kind of financial system should evolve, to support the development of such an economic system and he has become very interested in Monetary reform.  Jim’s talk to us 2 years ago, was a conference highlight. He surprised and shocked participants when he informed us that the primary element of banker power, using the fractional reserve system has never ever been established in law! Jim told us of a number of such surprises in banking law.
      Steve Keen is a top Australian economist won the inaugural (Paul) Revere Award for giving an early warning (2005) of the debt-deflation collapse. He has built a growing reputation as a rare deep thinker on how monetary systems really work, not just how the central banks have said they work. Thus his blog has over 50,000 followers. Keen is a must-see analyst for theorists and investors involved in markets of all types, including the bond markets. Keen has moved from the University of Western Sydney, Australia, to Head, School of Economics, Politics & History, Kingston University in London. In December 2005, drawing on his 1995 theoretical paper, and convinced that a financial crisis was fast approaching, Keen went high-profile public with his analysis and predictions. He registered the webpage www.debtdeflation.com dedicated to analyzing the “global debt bubble”, which soon attracted a large international audience.
      In December 2012, Prof. Keen delivered a Congressional Briefing to Congressmen and aides in Washington DC, sponsored by Congressman Dennis Kucinich; which accurately warned of the dangers of a “sequestration.” Prof. Keen will appear at our conference via skype, with full facility for extended questions and answers.
      Prof. Nic Tideman received his Ph.D. from the University of Chicago (where he studied under Milton Friedman and others); taught at Harvard and served as Senior Staff Economist at the President’s Council of Economic Advisers before moving to Virginia Tech in 1973. He has been Professor of Economics there since 1985. While his research has focused primarily on urban economics, public finance, voting rules and social justice, in 1975 he collaborated with Nobel Laureate James Buchanan in writing on “Gold, Money and the Law.” His topic this year focuses on the seigniorage involved in a society’s money creation process, and who it should belong to. At present these vast sums go to the private banks that lend their credit into circulation as money, except for the smaller portion created by the Fed.
      Nic is a senior adviser to the American Monetary Institute. Note – neither the AMI nor Prof. Tideman is predicting or expecting a collapse of the Dollar.
      Mark Pash, CFP has been promoting monetary reform to our leaders and the general public for over 25 years. He will discuss his 28 reasons for monetary reform and the 14 ways of overcoming its major objection of excess inflation. He will also discuss the many different ways that new money can be distributed and how it will create a 21st Century Win-Win Economy even for the bankers.
      Mark is a Certified Financial Planner from the College of Financial Planning with a Bachelors and Masters in Business Administration from UCLA and USC, respectively. He has served and founded a number of financial organizations and industry associations. His extensive background brings a grounded understanding of the practical and theoretical in the field of macroeconomics. He has written many articles besides his book “Economic Theory of Relatively” and the website of his nonprofit-think tank, Center for Progressive Economics at www.cpe.us.com. His new book “Creating a Win-Win Economy for the 21st Century” should be available at the AMI conference. Mark has long been active in politics serving on a Presidential and Congressional Campaign Advisory Economic Committees besides running for a Congressional seat in 1996.
      Robert Poteat is one of America’s most knowledgeable, reality based experts on our money system. A long term and meticulous monetary researcher, certainly among the top half dozen in America in awareness of monetary systems. Bob discusses why the American Monetary Act is needed in order to help resolve the greatest crises we now face.
      He writes: “The results of the privatized bank credit system are so well documented by history that to recount them is cubic redundancy. However, politics seems to operate on sound bite redundancy. We must frame our case to win the battle of monetary reform.” Bob is a senior adviser to the American Monetary Institute.
      Jamie Walton worked for two years in Congressman Dennis Kucinich’s office, helping put the N.E.E.D. bill together. He will describe how its various elements work. The three elements of this single reform are: 1) Incorporation of the Federal Reserve into the U.S. Treasury. 2) Ending Fractional Reserve Banking – Changes in accounting rules so that banks no longer create any part of what we use for money. 3) New money needed in a developing society is introduced by government spending money into circulation on things like infrastructure, starting with the $3.6 trillion our engineers (ASCE) tell us is needed by 2020. Also included will be the “human infrastructure” of education and health care. Read  his latest work here.Jamie is an experienced civil engineer, and a senior AMI Researcher.
      Stephen Zarlenga, Director and co-founder of the American Monetary Institute in 1996; author of The Lost Science of Money book; and the Refutation of Menger’s Theory of the Origin of Money; and Greening the Dollar, a free CD of his presentation at the U.S. Green Party’s July 2007 National Convention; plus various articles and speeches; presents the background; objectives; methodology of the AMI and the Conference agenda and goals. An overview of what the AMI has accomplished since its founding in 1996, and our challenges and plans for the future.

      Greg Coleridge presents the primary methodology to avoid wasting crucial time and energy at historically critical points – for example the error of some Greens in supporting states to do fractional reserve banking, at this time when real reform must be the target. Rigorous research and study is the essential first step of any social change agent in understanding the root of any problem and in developing appropriate organizing actions and campaigns. Without “deep discovery” of core causes, appropriate social change cures are impossible.
      Greg is Director of the Northeast Ohio American Friends Service Committee (Quakers). He is on the National Steering Committee of the Move to Amend / Campaign to Legalize Democracy Program on Corporations, Law & Democracy (POCLAD) national collective.
      Howard Switzer is a Tennessee architect working in eco-friendly building methods and builds energy efficient, healthy, homes of earth and straw. He co-founded the ‘Moving the Money to MainStreet Campaign,’ adopted by the GPUS in 2007. That same year he attended the AMI presentation from Stephen Zarlenga at the Greens national meeting in Reading, PA which confirmed his belief that monetary reform is critical to democracy and the funding of the Green Economic Transition. He presented on monetary reform at the 2013 Green Party National Meeting and then at the 9th Annual IMRC. He is a founding member and was co-chair of the Green Party of Tennessee 2002-2003 and served many terms on the Green Party’s National Committee as a delegate from Tennessee. He has run for state office in Tennessee to give the party standing in court to successfully sue the state for unconstitutional ballot access laws, which has been upheld in Federal and Appeals Courts 4 times. Tennessee Greens enjoyed their highest vote count to date this last election cycle!
      He is currently a GP national delegate advocating monetary reform, as per the Green Party platform which includes the key elements of the AMI/NEED Act proposal, to be a central component of the 2016 GPUS POTUS campaign and is calling for Reviving the American Revolution electorally to reclaim our nations’s economic sovereignty for the democratic governance of the United States.
      Steven Walsh is a leading Chicago educator and expert authority on New England Colonial moneys. As a long time (and continuing) Chicago Educator, Walsh played a key/crucial role in the Chicago Teachers Union (30,000 strong) endorsement and support of Kucinich’s N.E.E.D. Act (HR 2990) The National Emergency Employment Defense Act. This endorsement was spearheaded by the Union’s President, Karen Lewis, known nationwide by educators.


      Joseph M. Pijanowski, a leading labor figure in the Chicago area and mid-west, and former Directing Business Representative of the International Association of Machinists and Aerospace Workers – Local 126. He is highly regarded with a unique understanding of our monetary system and its penalty to Workers and our economy.
      Joe writes: “In an era of debt, austerity, and spiraling income inequality, we can no longer ignore the truth that workers, not plutocrats are the most important contributor to our economy. If ultra low interest rates and tax cuts for the rich actually created jobs in our current debt based monetary system, we would be drowning in jobs instead of crushing the middle class with austerity. Real Monetary reform will unleash the wealth creative power of the Middle Class Workers.”
      Under Joe’s Leadership, the International Association of Machinists and Aerospace Workers – Local 126, became one of the key Union supporters and official endorsers of Kucinich’s monetary reform bill, HR2990.
      John Howell (Ph.D. UCLA); teaching and research in physiology for 42 years,(Ohio University); recipient of numerous grants and awards; including the directorship of the Institute for Musculoskeletal Research, and chairing various committees. He currently serves as a teaching assistant in the Department of Classics and World Religions. He is co-founder and coordinator of Democracy Over Corporations, in Athens Ohio and has attended AMI Monetary Reform Conferences in 2012 and 2013, and is now giving presentations on monetary reform at local and regional gatherings. John gives one of the clearest, most inspiring talks on the problem of fractional reserve banking and using debt in place of money, and has established himself as a premier monetary reform presenter.
      Joe Bongiovanni is a second-generation monetary reformer, studying money systems for over 40 years, being the co-founder and co-Director, with J. Peter Young, of the Kettle Pond Institute for Debt-free Money.
      Joe is an important monetary blogger and though always polite, his posts are blocked from some websites such as the Naked Capitalist, and some MMT (Modern Monetary Theory) sites because they cannot answer his points.

      Nick Egnatz is a Vietnam vet, and small businessman. His life as an activist began opposing the imminent invasion of Iraq in 2003. This opposition soon grew to include all U.S. wars, militarism, empire and the war on the poor and working class facilitated by a monetary system designed to send everything straight to the top. The National Association of Social Workers named Nick 2006 Northwest Indiana Citizen of the Year for his anti war activism. At last year’s conference Nick began a discussion on social justice and monetary reform that he would like to continue this year. His pamphlet Linking Social Justice to Monetary Reform is available free at Alpheus.org. Those that would like copies to distribute are invited to contact Nick at OccupyNick@yahoo.com
      Ole Mackeprang, European Financier spoke on “Money Systems & Warfare” at our 2007 Conference and will update us on the practical changes the Euro has brought since its launch. Back then the Euro was proclaimed “dead on arrival.” Next, pundits claimed the U.S. Dollar was the casualty, and now it is the Euro in trouble again! Perhaps it is time to get some firsthand observations. Mackeprang’s book, ”Money is Not Capital” will be available.
      Mackeprang speaks 8 languages, has worked in 62 countries, principally France, Germany, Italy and Spain (Banque Rothschild and Banque de l’Union Parisienne are some companies he has worked with). His fascinating experiences are described in his book. The life experiences it describes are what American kids (20 & 30 year olds) can only dream about in today’s world – and Yes – we shared some of those times working together in old Europe!


      Dr. Edward F. Stuart is Professor of Economics and International/Intercultural Studies at Northeastern Illinois University (NEIU). He instructs classes in Macroeconomic Theory, International Economics, and The Economics of the European Union, European Economic History, and Comparative Economic Systems at Northeastern Illinois University where he has been a member of the Economics Department faculty since 1986. He often presents sensible economic comment on Chicago Public television. This year his talk will focus on the limits of Contemporary Monetary Policy.

      Edgar Wortmann is legal counsel specialized in property law and committed to reform the monetary and banking system. Edgar is an associate of Stichting Ons Geld (Our Money Foundation), which initiated the citizens’ initiative for monetary reform in the Netherlands (Burgerinitiatief Ons Geld), and successfully stirred up public debate about the money system. This resulted in Dutch Parliamentary Hearings, which will continue. Edgar will tell us how he helped make that happen! Previously, Edgar explored new utilities and was involved in the design and process descriptions of decentralized water chains, floating homes and fully self-sufficient residential areas. Edgar was a guest-lecturer Urban Infrastructure at Wageningen University. He will give an update of the developments regarding monetary reform in the Netherlands, and explain the circumstances that enabled our citizens’ initiative, and parliamentarian hearing that evolved from that. “I take a legal approach towards money and this gives interesting discussions; especially for older economists it seems hard to distinguish bank credit (bank deposits) from money. I’ll also discuss what we call in the Netherlands ‘government issued digital chartal money.”
      William Bergman, economist and formerly an official at the Federal Reserve Bank of Chicago, until he became a whistle-blower on Fed practices. At past conferences he gave up to the minute discussions on the banking problem. Presently he is Director of Research at the Truth in Accounting organization and is invited to discuss that organizations objectives and conclusions.



      Also  invited to speak:
      Dr. Michael Clark, of the United Nations, is the man who a few years back sparked the issue of 240 billion new SDRs by the International Monetary Fund, though they had only issued 21 billion of them since its inception in January 1970. A fascinating story in itself. Dr. Clark is one of the most interesting and knowledgeable Americans today. He presently heads the United Nations operations in Italy.
      Mason Gaffney is an American economist and a major critic of Neoclassical economics from a Georgist point of view.[1] He earned his B.A. in 1948 from Reed College in Portland, Oregon. Gaffney first read Henry George’s masterwork Progress and Poverty as a high school junior. After serving in the southwest Pacific during World War II, this interest led him in 1955 to get a Ph.D. in Economics at the University of California, Berkeley.[3] There he addressed his teachers’ skepticism about Georgism with a dissertation entitled “Land Speculation as an Obstacle to Ideal Allocation of Land.” Gaffney has been Professor of Economics at the University of California, Riverside since 1976.

      Schedule of Events:
      Thursday Sept. 29
      9 AM-12PM            Registration (and the prior Wed. evening from 6 PM-8PM)
      1 PM to 6 PM          Presentations
      7 PM                         Conference Reception with punch and hors d’oeuvres
      Friday Sept. 30
      9 AM to 7 PM         Presentations: break for lunch, refreshment breaks
      Saturday Oct. 1
      9 AM to 6 PM         Presentations: break for lunch, refreshment breaks
      7:30 PM                  Dinner party, with keynote presentation
      Sunday Oct. 2
      9 AM to 12 PM       Presentations & discussion
      1:00 PM -5:00 PM: Beach Party Barbecue and Swim

      Oak Street Beach North Ledge

      Register through PayPal
       

      2016 Conference Registration Form:
       Enclosed is my $______ registration donation for the 2016 AMI Monetary Reform Conference, Sept. 29 to Oct. 2, 2016. ($195 per person discount ends March 16th, then rises to $250 until July 18, thereafter it’s the full $350)
      All participants must pre-register – there are no at the door registrations.
      (An 80% refund is available until March 15th, and will afterward be pro-rated downward to a 20% refund after September 1st)
      For excellent pre-conference reading or viewing:
       Please send me The Lost Science of Money book by Stephen Zarlenga. Enclose a check for $68 ($60 plus $8 S&H) [All foreign shipments are an additional $30 per book for postage (total $98)].
       Please send me the VIDEO set of the full 2014 or the 2015 Conferences (circle one), at $160. Postpaid;
      Enclose a check for all items payable to The American Monetary Institute, and mail it to:
      The American Monetary Institute, PO Box 601, Valatie,        NY 12184.
      OR          Bill my credit card (no Amex): _________

      Card#:____________/ ___________/____________/___________expires___________
      Print Name:___________________________  Signature:______________________________
      Address:_____________________________ City/State/Zip:____________________________
      Phone: ______________________      E-mail:_______________________________________
      Friends fortunate to have income and assets – Please don’t begrudge the special discounts for students and teachers.
      ____ I’m a bona-fide student at: _____________________________________. (Enclose a copy of student card etc.)  Please enroll me in the 2016 Conference, at the Student Discount – total $79 for the Conference. Accommodation at the Hostel International, across the street from University Center is available at about $33 per day. (No curfew, age limits, or membership needed)
      ____I am a certified teacher at: _______________________________________. Enroll me in the 2016 conference at the Teacher Discount for 50% off the then current registration price.
      For questions regarding registration  call 1-224-805-2200 or contact us through e-mail:  ami@taconic.net


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      Coupole du palais fédéral avec la devise suisse, un pour tous et tous pour un

      Suisse: la défense des plus faibles.

      La civilisation suisse Valser, la défense des plus faibles.



      Cathédrale de Lausanne,un embryon humain dans la rosace, à protéger. L'inscription "Oculos humeris", les yeux de l'épaule de Sichem, symbole des  Saints Joseph,  les protecteurs des plus faibles... 

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Saint_Joseph


      Saint Materne est vénéré localement dans de nombreux lieux au mois de septembre (le 14, le 20 ou le 25 selon les lieux). Prudence avec les tentatives de mise en doute de la vérité historique prouvée par les faits...

      Saint Materne, le fils de la veuve de Naïm et le dernier message du Pape en Suisse à l’Allmend de Berne pour les JMJ 2005.


      1. Steh auf! Lève-toi! Álzati! Sto se! (Lc 7,14).

      Ces paroles du Seigneur au jeune de Naïm résonnent aujourd’hui avec force dans notre assemblée, et elle s’adresse à vous, chers jeunes, garçons et filles catholiques de Suisse ! ( et du monde... ).


      https://w2.vatican.va/content/john-paul-ii/fr/speeches/2004/june/documents/hf_jp-ii_spe_20040605_bern-youth.html

      Les anciennes traditions, notamment de ma famille, confirmées par de nombreux théologiens dont Saint Pierre Canisius, et les historiens  Orose et Socrate, nous apprennent que Materne était le fils ressuscité par Jésus, de la veuve de Naïm (Luc 7,11-17) dont le texte est exactement celui utilisé par le Pape pour envoyer les Suisses aux JMJ  2005. 


      Ayant précédé Saint Pierre à Rome, celui-ci, ayant appris que toutes les légions romaines avaient disparu dans les forêts du nord des Alpes,l’envoya dans ces régions pour convertir cette grande puissance.
      Il a commencé à Octodure (Martigny) Thun et Lausanne. C’est alors qu’il rencontra ses deux
      disciples Euchère et Valère. Un jour Materne, arrivant en Alsace dans
      l’importante cité romaine de Ehl Vet ou Helvet, épuisé par ses périples,
      s’endormit dans la paix du Seigneur. Ses disciples ne pouvant se
      résoudre à sa disparition prirent le chemin de Rome, allèrent voir
      Pierre dans sa prison, et celui-ci leur donna son bâton pastoral. Ils
      revinrent en Alsace, le déposèrent sur le corps et Materne ressuscita
      une deuxième fois.
      Saint Materne, évêque et disciple de Saint Pierre a évangélisé aussi
      l’Alsace et la vallée du Rhin avant de s’installer à Worms, Trèves et
      meurt à Cologne. Tous trois arpentèrent la Suisse et la vallée du
      Rhin, évangélisant la population et construisant des lieux de cultes.
      Nous connaissons celui de Ehl et aussi celui que nous pouvons encore
      voir de nos jours à Avolsheim prés de Molsheim: c’est le petit
      sanctuaire appelé Dompeter (Domus-Petri ou Maison de Saint Pierre).
      Cette église vénérable est ombragée par un très ancien tilleul sous
      lequel, la tradition veut que l’évêque Materne y ait prêché et ait été
      arrosé par l’eau de la source Sainte Pétronille, portant le nom de la
      fille de Saint Pierre. Cette église a servi pendant tout le Moyen Age
      d’église mère pour toutes les localités environnantes.
      Il est facile de penser que Materne et ses disciples ne sont pas
      partis en Allemagne sans avoir laissé derrière eux un clergé pour
      continuer la mission commencée et l’église d’Avolsheim (ou une autre)
      a peut-être été plus qu’une simple église et peut-être une église
      épiscopale pour le siège apostolique fondé par Materne. Ce qui
      justifierait la construction du baptistère que nous voyons encore à un
      peu moins d’un kilomètre de là.
      Un ancienne tradition veut aussi qu’il ait construit l’actuelle église
      Saint Pierre le Vieux à Strasbourg. On peut bien considérer Materne
      comme l’apôtre et le fondateur du siège épiscopal de
      Lausanne/Aventicum/Helvétie qui couvrait toute la région, notamment le
      Mont Pilate selon Voragine et St Nicolas de Flüe aurait une grande
      importance pour l’Eglise.
      Le royaume burgonde de Worms était
      catholique et ils résistèrent aux Huns d’Attila dans la grande
      bataille des Nibelungen, décrite par un évêque catholique sur 7
      parchemins qui viennent d’être retrouvés. Les Burgondes, les seuls barbares qui ne violent pas les
      femmes, venaient de Bornholm dans la Baltique, puis de Pologne avec leurs vaches  blanches et rousses dites du Siebenthal ( simmental).

      A en croire les témoignages concordant de deux historiens de l’Eglise vivant au Ve s., Orose et Socrate, une partie
      au moins des Burgondes du Rhin étaient catholiques. Ce royaume romano
      germain est attaqué par une coalition romaine, hunnique (Attila) et
      franque. Cette gigantesque bataille, Les Nibelungen, écrite par un
      évêque, fit plus de 20’000 morts. Leur chant était : Christus regnat,
      Christus vincit, Christus imperat, Gloria Patri…Sicut erat… La langue
      des Valsers suisses est la plus proche de la langue des Nibelungen. Le complot
      continue aux champs catalauniques, Huns et Romains liquident par ruse
      le maximum de «  barbares » chrétiens. Idilco, princesse burgonde, tue
      Atle (Attila) pendant la nuit de « noces » forcée.
      Une autre preuve de cette christianisation est celle de St Maurice qui
      avait reçu l’ordre de tuer tous les habitants près de Octodure (
      Martigny) au Nord des Alpes car ils étaient tous déjà chrétiens. Son
      refus et celui de sa légion furent la cause du célèbre martyr. Les
      modèles chrétiens de Zabulon et Nephtali, existent encore près de Sion
      en Suisse, modèles du fédéralisme.


      Les premiers rois chrétiens au Nord des alpes.
      Cette période est une des grandes phases de l’histoire chrétienne. St
      Sigismond, burgonde,  est le premier roi saint chrétien au Nord des
      alpes, est inhumé à St Maurice.
      Les Burgondes régnèrent le long du Rhin ( Worms, Cologne), puis sur les actuelles Suisse, Bourgogne, Dauphiné et Provence.
      Godomar, son frère héritier de la
      couronne, ordonna aux Burgondes de se cacher dans les Alpes à Gessenay
      Gstaad  et donnât la couronne à tous, car tous sont prophètes, prêtres
      et rois dans les rings burgondes, ancêtres des Landsgemeinde et de la
      démocratie directe suisse pour gérer l’Allmend.
      Vu la coalition des forces qui voulaient les détruire, car c’était le premier royaume chrétien, les Burgondes, sur l’ordre de leur roi G odomar se sont réfugiés autour de G essenay, G Sana, Saanen, autour d’une autre église St Maurice, G staad, G steig, à une journée de marche du sanctuaire de St Maurice, qu’ils avaient construits et financés pour l’éternité de la Laus perennis de leur roi St SiG Gismond.
      Le G est important, Grüss Gott, Gemeinde, Germains, Gemut, Grund, Genf,
      Notre tradition dit que nous venons de Japhet, comme les arméniens, prononcé Gaphet, avec le G guttural mixte de Goth.
      Nos adversaires voulaient se moquer de nous en parlant de l’art « gothique » des cathédrales burgondes.
      En 491, Clovis épouse la nièce de deux rois burgondes, Clotilde, dont les parents et les
      frères ont été massacrés par des proches. Elle est chrétienne, elle
      fera tout pour amener son époux à la conversion et à la Foi au Christ.
      N’oublions pas que de nombreux historiens situent le site de la
      Bataille de Tolbiac dans l’actuel Kochersberg au nord-ouest de
      Strasbourg ou près de Cologne, cette bataille, dont il avait promis à
      sa femme burgonde Clotilde qu’il se convertirait au Dieu des Chrétiens
      si celui-ci lui donnait la victoire. La tradition veut que cette
      promesse eût été prononcée au château du Frankenbourg entre Strasbourg
      et Colmar. Ne manquez pas d’aller vous promener au Frankenbourg, il se
      trouve au dessus du village de Neubois. En plus de faire une visite
      historique, vous y ferez un pèlerinage. En effet la Vierge-Marie est
      apparue plusieurs fois au 19 ème siècle sur le sentier et on y trouve
      un beau calvaire, une chapelle et une source
      Les Papes de Lausanne.
      Le duc de Savoie qui avait été élu et couronné pape, sous le nom de
      Félix V par le concile de Bâle qui s’est terminé ä Lausanne, après
      avoir voulu promulguer le dogme de l’Immaculée Conception et pour
      faire la Paix en 1449, déposa la tiare à Lausanne et, conservant le
      titre de cardinal-évêque de Sainte Sabine (protodiacre), vint finir
      ses jours à Ripaille la joie, d’où il administra l’évêché jusqu’à sa mort en
      tant que numéro deux de l’Eglise catholique.
      Le Pape Jules II fût évêque de Lausanne.
      C’est lui qui a stabilisé les gardes suisses au Vatican.
      Le visage du St Suaire
      était brodé sur les aubes des prêtres de Lausanne et la grande rosace
      parle encore des miracles de la résurrection des embryons morts.
      St Materne ressuscitera une troisième fois probablement à la fin des temps, ...
      http://www.de-siebenthal.com/site05.htm
      La grande prière était dite par les armées suisses (Walser-burgondes) la nuit avant les batailles de défense, dès que 3 étoiles étaient visibles dans le ciel, femmes et hommes ensembles au combat. Ils ont sauvé plusieurs fois l’Europe de grandes invasions païennes.

      Chaque unité avait son lecteur éclairé par des torches si nécessaire.



      Tous, sauf les lecteurs et les luminaires, étaient de mémoire debout pour les textes, à genoux pour les deux Notre Père et Ave Maria, couchés face aux étoiles aux 3 Notre-Père des parties impaires et couché face à terre pour la 2ème partie, celle du Christ en croix, et tous debout aux autres prières.
      Chaque fois qu’il y a 5 prières, on chante I E O U A avec les 3 noms des 3 personnes la Trinité qui ont donné le chant du LIOBA ( IOA, I E sh O U A, Alleluia, Abba)  qui était chanté en final pour accepter la mort et obtenir le ciel, avec le Christus Vincit en latin tous en choeur à trois voix et cinq tonalités circulaires et répétitives I E O U A, la gorge qui s’ouvre cinq fois pour donner en insistant sur les 3 voyelles I O A en plus soit le 8 de l’infini au total. Le nom de Dieu n’est que les 5 voyelles avec le L de L’ alleluia du St Esprit qui souffle comme il veut et donne la première vraie consomme. Le Shin de l’humanité au milieu de IEshOUA est à la fois voyelle et consonne...Ste Anne et
      St I E O U A Kim ( Joachim) étaient priés en secret pour accepter les blessures.( voici la raison des nombreux hôpitaux St Anne dans les alpes).
      Chaque fois qu’il y a sept prières, on demande les sept dons du St Esprit.
      Au nom Longine, le commandant embrasse la lance de Bourgogne, qui contient un clou de la croix et qui est le prototype de la lance du Légionnaire originaire la Gaule qui s’est converti en voyant le Christ mourir sur la Croix.
      ( cette lance est à Vienne, une copie est à Cracovie)

      Il fallait au moins huit personnes en rond pour donner le ton à l’armée rangée en ordre de bataille dans la nuit, voix masculines ET féminines mélangées.

      Les Burgondes étaient connus pour ne jamais violer les femmes, même à la guerre, ce qui est miraculeux...



      L’héritage de St SigisMund

      Tous les chrétiens ont reçu de par l’onction du baptême, complété par la chrismation ou confirmation, le sacerdoce baptismal qui les fait « prêtres, prophètes et rois ». En outre le sacrement de l’ordre donne à certains de ses membres un sacerdoce ministériel. Ces deux sacerdoces sont différents et complémentaires.
      « Alors que le sacerdoce commun des fidèles se réalise dans le déploiement de la grâce baptismale, vie de foi, d’espérance et de charité, vie selon l’Esprit, le sacerdoce ministériel est au service du sacerdoce commun, il est relatif au déploiement de la grâce baptismale de tous les chrétiens ». (Instruction sur quelques questions concernant la collaboration des fidèles laïcs au ministère des prêtres, Libreria editrice vaticana, cité du Vatican 1997) .

      Tous sont égaux en démocratie directe



      ahabà (amour agape dans la première alliance) a a  a, 3 voyelles a plus h et b,

      a, gorge grande ouverte, symbole divin, A, alpha, allah....

      b, symbole du papa

      aba ( papinou),

      H, inspiration, expiration, vie, lettre donnée à Abraham et à Sarah...

      abram, abra h am, sara, ...

      Que ton Nom soit sanctifié, pour le sanctifier, il faut le chanter...
      nous savons maintenant que son nom est compris dans le L io b a suisse, qui est en fait la prière de l’aube à Dieu, IOA, qui a donné l’aube, LIOBA, est ce fameux chant attirait les vaches vers le père de famille chaque matin.

      I E O U A,
      que des voyelles de la bouche qui s’ouvre toujours plus en un souffle et qu’un nouveau né peut dire.
      soit articulé en manière trinitaire

      I O A

      le Père,

      I E sh O U A   le Fils, avec sh, le shin qui signifie l’humanité en Dieu et

      A ll E U I A le St Esprit, avec 2 L, car il souffle comme il veut

      Malachie, fin de la première alliance, finit en disant:
      Il ramènera le coeur des pères à leurs enfants, Et le coeur des
      enfants à leurs pères, De peur que je ne vienne frapper le pays
      d‘interdit.
      et la nouvelle alliance commence par une généalogie de pères et de fils...
      Le monde moderne fait exactement le contraire, il tue les lignées, les mariages, l’amour...
      Choisi la Vie, ou la mort...
      De peur que je ne vienne frapper le pays d‘interdit


      Et le nouveau Testament commence justement par le récit d’une lignée...

      I E shO U A, (Matthieu 24.36)
      I E O U A Shalaom….
      I E shO U A Shalaom
      A ll E l UIA Shalaom
      I O A


      SI QUA FATA SINANT ( devise de la Cathédrale de Lausanne, dédiée à sauver les embryons, oculos humeris, dans le vitrail de la rose, à 3 heures...)
      Cette simplicité, c’est l’Abbé Bovet lui même qui en parle le mieux lorsqu’il évoque sa Suisse natale : « Mon Pays que j’ai servi à ma manière, de tout mon coeur, en le célébrant par mes chansons. Mon Pays que je continue à chanter jusqu’au dernier souffle de ma vie. Car il est vrai de dire que ce peuple, je l’ai aimé et je l’aime profondément. Mon but, en écrivant des chansons pour lui, a été de lui donner de la joie, de l’aider dans son labeur de tous les jours, de faire luire à ses yeux sans qu’elle s’éteigne, la flamme généreuse de l’espérance, du courage, de l’optimisme. C’est cela que j’ai voulu. J’y ai mis tous mes efforts et toute ma foi. J’y ai mis une sincérité rigoureuse. Ai-je réussi ma tâche ? Il est encore trop tôt pour le dire. En tout cas, mes chansons, je ne les ai pas écrites comme un simple compositeur, mais comme un prêtre aussi, et ce fut là mon ministère et mon apostolat. »

      Le compositeur des alpages ne devrait pas éclipser le compositeur de Musique Sacrée, mais son succès en a décidé autrement. On se fera une opinion avec « Nouthra Dona di Maortse » (Notre-Dame des Marches, lieu de pélerinage suisse), pièce toute empreinte de piété populaire, mais ô combien priante. L’Abbé Bovet y révèle un phrasé à la fois coulant, dynamique, et plein de dévotion [La Procure peut vous fournir une version bilingue de cette pièce].

      Nouthra Dona di Maortse
      vivement recommandé de l’écouter...


      NOUTHRA DONA DI MAORTSE – Joseph Bovet (1879 - 1951)

      Nouthra Dona di Maortse! Nouthra Dona di Maortse!

      Nous avons raison de compter sur vous,
      pour nous appuyer dans les mauvais moments.
      Près de votre fils vous faut prier pour nous,
      puis nous tous garder dans le bon chemin.


      Nouthra Dona di Maortse! Nouthra Dona di Maortse!

      Il a beaucoup passé dans votre petite chapelle,
      des gens qui y ont prié, de ceux qui y ont pleuré.
      Sur votre belle hauteur, ils ne vous laissent pas seule,
      ceux qui ont des soucis ils viennent vous appeler.


      Nouthra Dona di Maortse! Nouthra Dona di Maortse!

      Venez nous aider nous avons très besoin,
      pour faire toujours bien comme il faut ce qu’il faut.
      Il nous semble quelquefois que le ciel est tellement haut,
      que nous pourrons jamais grimper jusque làhaut.

      Nouthra Dona di Maortse! Nouthra Dona di Maortse!

      Quand il faudra mourir c’est vous qui faut nous prendre,
      nous vous avons tant dit qu’il faut pas nous oublier.
      D’ici pas trop longtemps laissez nous attendre,
      devant le paradis sans y nous faire entrer.


      Nouthra Dona di Maortse! Nouthra Dona di Maortse!

      Nous avons raison de compter sur vous,
      pour nous appuyer dans les mauvais moments.
      Près de votre fils vous faut prier pour nous,
      puis nous tous garder dans le bon chemin.

      Nouthra Dona di Maortse! Nouthra Dona di Maortse!



      RéSUMé DE L’ HISTOIRE DE LA FAMILLE DE SIEBENTHAL
      Le premier connu des de Siebenthal selon le dictionnaire historique des familles suisses, on le nommait Rudolph von Siebenthal en 1166. Le nom vient très certainement de Saanen et Gstaad, lieu de confluence de 7 vallées et du « Sibithal » (cf vieilles cartes et vocabulaire à Thun). Encore aujourd’hui on l’appele Sibithal (toujours dit à Thun). Le Siebenthal est le lieu d’origine de tous les Valser ou Walser libres . On verra plus bas l’importance de ce peuple-nation pour l’Europe.
      Comme c’était la coutume au Moyen-Âge, ces chevaliers libres du Siebenthal allaient faire des incursions par le Col du Pillon dans le Sud pour aller chercher les marchandises qui leur manquaient dans les montagnes surtout le sel, indispensable pour lutter contre des maladies, par exemple le goitre, pour les provisions d’hiver et le fromage. Sans ça ils vivaient de la chasse d’après les histoires de la région. On sait même qu’ils allaient faire des voyages jusque dans le Piémont par le Grand St Bernard, mais les lieux les plus fréquentés étaient la vallée du Rhône et la partie supérieure du lac Léman, surtout St Maurice, leur lieu de sépultures.
      Dans l’Ober-Simmenthal, leur lieu d’habitation, ils vivaient du commerce et de l’élevage (chèvres, chevaux, moutons). La race bovine du Simmenthal apportée par les Burgondes existait déjà, mais ils commençaient déjà à la sélectionner. Ces chevaliers libres étaient paysans, vivaient dans des chalets avec leur bétail, les autres construisaient des tours et des petites fortifications (pour leur protection). De cette manière, il arriva que le chevalier Rudolph von Siebenthal resta dans le pays du Gessenay (en ce temps là, une partie du pays de Gruyère) vint s’établir dans ces lieux et dans la vallée du Sibithal, on lui en donna son nom. Plus tard, alors que le comte de Gruyère avait d’énormes dettes, les bernois « achetèrent » la contrée du Gessenay. C’est à partir DU « TURMBUCH » du Château de IOA nel ( du Vanel), transféré à G sana ( Gessenay, alias Saanen) que nous possédons des sources sûres sur la généalogie des familles du lieu.
      Les von Siebenthal ont toujours voulu améliorer ce qu’ils faisaient, notamment leur cheptel. Les vaches, chèvres, poules, chevaux, mulets de Saanen, Gessenay, Gstaad sont connus dans toutes les Alpes. Ce travail, qui a duré des siècles, a donné des animaux domestiques parfaitement adaptés à leur milieu et l’économie Valser était autarcique, sauf pour le sel. La doctoresse Kousmine cite leur alimentation comme un exemple à suivre pour guérir des maladies de la civilisation.
      D’après le Turmbuch, un des de Siebenthal avait commandé une compagnie à la bataille de Grandson de 1476. Benedickt von Siebenthal (1663), élu en 1713 comme Sekelmeister (boursier de l’état), n’est resté que peu de temps. Au 1714 déjà Landesfenner (porte drapeau et chef de section de la contrée, i.e. responsable militaire), avec droit de justice. Son fils, Johan von Siebenthal, né le 18 juin 1694, fut de nouveau élu caissier en 1714 jusqu’en 1734.
      Le Landesfenner (porte drapeau) était très honoré car il portait le drapeau donné par le Pape en raison de la vaillance de leurs combats en faveur de l’Eglise, notamment par Jules II.
      Ce drapeau a été saisi par les bernois et se trouve encore comme « trophée » au musée historique de Berne...
      Le fils de ce Johan, à nouveau Johan surnommé « Kastlan » (le châtelain) car il vivait dans une maison fortifiée, a été élu secrétaire du district (Bezugschreiber) en 1747 jusqu’en 1753. Plus tard, il devient Bailli (Prefekt). Son descendant fut de nouveau un Johan, né en 1752, décédé le 25 mai 1826. Son fils ainé, né 1792, s’établit dans le Turbach. Le chalet qu’il a construit de 1830 à 1832 existe toujours et est la propriété de Mademoiselle Bühler. Il s’appelait Balthazar Gottlieb von Siebenthal, arrière arrière grand-père de Jean-Luc, Bruno, Hugues, François et Marie-Luce, et avait 16 enfants.
      Son fils, Jean de Siebenthal, né en 1832 est décédé en 1916 à Grandchamp (Chillon). C’est dans ce Grandchamp qu’il avait acheté vers 1855 le vieux moulin du Château de Chillon et il s’en servait pour la farine (cf tableau dans l’hôtel du Byron à Chillon).
      Ce Jean de Siebenthal s’est marié deux fois. Sa première femme était une Brandt de La Lenk. Elle reçut une fillette qui mourut en bas âge. La maman en a tellement souffert qu’elle en mourait en 1876.
      Notre arrière-grand-mère fut Esther de Siebenthal qui était venue du Bissenstalden (Gessenay) pour la soigner. Son père était un von Grünigen et c’était un Pfifferjôkerli (cf Col de chaude). Le frère ainé d’Esther, Johan von Grünigen, étudia la théologie à Richama (Basel) et partit vers 1880 pour l’Amérique où il devint pasteur de la région de Salt City, près de Madison. Il y fut enseveli. La fille aînée de ce pasteur est décédée le 12 décembre 1976 à l’âge de 103 ans. Elle s’est endormie le jour de son anniversaire alors que les soeurs de la maison de repos, où elle habitait, lui lisait les lettres et télégrammes de félicitations.
      La femme de Jean vers 1878, lui enfanta cinq fils et une fille: Walter, Daniel, Emmanuel ,(notre grand-père), Elisabeth (décédée en 1917, Mme Zumbrunnen), Benjamin, Clément.
      Walter fut mécanicien et Daniel agriculteur, tandis que Benjamin s’occupait de la scierie. Emmanuel faisait des malles et des caisses de voyage et de voiture. Clément a fait les premiers stores en rouleaux. C’est aussi Clément qui a inventé un hélicoptère et a reçu une médaille d’inventeur à Bruxelles. Ce sont tous ces frères qui construisaient des avions et hydravions utilisés par l’armée suisse pendant la première guerre mondiale. (cf livre écrit par M. Cornaz). Emmanuel épousa Rosa née Seiter, mère de William, Clarice, Jean et Michel. William (1912-1999) fut maître de menuiserie, Clarice (1914...) institutrice et peintre, Jean (1917-2006) mathématicien.
      La civilisation Valser
      Des familles burgondes recherchant l’indépendance et la liberté sont montées dans la montagne, dans ce qui s’appelle maintenant le ‘Simmenthal, jadis le Siebenthal, la vallée (thal) des sept (sources) Brunnen. Sieben Brunnen est au-dessus de Saanen (en allemand), Gessenay (en français), Gstaad (en anglais). Ces trois lieux ne sont qu’une seule commune.
      La principale originalité des Valser est juridique. (« est le dernier garçon qui hérite du domaine .familial, mais à condition de s’occuper de ses, parents (père, mère, et les frères, et soeurs en cas de nécessité). Celle coutume donne des fruits bénéfiques:
      1.    Le petit dernier, assurance vie et maladie de toute la famille est écouté et respecté.
      2.    Dès son jeune âge, sa voix compte au chapitre.
      3.    Ce chapitre, Landsgemeinde, sert aussi à la gestion de l’allmend (ce qui appartient à tous).
      4.    Les aînés doivent partir avec une partie du cheptel dans la vallée voisine. Les Valser ont ainsi colonisé toutes les hautes Alpes (Suisse, France, Italie, Allemagne, Liechtenstein, Autriche et même Yougoslavie). Un film du Club alpin suisse retrace une partie de celle histoire.
      C’est la victoire des petits contre les puissants, à l’image de la plupart des chroniques bibliques.
      Leur place forte se nommait Vanel, en fait IOAnel, en l’honneur de Dieu et du nel, celui qui gagne après le bourg au Joass.
      Le jass ( ioass, i o a ss ) est un jeu des valsers.
      Leurs jeux sont pleins de philosophie subtile, jass, hâte-toi lentement...
      Le jass donne la priorité au bourg ( Buur, Bauer, paysan, Burgonde, cf la rue de Bourg à Lausanne, la rue des Burgondes), puis au neuf, nell, avant l’empereur, le roi et la reine, à l’initiative de Godomar, Patrice d’occident, qui s’est caché dans les montagnes et qui a basé le pouvoir sur l’allmend (toutes les personnes sont prêtres, prophètes et rois).
      Tous les Valsers (Walser) viennent du Siebenthal, (maintenant Ober und Nieder Simmental), vallées placées sous le chiffre sept, sept sources, sept villages..., vallées des routes de refuge des Rings burgondes. Les Valsers sont les héritiers des Nibelungen du Royaume de Worms et leur langue reste proche malgré les siècles. Les vraies Nibelungen, écrites par un évêque, racontent les batailles des Burgondes contre notamment Attila et ses Huns, ami d’enfance d’Aetius le comploteur. Les romains voulaient se venger des légions perdues à 100 % lors de la bataille du Toten Burg, Attila sera finalement tué par une princesse Burgonde, Idilco et Aetius par l’empereur lui-même, après la boucherie des champs catalauniques, gigantesque champ de bataille de plus de 100km de rayon où la fourberie des deux amis fera s’exterminer les « barbares chrétiens burgondes » contre les « autres barbares », les Huns n’étant à dessein que rarement face aux Romains.
      Vu la coalition des forces qui voulaient les détruire, car c’était le premier royaume chrétien, les Burgondes, sur l’ordre de leur roi G odomar se sont réfugiés autour de G essenay, G Sana, Saanen, autour d’une autre église St Maurice, G staad, G steig, à une journée de marche du sanctuaire de St Maurice, qu’ils avaient construits et financés pour l’éternité de la Laus perennis de leur roi St SiG Gismond.
      Le G est important, Grüss Gott, Gemeinde, Germains, Gemut, Grund, Genf,
      Puis ils se sont répandus au fil des migrations Valsers dans toutes les Alpes, au-dessus de 1’000 mètres.
      http://www.de-siebenthal.com/site03.htm
      www.wir-walser.ch
      www.wir.ch
      La Suisse des Valsers, des montagnes, des campagnes, malgré des pressions historiques, résiste selon les valeurs ancestrales qui ont fait une Suisse libre et neutre.
      Ces valeurs sont le respect des minorités, des différences, la tolérance des autres idées, religions, langues...
      Chez les Valsers, contrairement à tout le reste du monde, c’est le cadet, le petit dernier qui hérite du domaine des parents (un peu comme dans toutes les histoires bibliques, David, Jacob...), avec la responsabilité de s’occuper de leur vieillesse et des frères et sœurs qui auraient des revers (Assurance gratuite AVS, risque et maladie).
      Leurs habitations sont réparties sur le territoire, les parents ont un petit chalet près du dernier fils. Les domaines sont souvent communs ( allmend) et les décisions sont prises depuis des siècles démocratiquement, sans droit de veto, à main levée.
      Leur doctrine pratique se résume en fédéralisme, subsidiarité, corps intermédiaires, communes, cantons, confédération, fiscalité proche des citoyens.
      Hofer le tyrolien a défendu ces valeurs même contre les troupes napoléoniennes.
      La démocratie directe unique en Suisse (initiative constitutionnelle, référendum) vient de leur histoire.
      L’art musical (yodle, tyroliennes, la valse...) et pictural est joyeux.
      Les fêtes sont importantes, lors des mariages par exemple, toutes les familles se rassemblaient et, pendant une fête qui durait plusieurs jours, le chalet des mariés était construit et offert gratuitement au jeune couple. Les hommes portent le capet, sorte de Kipa.
      Quand un enfant arrive, on dresse une grande pique ornée de son prénom pour en informer toute la vallée. Cette grande pique a servi de modèle pour faire les hallebardes pour la défense des familles.
      Les Valsers ont perfectionné la technique de la montagne dans toute l’Europe. Il ont colonisé, depuis leur vallée d’origine, le Siebenthal ( Gstaad, Saanen, Gessenay) la Suisse, l’Allemagne ( Bavière), l’Autriche, la France, l’Italie, le Liechtenstein et même des vallées yougoslaves ( Sbrinz).
      Ils sont les spécialistes de la construction des bisses, des routes de montagne, des ponts ( le pont du diable au Gothard, du Sanetsch....).
      Un des noms de famille est par exemple von Flüe en allemand, de La Pierre en Français, de la Pierraz en italien.... les von Flüe étaient des Ponti, faiseurs de ponts...
      Le modèle humain Valser est St Nicolas de Flüe, père de dix enfants et ermite qui a jeûné pendant 20 ans. Il aimait beaucoup St Maurice et la Vierge d’
      Einsiedeln. http://www.kloster-einsiedeln.ch/
      Les conseils du Saint  à Stans ont sauvé le pays d’une guerre civile et gardé la Suisse en paix depuis des siècles. Voici le secret de la réussite suisse qui se trouve sur
      http://www.finality.ch/texte_n._de_fue.htm
      www.bruderklaus.ch    Eine biographische Web-Site in Deutsch und Englisch, die reiches Quellenmaterial enthält.
      www.bruderklaus.com   Eine biographische Web-Site

      www.stiftungbruderklaus.ch

      Saint Materne et l'introduction du christianisme en Alsace


      Origine légendaire de la christianisation de l’Alsace

      Une ancienne tradition défendue par certains théologiens dont Saint Pierre-Canisius, affirme que Materne était le fils ressuscité par Jésus, de la veuve de Naïm (Luc 7,11-17).

      Ayant suivi Saint Pierre dans sa mission d’évangélisation, celui-ci l'envoya porter la bonne parole dans les régions du nord. Ce dernier s'exécuta et choisit, pour l'accompagner, deux disciples: Valère et Euchaire. Arrivé en Alsace à Ehl (Ellelum), une petite ville de garnison romaine, Materne, voyant partout des autels païens rentre dans un colère effroyable. Il renverse une colonne romaine et se lance dans la construction d'une église. Puis il se rend à Strasbourg (Argentoratum). Là, confronté à une population insensible à la "Divine Parole" le pauvre Materne doit quitter la ville et il décide de retourner à Ehl. Son dépit est tel qu'il y meure quelques jours à peine après son arrivée.

      Catastrophés, Valère et Euchaire se précipitent à Rome auprès de Saint-Pierre et lui content le drame. "Qu'à cela ne tienne, prenez mon bâton, repartez à Ehl et vous verrez !". Muni du bâton de Saint-Pierre, les deux hommes repartent en Alsace, perplexes. De retour à Ehl, une surprise les attend. Devant eux, droit comme la Croix, Materne est là qui les attend, à nouveau prêt pour sa mission d’évangélisation. Il avait été ressuscité par le seigneur après avoir reposé pendant 40 jours dans son tombeau. Après ce miracle, les païens se convertirent en grand nombre. A Strasbourg, Materne parvient finalement à fonder la première église catholique de la ville qui, d'après la légende, serait l'actuelle église Saint-Pierre-le-vieux.

      Tous trois arpentèrent l'Alsace, évangélisant la population et construisant des lieux de cultes. Nous connaissons celui d’Ellelum ainsi qu’un petit sanctuaire près d’Avolsheim appelé le Dompeter (Domus-Petri ou Maison de Saint Pierre). Cette église vénérable est ombragée par un très ancien tilleul sous lequel, la tradition veut que l'évêque Materne y ait prêché et ait été arrosé par l'eau de la source Sainte Pétronille, portant le nom de la fille de Saint Pierre. Cette église a servi pendant tout le Moyen Age d'église-mère pour toutes les localités environnantes. Certains voient dans le baptistère situé à un peu moins d'un kilomètre de là, un indice que le Dompeter était peut-être une église épiscopale pour le siège apostolique qu’aurait fondé Materne en Alsace.

      Après avoir évangélisé l’Alsace les trois disciples se rendirent à Trèves où les païen se convertirent en si grand nombre qu’ils fondirent le premier évêché de la ville dont Euchère fut le premier évêque. Sous sa direction s’accomplirent de nombreux miracles. Après 25 ans, un ange lui apparut et lui révéla qu’il allait mourir bientôt. Il lui désigna alors Valère comme successeur. Celui dirigea l’évêché pendant 15 ans avant que Materne lui succède à son tour. Entre temps Materne avait fondé les évêchés de Cologne et de Tongres et au total il fut évêque pendant 40 ans. La tradition veut que le bâton de Saint-Pierre qui avait ressuscité Materne, fut conservé à Cologne jusqu’au Xe siècle, lorsque sa partie supérieure fut déposée à Trèves et emmené ultérieurement à Prague par l’empereur Charles IV(1355-1378).

      Vestiges historiques et archéologiques

      Il est généralement admis par les historiens que le nord de la Gaule fut évangélisé dans la seconde moitié du IIIe siècle par l’importante voie romaine allant de Lyon la capitale des Gaules à Trèves en passant par Metz. Ainsi Saint-Clément aurait été le premier évêque de Metz vers 270, et c’est probablement vers la même période que les premiers missionnaires chrétiens arrivèrent à Trèves. Ainsi il est peut vraisemblable que l’évêché de Trèves soit antérieur à la fin du IIIe siècle. Il est possible que Euchère et Valère en furent les premiers évêques mais il n’existe aucune preuve historique en ce sens.

      A côté de ce courant principal, l’Alsace représentait clairement un détour, une province frontière militaire touchée tardivement par les nouvelles idées venues du sud. Les premiers évangélisateurs prêchaient en général dans les grands centres urbains, et s’il est possible qu’une influence chrétienne exista à Strasbourg dès la fin du IIIe siècle (Le saccage du sanctuaire mithriaque de Koenigshoffen dans la seconde moitié du IIIe siècle a été attribué aux jeunes communautés chrétiennes ; le relief et les sculptures ont été brisées en menus morceaux et le sanctuaire rendu définitivement impur par l’inhumation d’un cadavre dans le périmètre sacré), les historiens s’accordent en général pour considérer que la pénétration de la Christianisation en Alsace ne débuta vraiment qu’à partir du début du IVe siècle.

      Cette période est marquée par un événement important, à savoir la conversion au christianisme de l’empereur romain Constantin en 325 qui accéléra fort probablement la propagation des idées chrétiennes. Ainsi a été découvert récemment à Ehl une statue de Mercure indigène décapitée et accompagnée de plusieurs monnaies constantiniennes (Constantin fut empereur de 306 à 337). Ce témoignage de destruction des idoles au début du IVe siècle coïncide étrangement avec la légende qui fait d’Ehl le lieu où se réfugia Saint-Materne après avoir été chassé de Strasbourg par les païens.

      Il se trouve justement que le nom de Materne soit historiquement associé au règne de Constantin. Dans son histoire ecclésiastique, Eusébius nous dit que :"Materne, le savant évêque de Cologne, prit une part active au concile de Rome en 313 et à celui d'Arles l'année suivante" (Eusebius hist. eccl. X, 5, 18f. GCS 9, 2, 887f). Le concile de 313 fut convoqué par l’Empereur Constantin en rapport à l’hérésie donatiste. Le pape Miltiade, l’évêque d’Arles et celui d’Autun assistèrent également à ce tribunal où Constantin fit du christianisme la seule religion de l’empire. On dit de Materne qu’il avait la confiance de l'empereur Constantin et peut-être que ce dernier l’aurait envoyé diriger les églises de Germanie. Ainsi Materne est présumé avoir été aussi l’évêque de Trèves et de Tongres. Saint-Materne serait mort à Trèves vers 325-328 et au plus tard en 344.

      En ce qui concerne l’origine du christianisme à Strasbourg, les archéologues pensent que Saint-Pierre-le-Vieux n’est pas la plus ancienne église de Strasbourg car Sainte-Marguerite et Saint-Thomas seraient en effet de construction plus ancienne. Saint-Pierre-le-Vieux ne peut donc être l’église originelle fondée par Materne. Par contre il existe sous l’église Saint-Pierre le Jeune une crypte, considérée par une autre tradition comme la plus ancienne église de Strasbourg. Il s’agit en fait d’un caveau funéraire romain du IIIe siècle voisin de la route. Il est possible que cette hypogée ait servi d’asile aux Chrétiens pourchassés lors des persécutions du IVe siècle. On a également trouvé dans le cimetière romain de Koenigshoffen un verre chrétien du IVe siècle en cristal gravé portant la représentation du sacrifice d’Abraham et de Moïse faisant jaillir la source du désert.

      ________________
      Sources:
      Divers sites internet dont:
      Frère Raphaël Steck - Mission gallicane en Alsace
      http://www.gallican.org/alsace.htm



      DE EN ES FR IT PT ]


      VOYAGE APOSTOLIQUE À BERN (SUISSE)
      5 - 6  JUIN 2004
      RENCONTRE AVEC LES JEUNES CATHOLIQUES
      SALUT DE JEAN-PAUL II 
      Patinoire de "BEA Bern Expo"
      Samedi 5 juin 2004

        
           
      1. Steh auf! Lève-toi! Álzati! Sto se! (Lc 7,14).
      Ces paroles du Seigneur au jeune de Naïm résonnent aujourd’hui avec force dans notre assemblée, et elle s’adresse à vous, chers jeunes, garçons et filles catholiques de Suisse !
      Le Pape est venu de Rome pour écouter avec vous cette parole sortie de la bouche de Jésus, et pour s’en faire l’écho. Je vous salue tous affectueusement et je vous remercie de votre accueil chaleureux. Je salue aussi vos Évêques, les Prêtres, les Religieux et les Animateurs qui vous accompagnent sur votre chemin.
      Je tiens à adresser mes salutations déférentes à Monsieur le Président de la Confédération helvétique; au Pasteur Samuel Lutz, Président du Conseil synodal des Églises Réformées de Berne-Jura-Soleure, ainsi qu’à vos amis d’autres Confessions qui ont voulu participer à cet événement.
      2. L’Évangile de Luc nous parle d’une rencontre: d’un côté, le cortège triste qui accompagne au cimetière le jeune fils d’une veuve; de l’autre le groupe enthousiaste des disciples qui suivent Jésus et qui l’écoutent. Aujourd’hui encore, chers Jeunes, il peut vous arriver, à vous aussi, de vous retrouver parfois à l’intérieur de ce cortège triste, qui fait route vers le village de Naïm. C’est ce qui arrive si vous vous laissez aller au désespoir, si les mirages de la société de consommation vous séduisent et vous détournent de la vraie joie et que vous vous laissez absorber par des plaisirs passagers; si l’indifférence et la superficialité vous entourent; si, face au mal et à la souffrance, vous doutez de la présence de Dieu et de son amour pour chaque personne; si vous vous laissez aller à rechercher dans la dérive d’une affectivité désordonnée la satisfaction d’une soif intérieure d’amour vrai et pur.
      C’est bien en ces moments précis que le Christ s’approche de chacun d’entre vous et qu’il vous adresse, comme au jeune homme de Naïm, la parole qui bouscule et qui réveille: «Lève-toi!». «Accueille l’invitation qui te remet debout!».
      Il ne s’agit pas de simples paroles: c’est Jésus lui-même qui se tient devant vous, lui le Verbe de Dieu fait chair. Il est «la vraie Lumière qui éclaire tout homme» (Jn 1,9), la vérité qui nous rend libres (cf. Jn 14,6), la vie que le Père nous donne en abondance (cf. Jn 10,10). Le christianisme n’est pas un simple livre de culture ou bien une idéologie, ni seulement un système de valeurs ou de principes, si élevés soient-ils. Le christianisme est une personne, une présence, un visage: c’est Jésus, qui donne sens et plénitude à la vie de l’homme.
      3. Je vous le dis donc à vous, chers jeunes: N’ayez pas peur de rencontrer Jésus: avec attention et disponibilité, cherchez-le dans la lecture attentive de la Sainte Écriture et dans la prière personnelle et communautaire; cherchez-le dans une participation active à l’Eucharistie; cherchez-le en rencontrant un prêtre pour recevoir le sacrement de la Réconciliation; cherchez-le dans l’Église, qui se manifeste à vous dans les groupes paroissiaux, dans les mouvements et dans les associations; cherchez-le dans le visage de vos frères qui souffrent, qui sont dans le besoin, qui sont étrangers.
      Une telle recherche caractérise l’existence de nombreux jeunes de votre âge qui sont en marche vers la Journée mondiale de la Jeunesse, qui sera célébrée à Cologne au cours de l’été prochain. Dès à présent, je vous invite cordialement, vous aussi, à ce grand rendez-vous de foi et de témoignage.
      Comme vous, moi aussi j’ai eu vingt ans. J’aimais faire du sport, du ski, du théâtre. J’étudiais et je travaillais. J’avais des désirs et des préoccupations. Au cours de ses années désormais lointaines, au temps où ma terre natale était dévastée par la guerre et ensuite par le régime totalitaire, je cherchais le sens que je voulais donner à ma vie. Je l’ai trouvé en suivant le Seigneur Jésus.
      4. Le temps de la jeunesse est la période durant laquelle toi aussi, cher garçon, chère fille, tu te demandes que faire de ta vie, comment contribuer à rendre le monde un peu meilleur, comment promouvoir la justice et construire la paix.
      Voici la seconde invitation que je te lance : «Écoute!». Ne te lasse jamais de t’entraîner à la discipline difficile de l’écoute. Écoute la voix du Seigneur qui te parle à travers les événements de la vie quotidienne, à travers les joies et les souffrances qui l’accompagnent, à travers les personnes qui te sont proches, à travers la voix de la conscience assoiffée de vérité, de bonheur, de bonté et de beauté.
      Si tu sais ouvrir ton cœur et ton esprit en étant disponible, tu découvriras «ta vocation», le projet que Dieu, dans son amour, a depuis toujours sur toi.
      5. Ainsi tu pourras fonder une famille, édifiée sur le mariage, ce pacte d’amour entre un homme et une femme qui s’engagent à une communion de vie stable et fidèle. Tu pourras, par ton témoignage personnel, affirmer que, bien qu’il y ait des difficultés et des obstacles, il est possible de vivre en plénitude le mariage chrétien comme une expérience pleine de sens et comme une «bonne nouvelle» pour toutes les familles.
      Tu pourras être, si tel est l’appel qui t’est adressé, prêtre, religieux ou religieuse, donnant ta vie au Christ et à l’Église avec un cœur sans partage, et devenant ainsi un signe de la présence amoureuse de Dieu dans le monde d’aujourd’hui. Tu pourras être, comme tant d’autres l’ont été avant toi, un apôtre intrépide et infatigable, vigilant dans la prière, heureux et accueillant dans le service de la communauté.
      Oui, toi aussi tu pourrais être l’un d’entre eux! Je sais bien que, face à une telle proposition, tu peux te sentir hésitant. La générosité de Dieu n’a pas de limites! Après quelques soixante années de sacerdoce, je suis heureux de vous apporter mon témoignage: il est beau de pouvoir se dépenser jusqu’au bout pour la cause du Règne de Dieu!
      6. J’ai encore un troisième appel à lancer: jeune de Suisse, «mets-toi en route!». Ne te contente pas de discuter; pour faire le bien, n’attends pas les occasions qui peut-être ne se présenteront jamais. Le temps de l’action est venu!
      Au début de ce troisième millénaire, vous tous, les jeunes, vous êtes appelés à proclamer le message de l’Évangile par le témoignage de votre vie. L’Église a besoin de vos énergies, de votre enthousiasme, de vos idéaux de jeunes, pour faire en sorte que l’Évangile pénètre le tissu de la société et fasse naître une civilisation de justice authentique et d’amour sans discrimination. Aujourd’hui plus que jamais, dans un monde qui est souvent sans lumière et qui n’a pas le courage des nobles idéaux, ce n’est pas le moment de rougir de l’Évangile (cf. Rm 1,16). Il est plutôt venu le temps de le proclamer sur les toits (cf. Mt 10,27).
      Le Pape, vos Évêques, la communauté chrétienne tout entière comptent sur votre engagement, sur votre générosité, et ils vous accompagnent avec confiance et espérance: jeunes de Suisse, mettez-vous en route! Le Seigneur fait route avec vous (cf.1 S 17,37).
      Prenez dans vos mains la Croix du Christ; ayez sur les lèvres les paroles de la Vie; ayez dans le cœur la grâce salvifique du Seigneur ressuscité!
      Steh auf! Lève-toi! Álzati! Sto se! C’est le Christ qui vous parle. Écoutez-le.


      © Copyright - Libreria Editrice Vaticana

      La prochaine session gratuite de formation au crédit social et à la doctrine sociale de l' Eglise aura lieu à Rougemont au Canada en français avec traduction instantanée en anglais, espagnol et polonais, du 27 avril au 7 mai 2017, suivie de notre Jéricho
      à Rougemont au Canada
       , une semaine d'adoration du 8 au 14 mai 2017.

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      Session d’étude en anglais & traduction en espagnol

      15 juillet au 21 juillet à Rougemont au Canada

      19 juillet : pèlerinage

      22 juillet : apostolat

      23 juillet : 4è dimanche

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      Session d’étude en  francais à Rougemont au Canada

      21 septembre au 28 septembre

      24 septembre- pèlerinage

      29 septembre : apostolat

      Congrès à Rougemont au Canada

      30 septembre 1er & 2 octobre

      You are invited & you can stay 2 or 3 weeks http://desiebenthal.blogspot.ca/2016/08/forum-from-jakarta-to-montreal.html


      Avec mes meilleurs salutations
      Distinti saluti
      Kind regards, yours sincerely

      Nouvelle adresse: 23, Av. Edouard Dapples, CH 1006 LAUSANNE. SUISSE

      Tél: international ++ 41 21 616 88 88

      Mobilisation générale: épargnes, retraites...  volées légalement !

      http://desiebenthal.blogspot.ch/2015/12/projet-de-loi-dapplication-de-monnaie.html

      http://desiebenthal.blogspot.ch/2015/12/swiss-positive-money-social-credit.html

      Thème pour l'année 2016: Donner à chacun ce qui lui est dû par un dividende social à tous!
      à faire circuler largement, merci, le monde est déjà meilleur grâce à ce simple geste de solidarité.

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      Croix suisse sur le parlement fédéral à Berne.

      Mesdames, Messieurs,
      Chères amies, chers amis,

      Nous avons le plaisir de vous communiquer le dépliant de promotion de la 20ème édition de la Rencontre Nicolas et Dorothée de Flüe : Dépliant 2016

      Celle-ci constitue l’un des événements inscrit au programme officiel du 600ème anniversaire de St-Nicolas de Flüe.

      Nous avons voulu marquer ce jubilé de plusieurs manières :

      - en consacrant l’une des conférences au Saint Patron de la Suisse, conférence qui sera donnée par Mgr Charles Morérod, Evêque de Lausanne, Genève et Fribourg ;
      - en organisant, le vendredi soir 4 novembre, une soirée spéciale « Grands témoins » ;
      - en intégrant au programme, un concert donné le samedi soir à la Basilique de St-Maurice, où sera interprété l’Oratorio « Nicolas de Flüe » d’Arthur Honegger.

      L’Eucharistie du samedi 5 novembre sera présidée par Mgr Jean Scarcella, Abbé de St-Maurice, et celle du dimanche 6 novembre par Mgr Jean-Marie Lovey, Evêque de Sion.

      Les conférences sont ouvertes à tous, sans nécessité de s’inscrire. En revanche, celles et ceux qui qui souhaitent loger et/ou prendre des repas sur place, sont invités à le faire au plus vite pour faciliter l’organisation sur le site www.nicolasdeflue.org.

      Nous vous sommes reconnaissants de diffuser le programme auprès de vos proches ou de toute personne que l’événement pourrait intéresser.

      Si vous souhaitez disposer de la version papier du dépliant, nous vous ferons parvenir, à votre demande, le nombre d’exemplaires voulus (ndeflue@gmail.com).

      En nous réjouissant de vous retrouver nombreux à St-Maurice, nous présentons à chacune et à chacun nos meilleures salutations.

      Association culturelle Nicolas et Dorothée de Flüe




      MESSAGE DU CONSEIL D’ÉTAT VAUDOIS POUR LE JEÛNE FÉDÉRAL 2016 

      Participer tout simplement au bien-être commun 


      Chères Concitoyennes, chers Concitoyens, 

      Le Jeûne fédéral a été imaginé et conçu par les Confédérés d’autrefois comme un jour d’action de grâces, de pénitence et de prières. Aujourd’hui, dans une société au rythme effréné et parfois frénétique, il nous donne l’occasion rare et bienvenue de nous arrêter pour réfléchir et prendre du recul. Il nous invite à nous questionner sur l’évolution de notre monde et sur le sens du vivre ensemble. Ces derniers mois, nous avons vécu de forts traumatismes – notamment en Europe de l’Ouest – perpétrés par une poignée d’individus qui souhaitent attiser la flamme des conflits de confessions, voire de civilisations, et remettre en cause les principes d’un État de droit séculier. Ces actes odieux peuvent avoir pour effet de renforcer une tendance au rejet, à la peur, au repli sur soi, et de pousser à se cacher derrière des jugements trop hâtifs et trop simplistes. Vivre ensemble n’est pas une tâche aisée. L’altérité peut être source de conflits et de frustrations, lorsque l’autre s’affirme dans sa différence et remet en cause nos fonctionnements. Mais ce n’est qu’en poursuivant le dialogue, en célébrant ce qui nous rapproche plutôt qu’en se focalisant seulement sur ce qui nous divise, que nous pourrons faire de cette diversité une richesse. Des valeurs fondamentales telles que la solidarité, le respect et l’ouverture à l’autre sont donc plus que jamais d’actualité, comme l’est le respect des règles communes. Elles concernent autant la majorité que les minorités. C’est notre engagement à tous qui permettra de valoriser la différence plutôt que de la repousser. Ces valeurs doivent aussi nous conduire à prendre soin de notre prochain, à accorder plus d’attention aux plus fragiles d’entre nous : à nos aînés qui vivent parfois dans la solitude, à celles et ceux qui ont perdu leur travail, à celles et ceux qui ont leur santé physique ou psychique défaillante, aux personnes forcées à quitter leur terre et qui peinent à façonner de nouvelles racines. Si nous parvenons à suivre le chemin tracé par ces valeurs aussi fortes qu’universelles, nous renforcerons notre société et la rendrons meilleure. En cette journée de Jeûne fédéral, questionnons-nous donc sur ce que nous pouvons entreprendre autour de nous pour conserver et développer les ingrédients qui forment notre inestimable qualité de vie. Dans le quotidien, dans chacune de nos interactions et de nos rencontres, nous pouvons participer ensemble tout simplement au bien-être commun.
      http://www.vd.ch/fileadmin/user_upload/accueil/fichiers_pdf/Message_CE_Jeune_2016.pdf



      La grande prière des confédérés suissesBy Cercles civiques européens CH-Lausanne, Suisse
      Paperback: $15.12
      Prints in 3-5 business days
           
      Les journées de prière et de pénitence du christianisme ont leur origine dans les pratiques du judaïsme. Elles firent leur apparition très tôt dans l'histoire suisse, probablement grâce à St Materne. Le premier document mentionnant la traditionnelle "grande prière des Confédérés" date au moins de 1517. L'ordonnancement de cette journée fédérale d'actions de grâce, de pénitence et de prière resta, même dans l'État fédéral d'après 1848, du ressort des autorités politiques cantonales chez les protestants et des responsables diocésains chez les catholiques. La date du Jeûne coïncide avec l'ouverture de la session d'automne du Parlement (loi sur l'Assemblée fédérale). Les gouvernements cantonaux, notamment le Vaudois, rédigent encore des "mandements" pour le Jeûne qui répondent aux préoccupations spirituelles, morales, mais également politiques, économiques et sociales du moment. La crise économique que nous traversons est l'un de ces moments.< Less

      http://www.lulu.com/spotlight/edsa


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    • 09/17/16--08:10: Forum social mondial

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      La BRI à Bâle ?



      Décryptage du système économique global [1/7] : 

      Géopolitique du système des banques centrales 

      Genèse de l’ordre bancaire oligarchique : du système des banques centrales aux institutions financières internationales 

      Mayer Amschel Bauer, fondateur de la dynastie Rothschild : «Donnez-moi le contrôle de la monnaie d’une nation, et je n’aurai pas à m’occuper de ceux qui font les lois.» 

      2 La notion de banque centrale suppose une centralisation des questions monétaires entre les mains de banquiers centraux contrôlés par des banquiers privés. Le règlement des questions monétaires est donc, par construction, dévoué à la satisfaction des intérêts bien compris des propriétaires majoritaires des principales banques privées 1. L’existence d’une banque centralisée aux mains d’acteurs financiers privés, qui régit la monnaie dite d’État et qui réglemente plus ou moins directement le secteur des banques privées est le cœur nucléaire de la question monétaire. Les banques centrales 2 sont le centre névralgique de l’organisation du système financier actuel. Ce concept dit de banque centrale s’est volontiers paré des vertus de l’orthodoxie financière pour s’imposer de façon définitive aux yeux du public. Ainsi, s’est répandue l’idée générale selon laquelle le concept de banque centrale indépendante est justifié par la nécessité de lutter contre un excès d’utilisation, par les hommes politiques, de ce qu’il est convenu d’appeler la planche à billets. Deux constats factuels s’opposent de façon rédhibitoire à l’adoption d’une telle justification. Le premier constat est que le concept même de banque centrale véhicule une illusion d’indépendance développée et entretenue par des acteurs bancaires. Les banques centrales ont en effet toujours été indépendantes des élus politiques, mais elles n’ont jamais été indépendantes des banquiers qui les contrôlent. Dit autrement, le système actuel des banques centrales est, par construction, indépendant de tout contrôle populaire de type politique, mais au contraire sous la totale dépendance du contrôle capitalistique initial. D’un point de vue conceptuel logique, la recherche d’une orthodoxie financière de l’État peut passer par bien d’autres moyens que celui de remettre les clefs du coffre à un groupe homogène de personnes. La recherche de l’orthodoxie budgétaire serait, par exemple, bien mieux atteinte par l’organisation de contre-pouvoirs assortie d’une indépendance statutaire réelle des contrôleurs. Les gardiens du coffre public, qui manient l’argent du public, devraient ainsi rendre régulièrement des comptes sur l’impact de leur politique sur la masse des individus constituant l’État. Cet organisme de contrôle pourrait être composé de représentants de la société civile, hors banquiers. Cet organisme aurait les pouvoirs juridiques et politiques de sanctionner les gardiens du coffre lorsque les effets des politiques monétaires suivies seraient durablement et/ou diamétralement contraires aux intérêts économiques des individus auxquels elles s’imposent et à la fluidité du commerce bien compris – c’est-à-dire dans le sens où le Février 2016 3 commerce profite à tous les acteurs, et non aux seuls propriétaires des plus grands cartels. Le second constat sur lequel il convient de s’attarder est que les hommes politiques, élus du peuple, qu’ils appartiennent au pouvoir exécutif ou au pouvoir législatif, sont, dans leur très grande majorité, ignorants des questions monétaires. Ils n’étaient pas meilleurs connaisseurs de ces questions hier qu’ils ne le sont aujourd’hui. Les décisions monétaires, y compris celle consistant à recourir à la planche à billets leur étaient soufflées par des hommes de l’art issus du milieu bancaire. Il faut d’ailleurs convenir que, d’un point de vue strictement conceptuel, la différence entre l’ancienne planche à billets et l’actuel quantitative easing (QE) est assez ténue. Il est à la vérité très tentant de considérer que le quantitative easing (QE) actuellement en cours est une version sophistiquée, améliorée, de l’ancienne planche à billets ; ces deux techniques permettant in fine d’orienter la masse monétaire en circulation dans un sens ou dans un autre. Ces mouvements de masse monétaire sont aujourd’hui opérés de façon coordonnée dans la plus grande indépendance des intérêts du public bien compris ; ils répondent à l’intérêt financier supérieur, pris à un moment donné, de la petite population des grands banquiers – non pas apatrides, car ils ne sont pas dépourvus de patrie, mais trans-nationaux, car tous les États, via les banques, sont leur patrie. En réalité, la justification selon laquelle l’indépendance des banques centrales est liée à la nécessité du contrôle d’hommes politiques trop enclins à faire marcher la planche à billets, est le prétexte cachant une prise du pouvoir politique par les acteurs économiques dominants – les propriétaires des plus grandes banques. Avec l’avènement des banques centrales, l’État en tant qu’entité politique perd le contrôle de sa monnaie, qui est l’une de ses prérogatives régaliennes, au profit des intérêts particuliers du groupe économique dominant. Cette amputation porte atteinte à l’intégrité de la nature politique de la notion d’État. Rappelons à cet égard la prophétie auto-réalisatrice de Mayer Amschel Bauer, fondateur de la dynastie Rothschild, qui dès le XVIIIe siècle affirmait : «Donnez-moi le contrôle de la monnaie d’une nation, et je n’aurai pas à m’occuper de ceux qui font les lois.» Cet article propose de revenir sur la genèse de l’ordre oligarchique bancaire actuellement en vigueur en précisant les différentes étapes de l’avènement du système des banques centrales. Février 2016 4 I) La création de banques centrales unitaires La très puissante Banque d’Amsterdam, créée en 1609, est la première institution financière des temps modernes car elle a inauguré le concept de monnaie de banque comme instrument de paiement. La banque d’Amsterdam n’émettait pas, à strictement parler, de billets, mais ses récépissés circulaient dans le commerce comme une monnaie fictive. Par le contrôle qu’elle avait de la monnaie papier-fiduciaire, la banque d’Amsterdam fut l’instigatrice de ce qui deviendra la banque centrale. Toutefois, la véritable naissance de ce qui deviendra le système des banques centrales remonte, dans une forme archaïque, unicellulaire, à la création de la Banque d’Angleterre (27 juillet 1694) suivie, un siècle plus tard, de celle de la Banque de France par Napoléon (18 janvier 1800). Suite à ces créations, de type expérimental, les grands argentiers européens – principaux détenteurs de capitaux – ont, dès la fin du XIXe siècle et au début du XXe, entrepris de développer à une échelle bien supérieure le système dit de banque centrale en créant la Federal Reserve américaine. II) La création d’un système de banque centrale : le système Fed Une fois acquis – sur le territoire européen – le concept de banque centrale aux mains d’acteurs bancaires privés, la longue marche pour la prise du pouvoir monétaire et financier a conduit en 1913 à l’apparition du système Fed sur le territoire américain 3. Ce système, de type fédéral, est composé de douze banques centrales régionales qui sont dirigées par la plus importante d’entre elles, la banque centrale de New York 4. Il s’agit d’une organisation bancaire privée, de type hiérarchique et pyramidale, qui contrôle et gère en toute liberté les flux monétaires et financiers à l’intérieur du système politique étatique, mais en toute indépendance vis-à-vis de ce dernier. Notons que les initiateurs de la Fed auront dû pratiquer, après sa création technique en 1910, trois longues années d’intense lobbying politique pour imposer la Fed – titan financier – au pouvoir politique américain, lequel fit à cette occasion la démonstration de sa faiblesse. Février 2016 5 Prétendument nationale, la Federal Reserve américaine n’a de national que le nom, elle a en réalité été créée par quelques banquiers privés européens, soutenus par quelques nouveaux capitalistes américains à l’ambition bien affirmée 5. Quant à son fédéralisme, il existe mais de façon autonome par rapport au fédéralisme politique auquel il se superpose. La création politique de la Fed en 1913 a inauguré aux USA l’avènement d’une ère nouvelle dans laquelle l’État fédéral a perdu sa justification politique pour désormais essentiellement se vouer à la défense des intérêts du groupe économique dominant. Après la Federal Reserve et toujours au XXe siècle, la création de la Banque des règlements internationaux en 1930 correspond à une nouvelle avancée substantielle de ce qui deviendra l’ordre mondial bancaire oligarchique. III) La création de la BRI L’année 1930 a vu, à l’occasion du plan Young, la création du joyau de la couronne du système bancaire international : la Banque des règlements internationaux (BRI en français, BIS en anglais). Son siège est situé à Bâle, en Suisse. Cette institution particulière bénéficie de tous les privilèges d’immunités possibles et détient la capacité diplomatique, ce qui en fait un État dans l’État. Aujourd’hui, la BRI/BIS agit comme la banque centrale des banques centrales, elle fédère les différents banquiers centraux – occidentaux et des pays affiliés – au moyen de réunions régulières et organise et supervise les politiques monétaires qui seront mises en œuvre par les différentes banques centrales. La BRI est la pierre angulaire de la domination bancaire Cette institution financière, très peu connue du public, est au cœur du miracle économique nazi de l’entre-deux guerres puisqu’elle a permis une bonne partie du financement de la reconstruction ainsi que de la remilitarisation allemande (alors sous domination nazie). Historiquement, les banquiers anglo-saxons ont été invités aux festivités par le grand argentier allemand Hjalmar Schacht 6 à l’occasion du plan Dawes, bientôt remplacé par le plan Young qui a institué la BRI. Très concrètement, ce sont, notamment, les prêts octroyés par la BRI qui ont permis à Hitler (qui en a remboursé les intérêts jusque fin 1944) de mettre en œuvre ses préparatifs de guerre tout en faisant peser l’effort de financement – qui assurait dans le même temps l’enrichissement des créanciers – dans Février 2016 6 un premier temps sur le citoyen allemand et dans un second temps sur les habitants des pays conquis. La BRI a eu pour objectif premier, comme cela a été parfaitement décrit par l’historienne Annie Lacroix-Riz, de liquider les réparations de guerre dues à la France par l’Allemagne au moyen d’un tour de passe-passe. La ploutocratie française, à la manœuvre lors de la négociation du traité de Versailles, a accepté, dès le début des années 1920, de se plier aux vues anglo-saxonnes et de renoncer à ses réparations de guerre au profit des intérêts qu’elle tirerait avec d’autres acteurs financiers oligarques – en particulier anglo-saxons – des prêts que la BRI accorderait à l’Allemagne. Il faut comprendre que les citoyens allemands ont été les premiers grands perdants – tant sur les plans politique qu’économique – de ces petits arrangements entre les élites oligarchiques aux commandes des différents pays. Aujourd’hui, loin d’avoir disparu – et bien que sa disparition eût été un temps réclamée – la BRI remplit le rôle de banque centrale des banques centrales. Elle réalise une coordination informelle mais réelle des politiques monétaires des pays occidentaux – et affiliés – actuellement sous domination oligarchique. Cette coordination donne un poids considérable au système bancaire occidental, lui permettant dès lors de peser de façon géopolitique sur tous les États du monde, y compris et surtout sur ceux qui ne sont pas affiliés à l’ordre oligarchique occidental. En résumé, la BRI est la pierre angulaire du dispositif actuel de domination monétaire à l’anglo-saxonne : à savoir l’enrichissement des oligarchies par les intérêts financiers et non plus directement, comme ce fut le cas auparavant sur le continent européen, par la mise sous tutelle directe des biens et matières premières. La BRI, État dans l’État, œuvre au rabaissement du concept d’État La BRI/BIS bénéficie de tous les privilèges d’immunités possibles et détient la capacité diplomatique. D’un point de vue juridique, donner à une institution bancaire tous les privilèges et immunités possibles signifie que cette institution est structurellement élevée au même rang qu’un État. La fonction essentielle d’un État est d’être un organisme politique qui s’occupe de réguler la vie en société sur un territoire donné. Un organisme Février 2016 7 bancaire dont le rôle, purement économique, se limite à imposer les intérêts particuliers de ses principaux propriétaires ne répond à aucun intérêt public entendu au sens politique et organisationnel du terme, il ne répond qu’à l’intérêt de groupe – collectivement homogène – de ses principaux propriétaires. La mise sur un pied d’égalité, au moyen d’un statut international, d’un État et d’un organisme financier réalise en conséquence l’abaissement structurel du rôle de l’État, dont la dimension politique est purement et simplement niée. Avec la BRI, c’est la première fois dans l’histoire du monde qu’une institution financière internationale acquiert un statut politique similaire à celui d’un État. Cette expérience, réussie, a eu une suite : l’avènement du système monétaire européen (SME). Ce dernier s’inscrit dans le cadre de la construction monétaire européenne passant, en premier lieu, par la création du système européen de banques centrales (SEBC). IV) La centralisation européenne des banques centrales : le SEBC et le SME L’expérience américaine de la Fed s’étant avérée un grand succès – et selon le principe de bonne politique qui impose de pérenniser une méthode qui a fait ses preuves –, les grands argentiers occidentaux ont décidé de dupliquer ce modèle pour l’imposer au niveau européen. C’est ainsi que le système dit des banques centrales a eu de récents rebondissements dans l’ordre juridique international par le biais de l’Union européenne, avec la création du fameux système européen de banques centrales, chapeauté par la BCE (Banque centrale européenne), suivi et complété par le mécanisme européen de stabilité. La création politique d’une Europe unifiée – grâce au pays dominant 7 que sont les USA – par le mariage de la carpe et du lapin, a vu apparaître, à côté d’institutions politiques dévouées aux intérêts privés des multinationales 8, l’avènement d’un système banques centrales indépendant du pouvoir politique calqué sur le modèle de la Réserve fédérale américaine. Toutefois le change avait été donné aux populations en conservant une pseudo organisation démocratique 9. Cette organisation démocratique purement formelle, de type parlementaire, était néanmoins susceptible de gêner ou retarder la mise en place des intérêts du groupe économique dominant. C’est pourquoi, à titre de garantie, ce groupe a estimé préférable de maintenir un contrôle direct sur le fonctionnement de l’organigramme Février 2016 8 juridique en organisant le système des banques centrales sur le modèle de la Réserve fédérale américaine. Ce SEBC, voulu structurellement indépendant des gouvernements politiques des États 10, obéit néanmoins au contrôle capitalistique bancaire. Officieusement, le SEBC est dominé par la Buba, banque centrale allemande, elle-même représentant, dans une large mesure, les mêmes intérêts que ceux de la Fed. Dans le système SEBC, la Buba sert d’intermédiaire aux volontés oligarchiques en matière financière au même titre que le gouvernement allemand sert, en Union européenne, de courroie de transmission pour les directives oligarchiques lorsque celles-ci nécessitent la mise en œuvre d’un processus législatif. Le rôle fondamental joué par l’Allemagne dans le processus oligarchique s’explique par le poids de l’histoire et les imbrications capitalistiques germano-anglo-saxonnes du début du XXe siècle. Ce rôle fondamental de l’Allemagne s’explique également – depuis et après la Seconde Guerre mondiale – tant par la récupération des élites militaires nazies par le système financiaro-politique américain (CIA, NASA etc) 11, que par la domination militaire du territoire allemand par les armées américaines. Pour avoir une vue européenne d’ensemble – et exhaustive – du tableau de la domination bancaire par la monnaie, il faut rappeler que les statuts de la BRI ont servi de modèle à la création du Mécanisme européen de stabilité (MES) apparu en 2012. Le MES, en tant que nouvelle institution financière, est l’héritier direct de la BRI dans son rôle de négation de l’aspect politique et organisationnel du rôle de l’État. La suprématie oligarchique en matière monétaire a été consolidée au niveau mondial par les accords de Bretton Woods qui ont accordé à l’oligarchie de type américano-anglaise la suprématie définitive sur les oligarchies classiques de type occidental 12. V) Les institutions financières issues des accords de Bretton Woods A l’occasion des accords de Bretton Woods, la ploutocratie occidentale a imposé au monde entier, par l’intermédiaire du gouvernement des ÉtatsUnis vainqueur financier de deux guerres mondiales, les institutions financières internationales majeures dites régulatrices que sont le FMI et la Banque mondiale. Ce faisant, Bretton Woods a mis au point l’ordre monétarofinancier à l’anglo-saxonne sous le joug duquel nous vivons actuellement. Février 2016 9 Le FMI Le FMI, grand ennemi des peuples, pratique un peu à la façon de la BRI. Il octroie, moyennant intérêts, des prêts à des États en grandes difficultés financières – difficultés souvent pilotées par des établissements financiers spéculatifs du type hedge funds 13. La nouveauté par rapport à la BRI est que ces prêts sont octroyés moyennant une double contrepartie : d’une part un taux d’intérêt et d’autre part l’exigence de cessions d’actifs étatiques ou publics à des multinationales afin de permettre le désendettement. Derrière les grandes et belles prétendues volontés ouvertement affichées, la structure même du FMI laisse entrevoir que ses objectifs réels sont à l’opposé de ceux qui sont proclamés : il s’agit tout simplement d’organiser, au moyen d’un pas de danse rhétorique consistant à imposer un endettement tout en exigeant d’en sortir, l’appauvrissement à la fois des États et des populations. Ce vice de construction est tout à fait délibéré, il s’agit tout simplement de la mise en œuvre légale et internationale d’une pure prédation du système politique par les tenants du système économique au moyen de l’affaiblissement structurel de l’assise économique et financière des États. Une fois de plus, on assiste à un dévoiement de la nature politique des États, lesquels sont rabaissés, par une institution internationale, au rang de simples organisations de type privé, faisant fi des intérêts collectifs qui sous-tendent la notion même d’État. La Banque mondiale La Banque mondiale est, comme son nom l’indique, la première pierre au futur édifice du gouvernement mondial. La Banque mondiale est au cœur du système de protection des investissements des entreprises multinationales que nous retrouverons à l’occasion de l’étude sur le libreéchange. Cet organisme, qui prétend officiellement éradiquer la pauvreté dans le monde, est officieusement, mais aussi structurellement, notamment par sa prise de position en faveur des investissements, responsable de l’aggraver. Début 2015, un consortium de journalistes a révélé que la Banque mondiale finançait des projets non seulement inefficaces mais encore en totale contradiction avec ses missions officielles, forçant des millions de personnes à quitter leurs terres ou leurs logements. La Banque mondiale, dominée par la finance anglo-saxonne, a notamment été dirigée par un proche de la famille Bush, Paul Wolfowitz ; ce dernier, baigné à la fois dans le trotskisme et le néo-conservatisme de l’école de Février 2016 10 Chicago, fut également très impliqué dans les affaires du Pentagone. Paul Wolfowitz a dû démissionner de ses fonctions suite à un scandale sur fond de népotisme. Début 2015, un nouveau scandale surgit alors que la Banque mondiale prétend retourner à l’équilibre financier en diminuant ses coûts et augmentant ses ressources par le renchérissement du coût de ses prêts et par l’augmentation de ses placements sur les marchés. Outre que le renchérissement du coût de ses prêts est en totale opposition avec l’objectif officiel d’éradication de la pauvreté affiché par la Banque mondiale, une recherche d’économie ne s’accorde en effet logiquement pas avec la distribution de primes et de bonus à certains de ses hauts dirigeants. Les organisations financières internationales issues des accords de Bretton Woods apparaissent en réalité comme des paravents chargés de légitimer l’affaiblissement des ressources financières des États. Avec la création de ces institutions, nous assistons à l’avènement mondial du fait économique en lieu et place du fait politique. Mais tandis que la conception politique du monde, par essence variée en fonction des histoires propres à chaque nation, avait pour mission de régir tous les intérêts en présence sur un territoire donné, la conception strictement économique et financière du monde ne remplit que la satisfaction des intérêts bien compris d’un tout petit groupe d’individus qui domine la vie économique ; la notion de territoire n’étant dès lors plus pertinente. La domination financière des États s’accompagne en outre d’une homogénéisation préoccupante des intérêts des différents gouvernants du monde ; elle ouvre la voie à l’organisation d’un gouvernement mondial de type oligarchique, le fameux Nouvel Ordre Mondial. Conclusion Le contrôle des flux financiers du monde par un groupe économiquement dominant nécessite un contrôle des monnaies. Ce contrôle est réalisé au moyen de l’organisation d’un système sophistiqué de banques centrale. Le contrôle des monnaies est un instrument privilégié, pour les grands détenteurs de capitaux occidentaux, afin d’agir politiquement sur l’économie de tous les pays du monde. La finance internationale dominée par les propriétaires des grandes banques privées fonctionne, via l’organisation des banques centrales, en système fermé, dans le sens des intérêts d’un très petit nombre d’individus qui ont accaparé les fonctions monétaires et, par voie de conséquence, économiques et politiques des États-nations voués à disparaître. Cette Février 2016 11 domination mondiale par la finance a été parachevée par l’avènement des institutions financières internationales telles que la BRI/BIS ainsi que par les institutions financières issues des accords de Bretton Woods. La domination politique actuelle par les acteurs financiers est irrémédiablement liée à la disparition des États-nations. Le type de domination occidentale classique – celle de l’Ancien Régime – fondé sur la propriété foncière, représentait une conception politique et juridique continentale du monde qui tournait autour du concept d’État-nation. Cette conception a, depuis la Révolution française et avec une nette accélération au XXe siècle, définitivement cédé la place à une domination financière fondée sur une conception du monde de type anglo-saxon entièrement tournée vers le fait économique. Nous assistons aujourd’hui aux dernières scènes d’une vaste entreprise de dépréciation de la notion politique d’État au bénéfice de l’intérêt privé d’un petit nombre de personnes qui se sont rendues maîtresses du système monétaire mondial. En Occident, le fait politique a cédé la place au fait économique. Ce n’est pas un hasard si la méthode de domination ultra-marine fondée sur l’argent et la finance l’a finalement emporté sur la méthode traditionnelle de domination continentale fondée sur l’accaparement de la propriété foncière. Cette évolution est largement due au fait qu’une appropriation ouverte et directe des biens est moins efficace – car soulève bien plus d’hostilité et de résistance – qu’une appropriation sournoise liée à l’anonymat des propriétaires de cartels d’entreprises. L’anonymat permis par le modèle d’entreprise capitalistique joue un rôle essentiel dans l’entreprise de domination mondiale actuelle par les élites financières. Valérie Bugault est Docteur en droit, ancienne avocate fiscaliste, analyste de géopolitique juridique et économique Notes 1 Sur les bénéficiaires de la politique suivie par les banques centrales, voir par exemple l’article suivant :http://www.eric-verhaeghe.fr/leurope-est-elle-sous-latutelle-deses-banques ↩ 2 Cf. à ce propos Martin Armstrong ↩ 3 Cf. La guerre des monnaies de Hongbing Song, éditions Le Retour aux sources ↩ 4 Sur l’organisation américaine du système banque centrale, voir https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9serve f%C3%A9d%C3%A9rale des %C3 %89tats-Unis ↩ Février 2016 12 5 Cf. Eustace Mullins Les secrets de la Réserve fédérale aux éditions Le Retour aux Sources (paru en français en octobre 2010) ; voir également Antony C. Sutton Le complot de la Réserve fédérale, aux éditions Nouvelle Terre (paru en France en 2009) ↩ 6 Voir également la thèse de Frédéric Clavert, Hjalmar Schacht, financier et diplomate (1930-1950), HAL archives ouvertes.fr ; en particulier p. 49 et 50 ↩ 7 A ce propos, lire Annie Lacroix-Riz, L’intégration européenne de la France ; la tutelle de l’Allemagne et des États-Unis, éditions Le Temps des Cerises ↩ 8 Sur l’intérêt structurellement dominant des multinationales en UE, voir par exemple : https://www.youtube.com/watch?v=0LJdUtJ IM ↩ 9 Sur les limites institutionnelles de la démocratie européenne, voir par exemple : https://www.youtube.com/watch?v=H8qpT9DASUY ↩ 10 Cf. articles 127 et s. du TFUE, voir en particulier l’article 130 : «Dans l’exercice des pouvoirs et dans l’accomplissement des missions et des devoirs qui leur ont été conférés par les traités et les statuts du SEBC et de la BCE, ni la Banque centrale européenne, ni une banque centrale nationale, ni un membre quelconque de leurs organes de décision ne peuvent solliciter ni accepter des instructions des institutions, organes ou organismes de l’Union, des gouvernements des États membres ou de tout autre organisme. Les institutions, organes ou organismes de l’Union ainsi que les gouvernements des États membres s’engagent à respecter ce principe et à ne pas chercher à influencer les membres des organes de décision de la Banque centrale européenne ou des banques centrales nationales dans l’accomplissement de leurs missions.» ↩ 11 Cf. l’opération Paperclip : http://www.voltairenet.org/article14657.html ; également http://rr0.org/org/us/dod/Paperclip.html ; les réseaux d’exfiltration nazis passaient par le Vatican :https://fr.wikipedia.org/wiki/Réseaux d’exfiltration nazis ↩ 12 Voir sur ce sujet Annie Lacroix-Riz : https://vimeo.com/18006526 ; également : Cf. Annie Lacroix-Riz, L’intégration européenne de la France ; la tutelle de l’Allemagne et des États-Unis, aux éditions Le Temps des Cerises ↩ 13 Sur le rôle des hedge funds dans le déclenchement de la crise grecque, cf. Myret Zaki : https://www.youtube.com/watch?v=TLjq25 ayWM ↩ Articles from Le Saker Francophone Décryptage du système économique global [2/7] : Géopolitique du libre-échange 2016 03 04 16:03:33 saker Le long cheminement du nouvel ordre mondial Par Valérie Bugault – le 21 février 2016 Introduction Le libre-échange est la déclinaison du principe plus vaste de liberté du commerce. Il s’agit donc d’un concept commercial mis en pratique par des entreprises de type capitalistiques. Sous couvert de liberté du commerce, le libre-échange a pour conséquence la mise en concurrence, au niveau international, de toutes les entreprises du monde. Il en résulte, de façon inéluctable, la disparition des petites et moyennes entreprises au profit des multinationales économiquement plus performantes, en raison non pas de leur efficacité de fonctionnement, mais de leur poids sur les différents marchés. En d’autres termes, le libre-échange favorise concrètement sur toute la planète la prédation économique des agents les plus faibles par les plus gros d’entre eux, c’est-à-dire la concentration des capitaux. En raison de l’extrême prévisibilité de cette conséquence du libre-échange, on peut en déduire qu’elle est, en réalité, l’objectif inavoué du principe en question. Ainsi, la liberté du commerce via le libre-échange n’a pas pour vocation de servir mais au contraire d’asservir – la concurrence faussée et débridée aidant – les petits commerçants. La liberté du commerce au moyen du libre-échange n’a pas non plus pour vocation de servir les intérêts du citoyen en occasionnant une baisse générale des prix puisque la concentration des capitaux, qui lui est consubstantielle, s’y oppose fondamentalement. La liberté du commerce par le libre-échange ne sert finalement les intérêts que d’un seul maître : la petite caste qui détient les principaux capitaux du monde. Caste qui a consciencieusement organisé, à la faveur de sa mainmise sur l’organisation bancaire – permettant l’organisation et l’entretien de crises bancaires et financières 1 – et commerciales du monde, l’accaparement de la majeure partie des biens matériels de cette planète. Nous analyserons l’historique du mouvement de libre-échange (I) avant d’examiner en quoi il s’analyse en une négation du concept d’État (II) et quelle méthodologie il suit (III). I) Historique du libre-échange Au niveau français : Le pilier fondateur du libre-échange, qui est aussi le premier acte de son avènement mondial, se situe formellement en 1791 en France, année qui a vu naître à la fois le décret d’Allarde (des 2 et 17 mars 1791) et la loi Le Chapelier (14 juin 1791). Le décret d’Allarde, officiellement paré des vertus de la liberté, a supprimé les corporations, qui n’étaient rien d’autres que des associations réglementant dans chaque ville les personnes exerçant le même métier. Il s’agissait déjà de la suppression des barrières non tarifaires, c’est-à-dire réglementaires, mais à l’intérieur du territoire français. La loi Le Chapelier, elle aussi parée des merveilleuses vertus de la liberté, a interdit les organisations ouvrières, notamment les corporations de métiers mais aussi les rassemblements paysans et ouvriers ainsi que le compagnonnage ; elle ne visait en revanche ni les clubs patronaux, ni les trusts et ententes monopolistiques qui ne furent jamais inquiétés. Les deux nouveautés législatives que sont le décret d’Allarde et la loi Le Chapelier, au tout premier plan des avancées révolutionnaires, sont en réalité le premier pas vers ce que nous appelons aujourd’hui le libre-échange. Au niveau européen : S’agissant des institutions européennes, l’idéologie du libre-échange se déroule selon la chronologie suivante : Le traité de Rome du 25 mars 1957 instituant la CEE : la libre circulation des capitaux, formellement inscrite, n’est pas encore effective. La directive du Conseil européen dite Delors-Lamy de 1988 prévoit la libéralisation complète du marché des capitaux pour 1990. Le Traité de Maastricht (1992) puis les articles 32, 45, 49 à 55 et 63 du TFUE 2 (liberté de circulation des marchandises, des travailleurs, liberté d’établissement et liberté de circulation des capitaux), issus du traité de Lisbonne – ratifié par la France moyennant une forfaiture politique – terminent au niveau européen le travail commencé en France en 1791 en imposant la liberté totale pour les groupes étrangers de s’installer sans limite sur des territoires européens qui ne protègent plus leurs ressortissants. Il faut ici remarquer que l’institution européenne, qui a historiquement débuté en 1952 par la création d’un vaste marché du charbon et de l’acier (CECA), se termine par l’avènement d’institutions (Union européenne) à la solde des multinationales et par la disparition corrélative de la notion d’État en tant qu’entité politique – en raison de la disparition de toute souveraineté étatique; l’État est remplacé par des institutions supra-nationales fondamentalement indépendantes des peuples. Au niveau international : Au niveau international, l’année 1947 constitue le second acte, le second pilier fondateur, de la progression technique du libre-échange. Les accords internationaux du GATT mettent en place dès 1947 la matrice d’un commerce international fondé sur le libre-échange. Il aura néanmoins fallu attendre les accords de Marrakech de 1994 pour voir arriver l’OMC, qui instaure véritablement un ordre du libreéchange au niveau international. Il faut noter que la création de ce nouvel ordre international arrive presque en catimini car il résulte d’une simple annexe à l’acte final du Cycle de l’Uruguay. La mise en œuvre de l’organisation économique mondiale autour du libre-échange avait initialement prévu d’être intégrée aux accords de Bretton Woods 3 . Cependant, des désaccords ayant engendré un contretemps, ce projet commercial de grande ampleur ne vit réellement le jour qu’à l’occasion de la création de l’OMC. Une fois l’organisation mondiale du commerce (OMC) en place, les accords de libre-échange se sont mis à fleurir un peu partout sur la planète. Les grands marchés transpacifique et transatlantique : La réalisation et l’unification des grands marchés transatlantique – dont les négociations vont bon train – et trans-pacifique – signé le 4 février 2016 4 – constituera l’ultime étape de l’avènement du commerce comme ordre sociétal supérieur mondial. Le grand marché transatlantique est matérialisé par divers accords de libre-échanges (TTIP/TAFTA, CETA/AECG, TISA) qui, ajoutés au grand marché trans-pacifique, seront, si la méthode appliquée à la création de l’Union européenne est suivie – ce qui est plus que probable compte tenu du succès rencontré –, le marchepied à l’avènement d’un traité plus vaste instaurant des institutions chargées de réguler le monde. Du point de vue de la méthode, l’oligarchie prédatrice aura alors, pas à pas, amené les différents pays du monde au Nouvel Ordre Mondial (NOM) tant attendu. La technique utilisée par les partisans et auteurs du mondialisme est toujours la même : faire en sorte que la marche suivante soit rendue nécessaire par celle qui la précède. Il semble superfétatoire de préciser que le NOM est attendu, non pas par les peuples, mais bien par l’oligarchie transnationale d’origine anglo-saxonne 5 , oligarchie qui a pris le pouvoir politique en Occident en utilisant méthodiquement la monnaie et le commerce 6 , dont le libre échange est la composante essentielle, comme armes de domination politique. L’ordre militaire étatique, les milices privées et les guerres restent soit des moyens de secours, lorsque la domination politique par l’économie a échoué, soit des moyens pour imposer la domination économique à des dirigeants politiques récalcitrants. Le contexte politique du marché transatlantique : les pouvoirs exécutifs européens contre leurs citoyens Le Congrès américain avait voté, en juin 2015, des pouvoirs accrus au président Obama afin de lui permettre de conclure rapidement des accords commerciaux avec la région Asie-Pacifique et l’Union européenne ; mission aujourd’hui pleinement accomplie par ce président docile pour ce qui concerne l’Asie-Pacifique. Concernant le marché transatlantique, les dirigeants français 7 et allemand 8 se déclarent très pressés de mettre un terme aux négociations en cours qui n’ont, de leur point de vue, que trop retardé la signature de ce marché. Les dirigeants occidentaux – gouvernements et commission européenne 9 – s’avèrent en effet extrêmement motivés pour arriver le plus tôt possible à l’étape de la signature ; leur objectif ultime 10 étant d’arriver à faire entrer en vigueur ce grand marché sans passer par l’accord des parlements, nationaux et européen, considérés comme trop lents et peu fiables. Signalons en effet qu’en raison d’une mobilisation citoyenne sans précédent, le Parlement européen a déjà reporté son vote sur ce sujet. Jamais la signature d’accords internationaux n’aura autant mobilisé un public très majoritairement hostile à ces traités 11. II) Le libre-échange est une négation du concept d’État Attardons-nous un instant sur le contenu modèle des traités de libre-échange instituant ces grands marchés. Les barrières tarifaires – c’est-à-dire les droits de douane – et non tarifaires – c’est-à-dire toutes les réglementations protectrices des consommateurs et des citoyens – devront céder face à la sacrosainte loi de l’investissement et des marchés. Sous l’empire du libre-échange, aucune législation de juste prévention ou de simple précaution ne pourra plus voir le jour car elle constituera un obstacle aux investissements – plus ou moins audacieux – des grands cartels de l’agro-alimentaire et de l’industrie pharmaco-chimique. Concrètement, place doit être au faite au tout transgénique, aux élevages inhumains et intensifs d’animaux mal nourris et gavés d’antibiotiques (farines animales à des ruminants etc.), aux conditions de conservation douteuse des viandes et poissons (poulets chlorés), aux terres agricoles asphyxiées par les engrais et autres pesticides (dont le fameux round-up descendant direct du défoliant agent orange abondamment répandu au Vietnam par les Américains), à l’utilisation d’huiles impropres à la consommation dans la restauration et l’alimentation humaine etc. Le libre-échange conduit à faire renoncer les États à une partie substantielle de leurs ressources fiscales – et donc de leur capacité budgétaire – ainsi qu’à leur prérogative régalienne d’édicter des règles générales – puisqu’il leur devient interdit d’édicter toute réglementation protectrice de leurs ressortissants. Ce programme est réalisé par les États dans l’objectif de favoriser, sur leurs territoires, l’implantation de multinationales détenues par quelques personnes. Dans ce contexte, le libre-échange organise le sabordement, par l’État lui-même, du principe politique étatique. L’objectif du libre-échange est, ni plus ni moins, de voir les États supprimer euxmêmes leur utilité publique ; ultime raffinement de l’oligarchie qui organise le suicide des États par l’anéantissement de leurs prérogatives régaliennes. En effet, une fois acquise la disparition de la fonction protectrice de l’État, son rôle et sa fonction en viennent tout naturellement à pouvoir être mis en cause – en premier lieu par ceux-là même qui ont organisé son affaiblissement. Une expression française reflète parfaitement cette stratégie politique : «Qui veut tuer son chien dit qu’il a la rage.» Par ailleurs et pour s’assurer du respect des principes proclamés, le modèle des traités de libre-échange organise une clause, dite de règlement des différends, qui sanctionne la non-application par les États desdits principes. La clause de règlement des différends incluse dans le modèle des traités de libre-échange donne aux multinationales le droit d’attaquer en justice les États qui auront eu l’audace d’édicter des réglementations protectrices dont l’effet secondaire serait de réduire ou annuler l’espoir de gain résultant d’un investissement fait par des multinationales. A propos de cette clause particulière incluse dans le TTIP : pour faire bonne figure devant la levée de boucliers populaires, Cecilia Malmström, la négociatrice pour l’Union Européenne – commissaire européenne en charge du commerce –, envisage de transformer la cour d’arbitrage initialement prévue pour le règlement des différends en tribunal public. Un tribunal public permanent, payé par les contribuables européens, serait donc chargé de punir les États qui auront adopté des réglementations protectrices de leurs ressortissants dont l’effet aura été de réduire l’espoir de gain suscité par un investissement. Voilà l’avancée démocratique proposée par l’UE : remplacer une Cour d’arbitrage rémunérée par les parties en cause – entreprise et État – par un «tribunal d’investissement public» intégralement payé sur financement public – c’est-à-dire intégralement payé par les con-tribuables – pour protéger les investissements privés des multinationales. Belle rhétorique des mondialistes ! Le libre-échange est synonyme de «point de droit autre que celui de faire commerce illimité et sans condition de tout et partout» – produits et organes du corps humain inclus – permettant de facto, en raison de la disparition des contre-pouvoirs, l’empoisonnement de l’air, des sols et des aliments par les pesticides et autres productions du très puissant conglomérat pharmaco-chimique. Le commerce et le libre-échange ne peuvent exister que débarrassés des barrières chargées de réguler le commerce et d’éviter l’accaparement. Dans ce contexte, les nations et leurs institutions apparaissent comme de potentiels freins à l’expansion du commerce tout azimut. Les États et leurs institutions, derniers remparts des peuples, ont – par la loi du libre-échange – vocation à disparaître du paysage politique qui deviendra vierge de tout corps constitué autre que par et pour servir l’oligarchie, laquelle est déjà officieusement au pouvoir. La finalité du libre-échange est d’être fatal à la démocratie, à la liberté des peuples à disposer d’eux-mêmes, à la liberté individuelle et à la propriété privée pour tous. C’est l’oligarchie à la manœuvre qui profitera, à la faveur de l’illusion, savamment entretenue, de la liberté du commerce pour tous – les mondialistes sont d’incontestables maîtres en rhétorique – de la disparition des contrepouvoirs étatiques. Le libre-échange suppose conceptuellement une prise de pouvoir définitive des corps économiques constitués sur les institutions politiques contrôlées par les citoyens. Il est, en réalité, la mise en œuvre, par les élites capitalistiques, d’un objectif géopolitique de domination politique globale. Autrement dit, le libre-échange, élevé au rang de religion, est utilisé par l’oligarchie comme une arme, redoutablement efficace de destruction des États des nations des peuples et des individus Il sert en réalité les intérêts de la caste des acteurs dominant l’économie mondiale, dont l’ambition ouverte est d’instaurer une ploutocratie mondiale. Le pouvoir sans contre-pouvoir, c’est-à-dire le pouvoir absolu, est l’essence même du libre-échange, c’est aussi la définition de la dictature 12. Il en résulte que l’avènement du nouvel ordre mondial (NOM) ne sera rien d’autre que la résurgence au niveau mondial du système féodal : un nouveau système de dépendance et d’asservissement fondé sur la domination monétaire et commerciale, c’est-à-dire le contrôle du monde par les quelques acteurs qui dominent l’économie mondiale. La liberté révolutionnaire du commerce, faussement proclamée pour tous, a été, est et sera en définitive le plus sûr moyen de tuer la liberté politique, civile et patrimoniale du plus grand nombre. Une fois la finalité du libre-échange clairement précisée, intéressons-nous à la raison qui a permis l’émergence d’un principe aussi ouvertement scélérat. III) L’opacité et la corruption comme méthodologie du libre-échange Le libre-échange est indéfectiblement lié à une utilisation massive, voire institutionnelle de la corruption ; il s’accompagne de la suppression des débats publics et d’une corruption de grande ampleur des décideurs politiques. Un exemple canadien, bien qu’ancien, est à cet égard parfaitement instructif. Il laisse apparaître sans aucun doute possible que le libre-échange s’accompagne en coulisse, derrière les beaux et lénifiants discours officiels sur la liberté, d’une volonté puissante de domination et d’une corruption généralisée des élites politiques. L’anecdote particulièrement significative des objectifs réels du libre-échange, a été rapportée par David Orchard dans son ouvrage Hors des griffes de l’aigle. Quatre siècles de résistance canadienne à l’expansionnisme américain, concernant les visées américaines sur l’État canadien. Dans cet ouvrage, l’auteur cite le rapport au département d’État américain fait le 13 mai 1854 par un certain Isaac Andrews, agent secret des États-Unis d’Amérique : «Dans le but d’aider les mouvements partisans de l’annexion et du libre-échange au Canada, j’ai versé 5 000 dollars à un rédacteur de journal, 5 000 dollars à un procureur général, 5 000 dollars à un inspecteur général et 15 000 dollars à un député de l’assemblée du Nouveau-Brunswick. J’ai pris par conséquent les mesures qu’exigeait la situation au Nouveau-Brunswick afin de modérer l’opposition et de tranquilliser l’opinion publique. J’ai réussi à me rendre à […] avant la fin de la session de l’assemblée législative du Nouveau-Brunswick et ainsi éviter tout débat sur la proposition de traité de libre-échange à l’étude ou sur toute autre mesure législative néfaste. J’ai déversé plus de 100 000 dollars pour convaincre d’éminentes personnalités d’appuyer l’annexion du Canada par les États-Unis ou, sinon, le libre-échange avec les États-Unis. Mais cette somme n’est rien en comparaison des privilèges qui vont être obtenus de façon permanente et du pouvoir et de l’influence que cela donnera à jamais à notre Confédération.» Le fonctionnement de l’Union européenne, institution fondée par et pour le libre-échange, est une autre illustration de l’utilisation massive, institutionnellement admise, de la corruption des décideurs publics par les firmes multinationales ; cette corruption porte le doux nom anglais de lobbying. En Union européenne, le pouvoir législatif est entre les mains de décideurs non élus, les commissaires européens, adoubés par les pouvoirs exécutifs européens et d’autres institutions comme le CFR – qui promeut la consolidation économique du monde en blocs régionaux. La Commission européenne est, par construction, toute acquise à la cause oligarchique. Plus récemment, les conditions de secret qui entourent la gestation du grand marché transatlantique est une autre manifestation de la vaste entreprise d’opacité, visant à court-circuiter les institutions politiques des États, qui accompagne de façon structurelle le libre-échange. Les élus d’Europe n’ont qu’un accès tardif et réduit aux négociations du grand marché transatlantique, qui ne supportent aucun réel débat public. L’accès aux documents de travail des élus n’est possible que dans des conditions extrêmement surveillées 13. Les parlementaires allemands ayant, sans surprise, davantage accès auxdits documents que les parlementaires des autres États, tout en ayant une interdiction formelle de les photocopier 14. Conclusion : de la liberté du commerce à la disparition de la civilisation Le libre-échange organise au niveau mondial un pur schéma de prédation économique qui a tôt fait de se transformer en prédation politique, géopolitique et civilisationnelle. Cette prédation ultime est une conséquence mécanique de la prédation économique qui génère spontanément une énorme concentration de capitaux. Les très grandes entreprises, dirigées par leurs actionnaires majoritaires, prennent le contrôle institutionnel des États au moyen du libre-échange. Le champ d’action de la liberté totale du commerce, compris comme la domination géopolitique de la caste des grands capitalistes, n’est plus, aujourd’hui, limitée que par les seules connaissances techniques et scientifiques ; elle se développe et progresse à mesure que progressent ces dernières. Ainsi, alors que la société commerciale permet de faire commerce de tout type de biens, licites ou illicites, elle permet aujourd’hui d’intégrer au commerce non seulement le corps humain mais aussi et surtout les produits et parties de celui-ci, remettant fondamentalement en cause la notion d’intégrité du corps humain. L’objectif à peine inavoué des principaux capitalistes à l’œuvre paraît bien être la possession de l’éternité, qui justifie les énormes capitaux investis – notamment par une entreprise comme Google – dans le projet transhumaniste. Au-delà de la destruction des États, la liberté totale du commerce a pour conséquence sociologique d’engendrer une déstructuration profonde des sociétés humaines traditionnellement fondées sur un ancrage géographique et sur l’affection filiale et intergénérationnelle. Elle a également pour effet – à moins que ce ne soit un objectif ? – de détruire l’intégrité du corps humains, ravalant l’Homme au rang de bien matériel. Le libre-échange préfigure un monde dans lequel les classes financièrement inférieures seront reléguées au rang de fournisseur de pièces de rechange corporelles pour les plus riches. Au bout du chemin du libre-échange il y a non seulement la disparition des États nations mais encore, et surtout, l’asservissement généralisé, voire même, un pas plus loin – si l’on en croit les indications du Georgia Guidestones – la disparition d’une bonne partie des populations vivant sur terre. Cette voie, toute tracée pour nous par l’oligarchie à la manœuvre, n’est pas inéluctable. Nous verrons plus tard 15 que ce projet de domination planétaire, entièrement fondé sur la notion d’entreprise, peut être stoppé par une simple appropriation juridique par les États du concept d’entreprise. En d’autres termes, la survie – de la liberté et de l’humanité – suppose que l’entreprise de type capitalistique réintègre le corps social, dont elle a – grosso modo depuis la Révolution française – émergé comme une tumeur cancéreuse sur un organe sain. Un tel retournement des choses aurait pour effet de remettre le fait économique dans le giron du fait politique et de rendre à la notion d’État ses lettres de noblesses. Quel État, quel chef d’État, en sera capable ? Valérie Bugault est Docteur en droit, ancienne avocate fiscaliste, analyste de géopolitique juridique et économique Article précédent Article suivant À Suivre… Vendredi prochain même heure jusqu’en avril Notes 1. Lire à cet égard les articles à venir sur la géopolitique des banques centrales ainsi que celui qui sera consacré au fonctionnement des banques et des entreprises ↩ 2. Traité sur le Fonctionnement de l’Union européenne ↩ 3. http://lewebpedagogique.com/grunen/accords-de-bretton-woods-22-juillet-1944/ ; http://abc economie free fr/gratuit/brettonwoods html ↩ 4. http://www.lemonde.fr/economie/article/2015/10/05/partenariat-transpacifique-un-accord-entrelesetats-unis-et-onze-pays_4782836_3234.html ; http://www.lefigaro.fr/flasheco/2016/02/04/97002- 20160204FILWWW00001-l-accord-de-partenariat-transpacifique-signe.php ↩ 5. Histoire secrète de l’oligarchie anglo-américaine, de Carroll Quigley, publié aux États-Unis en 1981 et traduit en français cette année, avec une préface de Pierre Hillard ↩ 6. Lire nos articles concernant la géopolitique des banques centrales et le fonctionnement des entreprises et des banques ↩ 7. http://www.euractiv.fr/section/commerce-industrie/news/francois-hollande-veut-accelererlesnegociations-commerciales-avec-les-etats-unis/ ; http://reporterre.net/La-mobilisation-contreleTraite ↩ 8. http://www.latribune.fr/actualites/economie/union-europeenne/20150305triba7dc96c4a/ttipmerkelveut-signer-avec-les-etats-unis-en-2015.html ↩ 9. http://www.latribune.fr/opinions/blogs/vu-de-bruxelles/cecilia-malmstrom-une-infirmiere-auchevetdu-ttip-475734.html ↩ 10. Voir par exemple : https://stoptafta.wordpress.com ↩ 11. http://fr.novopress.info/191459/25-millions-signatures-contre-tafta-poubelle/ ; http://www.marianne.net/susan-george-32-millions-signatures-contre-tafta-c-est-premiereeurope100237158.html ; http://www.upr.fr/actualite/monde/tafta-l-upr-lance-une-grande-petitionpourdemander-a-francois-hollande-l-organisation-d-un-referendum ;http://lexpansion.lexpress.fr/actualite-economique/europe-etats-unis-pourquoi-le-traite-taftaneverra-pas-le-jour-en-2015_1643110.html ↩ 12. La dictature est, selon le dictionnaire Larousse, un «régime politique dans lequel le pouvoir est détenu par une personne ou par un groupe de personnes qui l’exercent sans contrôle, de façon autoritaire». ↩ 13. https://stoptafta.wordpress.com/2016/01/07/acces-des-eurodeputes-aux-documentsdenegociation-sur-le-tafta-ttip/ ; pour l’accès limité aux parlementaires français : http://lexpansion.lexpress.fr/actualite-economique/arret-des-negociations-du-tafta-le-double-jeudela-france_1720112.html ↩ 14. http://danielleauroi.fr/?p=10599 ; http://fr.sputniknews.com/opinion/20160127/1021251518/taftaallemagne-documentssecrets.html ↩ 15. Les articles à suivre concernant la géopolitique de l’entreprise (parties 5 et 6) ↩ 3 934 Articles from Le Saker Francophone Décryptage du système économique global [3/7] : Géopolitique de l’optimisation fiscale 2016 03 11 16:03:22 saker Par Valérie Bugault – le 21 février 2016 Introduction La technique dite d’optimisation fiscale est la conséquence juridique de la généralisation du principe de libre-échange 1 . Le libre-échange peut se définir en quatre mots : la suppression des frontières. L’optimisation fiscale consiste, pour les entreprises, à localiser leur bénéfice dans les places les moins fiscalisées. L’optimisation fait perdre aux États, légalement et mécaniquement, une partie substantielle de leurs ressources budgétaires. Le contexte dans lequel s’inscrit l’optimisation fiscale Le rapport de force entre d’une part les États et d’autre part les entreprises multinationales a été fondamentalement modifié par la généralisation du principe de libre-échange et de l’optimisation fiscale qui lui fait cortège. Au point de changer, de façon fondamentale, la conception du rôle de l’administration fiscale : de père fouettard, celle-ci est devenue 2 , à coup d’instructions et autres recommandations en ce sens, un correspondant des entreprises chargé de négocier dans le cadre des rescrits fiscaux 3 . Les administrations fiscales deviennent des organismes consensuels cherchant des arrangements acceptables avec les entreprises. Tantôt il s’agit de négocier d’un commun accord avec les entreprises le schéma général de leurs prix de transfert (facturation intra-groupe) – en conformité à des lignes directrices éditées au niveau européen dans le cadre des réunions dites Ecofin, application du soft power cher aux Anglo-Saxons –, tantôt il s’agit de négocier avec elles certains avantages en contrepartie de leur implantation à tel ou tel endroit, etc. Tout le monde a entendu parler du prétendu scandale des accords fiscaux de monsieur Juncker 4 . Les Luxembourg aux multinationales et de l’absence de transparence avec les autres États de l’Union européenne. Ce que les gens savent moins est que la pratique des accords fiscaux est une pratique générale au sein des pays de l’OCDE. En particulier, tous les États européens, et la France ne fait évidemment pas exception, pratiquent, à des degrés divers, ce genre de négociations fiscales avec les multinationales et les grosses PME. Ce jeu s’impose aux États qui veulent survivre à la concurrence mondiale organisée par le libre-échange qui met État et multinationale sur un pied d’égalité institutionnel. Cette pratique, perverse pour les budgets des États, démontre la faiblesse constitutive de ces derniers face aux multinationales. Cette faiblesse est organisée de telle sorte que ce sont les États eux-mêmes qui sont amenés à gérer leur propre sabordement en entrant dans le jeu mondial de la moins-disance fiscale. Insistons sur le point suivant : les règles du jeu du processus conduisant au sabordement des États ont été organisées et acceptées par les plus hautes instances politiques étatiques. La responsabilité de l’apparition des règles du libre-échange international incombe entièrement aux hommes politiques des États qui ont accepté de signer les traités comme les accords du GATT, de l’OMC, de l’OCDE, de l’Union Européenne… Ces traités une fois signés, leurs règles – aussi autodestructrices soient-elles – se sont ensuite imposées aux différents appareils d’État. Les fonctionnaires n’ont pas d’autre choix que de mettre en œuvre, puis faire appliquer sur le territoire de leur État, les accords internationaux signés par les hommes politiques en charge. Certains chefs d’État ont signé ces accords sans en comprendre réellement les enjeux juridiques de nature géostratégique, d’autres ont pu les signer en étant acquis à la cause oligarchique, d’autres encore sous la menace… Dans ce contexte, s’agissant d’optimisation fiscale, un certain discours public empreint de fatalisme économique fait donc face à une réalité qui relève d’un rapport de force géopolitique. D’un côté nous avons les jérémiades étatiques et les discours qui s’ingénient à prétendre possible une lutte contre la perte de rentrées fiscale des États liée à la notion d’optimisation ; discours étayés par certains redressements fiscaux présumés 5 . De l’autre côté il existe des raisons d’ordre international, géostratégique et géopolitique, qui suppriment aux États occidentaux, mais plus généralement aux pays de l’OCDE et bientôt au monde entier, la possibilité de lutter de manière effective – et non seulement oratoire – contre l’optimisation fiscale. Précisons que le terme optimisation ne vaut que du point de vue de l’entreprise, car du point de vue des États, il s’agirait plutôt d’évasion fiscale. L’optimisation fiscale, émanation technique du libre-échange, est une pièce majeure du nouvel agencement géopolitique international. Cette organisation en cours d’élaboration tend à faire perdre aux États leur prééminence politique afin de les mettre au service des acteurs économiques dominants. Il s’agit d’une stratégie de prédation du fait politique par le fait économique dans l’objectif d’une prise de pouvoir politique globale. Nous analyserons l’historique de l’optimisation fiscale (I) avant de considérer son fonctionnement (II) et le détournement de la notion d’État qui en résulte (III). I. Contexte historique de l’optimisation fiscale L’optimisation fiscale a été consciencieusement organisée par les grands argentiers du monde occidental dès le début du XXe siècle. Elle s’est ensuite généralisée au fur et à mesure que ces mêmes individus imposaient les règles du commerce international au monde entier. Ce sont les propriétaires des grandes entreprises américaines (dans les domaines pétroliers, du rail etc.) qui, au début du XXe siècle, et à la faveur de l’organisation des USA en fédération, avaient pris l’habitude de localiser les bénéfices de leurs lucratives activités dans les États qui étaient fiscalement les moins exigeants. Les États fédérés étaient ainsi mis en concurrence juridique et fiscale les uns avec les autres. Les collectivités publiques s’étaient alors, en retour, organisées pour lutter en tentant d’encadrer ces pratiques prédatrices, faisant naître les prix de transfert. Il faut rappeler que les grands établissements financiers – Rothschild et consorts – avaient favorisé l’émergence de ces firmes – de type monopolistique – en finançant sans limites leurs activités, permettant ainsi l’avènement d’un nombre réduit de grandes entreprises, devenues groupes économiques, détenues par un nombre restreint d’individus, tels les Rockefeller. Ces grands capitalistes ont parallèlement réussi à prendre le contrôle monétaire, dès 1913 avec la création de la Réserve Fédérale 6 , puis de la politique des États-Unis d’Amérique. Les USA ayant été les grands vainqueurs financiers de la Seconde Guerre mondiale, les capitalistes qui détenaient concrètement cet État ont alors entrepris de généraliser au niveau mondial les recettes prédatrices qui leur avaient si bien réussi en interne. C’est ainsi que sont nés, en 1947, les accords du GATT et l’OECE issue du plan Marshall 7 ; l’OECE fut transformée et élargie en 1961, sa vocation devenant mondiale, en OCDE. Les efforts de l’oligarchie occidentale ont été définitivement couronnés de succès en 1994 par l’arrivée, sur la scène internationale, de l’OMC, qui impose le libre-échange à tous ses membres. L’OMC a généré la signature de multiples traités de libre-échange un peu partout dans le monde ; bien que l’ALENA n’ait pas attendu la signature de l’OMC pour entrer en vigueur quelques semaines plus tôt. Les institutions de l’Union européenne organisées par des Traités successifs (1957, 1992, 2007) dont les piliers fondateurs sont le libre-échange s’analysent en une consolidation géopolitique de l’entreprise de domination des États par les multinationales (sur ce sujet lire mon article précédent sur la Géopolitique du libre-échange). Forts de leur expérience américaine réussie et dans l’objectif de renforcer leur position stratégique dans leur ambition de conquête du monde, les grands argentiers ont créé l’UE comme bras armé régional de leurs intérêts. L’Union européenne opère comme un mur de consolidation de l’édifice international consistant à reléguer les États au rang de reliques. En conclusion, l’optimisation fiscale est indissociable du libre-échange qui, en organisant ses propres conditions d’existence, favorise en retour les possibilités d’optimisation : le scandale Juncker en est la parfaite illustration. II. Fonctionnement de l’optimisation fiscale La conjonction du commerce intra-groupe et des principes de liberté de circulation des capitaux, des biens et des personnes permet une localisation judicieuse des activités au sein des groupes constitués de sociétés variées, autant par leur nombre que par leur forme. Concrètement, les actionnaires majoritaires d’un groupe économique décident de localiser la société portant la valeur juridique et économique – celle qui détient la marque ou le brevet par exemple – dans un État où la fiscalité générale, ou seulement celle afférente aux marques et brevets, est favorable ; cet État n’étant pas nécessairement un paradis fiscal au sens strict. Par exemple, la législation française a longtemps été très favorable à l’activité de recherche et développement en permettant la déduction des frais de recherches réalisés à l’étranger. De ce fait, la France, considérée comme un paradis pour cette activité particulière, attirait volontiers la localisation de centres de recherches des différents groupes. Notons que dans un monde digital où les actifs sont de plus en plus dématérialisés (marques, brevet etc.), il devient de plus en plus aisé, pour les propriétaires de groupes de sociétés, de localiser la valeur dans des endroits fiscalement accueillants et d’organiser le groupe en entreprises spécialisées par tâches. L’exemple d’Amazon est à cet égard très explicite. Ce groupe centralise sur une société luxembourgeoise en commandite simple la valeur de ses actifs technologiques (sites web, systèmes d’information etc.). L’activité de commercialisation (vente en ligne) des produits Amazon est quant à elle centralisée sur une autre société, holding de type commercial (SARL), luxembourgeoise. Toutes les autres sociétés européennes d’Amazon sont des filiales qui fournissent à la SARL luxembourgeoise un service de logistique et d’expédition (distribution). La SARL luxembourgeoise paie d’une part les frais d’utilisation des actifs technologiques à la société en commandite simple luxembourgeoise, et d’autre part les frais de distribution aux différentes filiales européennes, vidant ainsi de sa substance la majeure partie de son chiffre d’affaire. Du point de vue des entreprises, la localisation judicieuse des activités est considérée par les agents économiques comme réalisant une bonne gestion car elle leur permet de choisir la localisation d’une activité en fonction du lieu qui offre le moins de pression juridique, sociale, réglementaire ou le plus d’avantages fiscaux sur cette activité particulière. La localisation judicieuse des activités permet aux entreprises d’un même groupe de réaliser de substantielles économies d’impôts parce que celles-ci sont légalement autorisées à commercer entre elles. La pratique du commerce intra-groupe, qui fait d’une entité du groupe une cliente d’une autre entité du même groupe, est une pratique décisive et essentielle dans le concept d’optimisation fiscale. Cette liberté du commerce intra-groupe, actée par les États est cependant perçue par eux comme un danger. C’est la raison pour laquelle ces derniers ont réagi en tentant de contrôler ces flux internationaux intra-groupe par la pratique dite des prix de transfert Les prix de transfert sont les prix de facturation – dite intra-groupe – pratiqués entre elles à l’international par des entreprises appartenant à un même groupe. Les administrations fiscales des États cherchent à contrôler la juste évaluation de la tarification d’un service ou d’un bien fourni à l’international entre sociétés d’un même groupe. La détermination de ces prix est, par essence, particulièrement difficile et sujette à caution. D’une part le pouvoir propre de négociation de chaque entité juridique d’un même groupe n’existe que dans la mesure restreinte de l’intérêt des actionnaires majoritaires du groupe. L’absence de réelle autonomie décisionnelle au niveau économique de chaque entreprise va de ce fait directement à l’encontre de son autonomie juridique apparente. D’autre part les prix objectifs qui servent d’étalonnage aux prix de transfert, c’est-à-dire ceux pratiqués en dehors du groupe par des entreprises indépendantes, sur le marché en question – s’il existe – peuvent-être eux-mêmes faussés par l’existence du groupe si ce dernier est, sur le marché en question, dans une situation oligopolistique – ce qui n’est pas rare. La détermination du prix intra-groupe est fondamentale car c’est à travers lui que les bénéfices sont transférés d’une société du groupe à une autre. Dans le cas d’Amazon, l’évaluation de la redevance afférente aux services technologiques permet la localisation de l’essentiel du bénéfice dans la société en commandite simple qui porte les actifs technologiques, alors que l’essentiel de l’activité est généré par les filiales de commercialisation situées dans chaque pays. Du point de vue des États, la pratique de l’optimisation fiscale a un effet immédiat : elle génère mécaniquement une course à la moins-disance fiscale. Les États se voient contraints de proposer aux entreprises toutes sortes de cadeaux juridiques et fiscaux afin de conserver ou accueillir sur leurs territoires des entreprises qui feront entrer des prélèvements obligatoires – dont le rôle est précisément de faire fonctionner ces États. Les États sont ainsi mis en concurrence les uns avec les autres sur le montant des cadeaux proposés. C’est ainsi que les États les moins exigeants en matière d’impôts remportent la mise de l’installation des entreprises sur leurs territoires. Le jeu fonctionne tant et si bien que les États se voient, de façon structurelle, contraints de réduire leur propre possibilité de financement pour servir l’intérêt des entreprises, c’est-à-dire l’intérêt privé des propriétaires majoritaires de ces dernières. La pratique de l’optimisation fiscale a également un effet secondaire : elle pousse les États à se spécialiser dans certains types d’activité, pour laquelle ils souhaitent être compétitifs. L’exercice effectif d’autres types d’activités se trouve juridiquement et fiscalement découragé. Les États sont ainsi poussés à se priver, volontairement, du savoir-faire et des actifs afférents aux activités sacrifiées. Nous assistons ici à une sorte de fordisme appliqué aux États. Si la motivation des États est la survie économique à court terme dans un environnement ultraconcurrentiel, les effets de ce système sont invariablement et mécaniquement, sur le moyen et long terme, un appauvrissement général des États, tant en matière économique qu’en matière de savoir-faire. De l’optimisation fiscale aux paradis fiscaux L’exposé du fonctionnement de l’optimisation fiscale rend nécessaire une brève analyse des interactions entre optimisation et paradis fiscaux. Ces derniers ne sont pas seulement des places qui imposent un bénéfice mais aussi et surtout des places qui permettent de déplacer le bénéfice dans un endroit où les propriétaires anonymes d’une entreprise ne seront pas imposés. Pour reprendre l’exemple d’Amazon, la société qui récupère l’essentiel du bénéfice du groupe en Europe, ne paie pas d’impôt au Luxembourg car, particularité juridique de la société en commandite simple luxembourgeoise, l’impôt est payé dans le pays de résidence des commanditaires, en l’occurrence trois sociétés américaines immatriculées au Delaware, paradis fiscal américain. L’utilisation des paradis fiscaux opère comme un élément accélérateur de la domination des multinationales sur les États en fluidifiant les flux financiers et en procurant un refuge fiscal aux bénéfices générés par l’optimisation. III. Conséquence de l’optimisation fiscale : un détournement légal de la notion d’État Nous avons vu que le processus qui porte le nom d’optimisation fiscale est une conséquence du principe de libre-échange, qui se matérialise juridiquement par la liberté de circulation des capitaux, des biens et des personnes. L’avènement de ces principes au niveau mondial a permis l’émergence de l’entreprise comme acteur institutionnel de droit international ; mettant État et multinationale – c’est-à-dire groupe économique – en position d’égalité statutaire. L’optimisation fiscale intervient pour organiser et structurer juridiquement le principe général de libre- échange. Elle place les États en position de devoir attirer le chaland, c’est-à-dire en position d’infériorité économique par rapport aux multinationales qui pratiquent une sorte de chantage à l’installation. Concrètement, les États sont ravalés à la position de simples agents économiques contraints de marchander leur pain quotidien auprès des multinationales. Nous assistons ici à un détournement de la nature juridique de l’État. Un pas plus loin, l’État est, par le jeu combiné du libre-échange et de l’optimisation fiscale, ravalé au rang de simple agent économique au service exclusif des acteurs économiques dominants. En réduisant volontairement leurs propres possibilités de fonctionnement – puisqu’il s’agit pour eux de réduire d’abord leurs prétentions fiscales sur les entreprises – les États sont mis, de façon structurelle, dans la situation de devoir rendre service aux principaux propriétaires des groupes économiques. L’optimisation fiscale réalise ici un détournement de la fonction de l’État, qui n’est plus de rendre service aux gens qui vivent sur son territoire, mais de favoriser les propriétaires de capitaux des très grandes entreprises, générant du même coup un tarissement spontané des moyens financiers étatiques. Plus de cadeaux fiscaux aux entreprises signifie en effet, de façon mécanique, moins de rentrées en termes de prélèvements obligatoires (impôts et charges sociales). Ce qui a pour effet direct une disparition des moyens d’action de l’État pour améliorer le bien commun, pour financer, par exemple, des infrastructures utiles à tous, ou encore pour redistribuer une partie de la richesse produite de façon à donner aux plus démunis, individus ou collectivités publiques, la possibilité d’œuvrer également à l’amélioration du bien commun. L’ordre oligarchique international ainsi conçu tend à assurer la prééminence statutaire des groupes économiques sur les États. L’OCDE joue, dans ce nouvel ordre mondial, un rôle essentiel. Le rôle prépondérant de l’OCDE dans l’hégémonie mondiale des groupes économiques Dans l’organisation internationale du libre-échange et de l’optimisation fiscale qui en découle, le rôle de l’OCDE est primordial ; sous couvert d’harmonisation, de promotion de développement économique et de proposition de réglementation – en particulier par la mise à disposition des États de modèles de conventions internationales – cet organisme, appliquant le principe de soft law, met en réalité tout en œuvre pour permettre aux entreprises d’asseoir leur position dominante face aux États. Par exemple, sous prétexte de limiter et supprimer les situations de double imposition des entreprises, l’OCDE cristallise la possibilité légale pour les entreprises à implantations multiples de faire échapper des pans entiers d’activité à l’impôt dû dans un pays en les localisant dans des pays à fiscalité moins contraignante – qui ne sont pas nécessairement des paradis fiscaux. Si l’OCDE prétend lutter contre les pratiques d’optimisation fiscale, c’est essentiellement pour ne pas indisposer à son égard des États de plus en plus réticents face à la généralisation de l’évasion fiscale au moyen de l’utilisation des paradis ; le tour de passe-passe, purement rhétorique, consiste à vouloir agir pour prétendre permettre aux États de collecter effectivement l’impôt dû. L’OCDE propose en définitive de limiter les cas les plus extrêmes, c’est-à-dire les possibilités de société hybrides – double nationalité dans un pays particulier et dans un paradis fiscal – ainsi que l’utilisation de coquilles vides 8 ; cet organisme se félicitant dans le même temps des bas taux d’imposition, lesquels sont générés par la moins-disance fiscale. L’OCDE ne propose évidemment pas de supprimer la liberté de circulation des capitaux, des biens et des services, cause primaire de l’existence de la technique d’optimisation fiscale. Par l’harmonisation et le modèle de développement économique que l’OCDE met à la disposition des entreprises et des États, cet organisme impose en réalité la prédominance institutionnelle des entreprises sur les États. La pratique à l’échelle mondiale de l’optimisation fiscale réalise en réalité un détournement juridique de la notion d’État, à la fois dans sa nature et dans sa fonction juridique. Pour remettre les choses à leur bonne place, il suffit de se souvenir que la fonction juridique d’un État n’est pas de nature strictement économique, comme l’est celle d’une entreprise, mais de nature politique : l’État est une entité issue de la collectivité de ses habitants, chargée de réguler la vie en commun des habitants vivant sur son territoire. Conclusion L’appauvrissement financier des États qui résulte de l’optimisation fiscale entraîne un appauvrissement moral de ces derniers. En effet, pour faire face au financement de leur différents services publics traditionnels, les États sont naturellement contraints d’augmenter la pression fiscale et sociale – en termes d’assiette, de taux et de contrôle – sur les petits contribuables, entreprises ou particuliers, qui ne peuvent pas délocaliser leurs revenus ; ce qui génère, en retour une augmentation légitime de la grogne sociale. Les États perdent en conséquence non seulement des facultés de financement, mais également, ce qui est sans doute encore plus grave, leur légitimité populaire, c’est-à-dire leur droit moral d’exister. Par le biais de ce dégât collatéral du libre-échange, les petits contribuables – entreprises ou particuliers –, réelles victimes du système en place, deviennent des auxiliaires objectifs des projets oligarchiques de destruction du concept d’État. Les groupes économiques qui maîtrisent, par la mise en place de différents organismes internationaux, les règles du jeu institutionnelles, disposent des États comme de pions sur l’échiquier des institutions internationales. Le libre-échange et l’optimisation fiscale opèrent une réelle prise de pouvoir politique des propriétaires majoritaires des multinationales – groupes économiques – sur les États. Étant donné le poids des USA et de leurs alliés-assujettis, les États récalcitrants à entrer dans la nasse contractuelle multilatérale créée par l’OMC, l’OCDE, l’UE, etc. se trouvent de facto mis au ban de l’évolution ainsi organisée du commerce international. Il en résulte que ces États ne sont pas en position de lutter contre cet ordre mondial économique. Valérie Bugault est Docteur en droit, ancienne avocate fiscaliste, analyste de géopolitique juridique et économique. Article précédent Article suivant Notes 1. Voir à ce propos notre article précédent sur la géopolitique du libre-échange ↩ 2. Il s’agit, pour la France d’une véritable révolution des mentalités qui a mis du temps à se mettre en place ↩ 3. Voir à ce propos http://www.cms-bfl.com/NewsMedia/PublicationDetail/Pages/default.aspx? PublicationGuid=e1818021-c0d1-4dab-89e6-88696cdef38b ; http://www.impots.gouv.fr/portal/dgi/public/popup? docOid=documentstandard_5738&espId=0&typePage=cpr02 ; sur le problème de la transparence des grandes entreprises sur la pratique des rescrits fiscaux, voir : http://www.europarl.europa.eu/news/fr/newsroom/20150609IPR64206/Des-soci%C3%A9t%C3%A9sincapables-de-rencontrer-la-commission-desrescrits-fiscaux ; sur la coordination européenne en matière de rescrits fiscaux : http://www.europarl.europa.eu/news/fr/top-stories/20150318TST35503/Fiscalit%C3%A9-desentreprises ↩ 4. Cf. http://www.politis.fr/articles/2014/11/juncker-au-centre-dun-scandale-fiscal-impliquant- 340multinationales-28907/ ; et encore http://www.huffingtonpost.fr/2014/11/06/luxembourg-junckerluxleaksoptimisation-fiscale-commission-europeenne_n_6112956.html ↩ 5. Par exemple le présumé redressement fiscal de Google France : http://www.lefigaro.fr/secteur/hightech/2016/02/24/32001-20160224ARTFIG00266-google-risque-unredressement-fiscal-d-16-milliard-deuros-en-france.php ; http://www.lefigaro.fr/secteur/hightech/2015/08/17/32001-20150817ARTFIG00039google-a-baisse-de-35-ses-impots-payes-enfrance.php ↩ 6. Cf. La guerre des monnaies ; la Chine et le nouvel ordre mondial, de Hongbing Song ↩ 7. Le plan Marshall était volontiers paré aux yeux du grand public de la cape de la bienfaisance américaine pour la reconstruction européenne ; il a été en réalité le moyen utilisé par les capitaux américains pour s’implanter massivement et durablement en Europe occidentale. ↩ 8. http://www.lefigaro.fr/impots/2013/01/20/05003-20130120ARTFIG00136-google-amazon-apple-locdelance-l-offensive.php ↩ 2 433 Articles from Le Saker Francophone Décryptage du système économique global [4/7] : Géopolitique des paradis fiscaux Introduction Le terme de «paradis fiscal» a été évoqué à l’occasion d’un précédent article consacré à la géopolitique de l’optimisation fiscale, ce qui n’a rien d’étonnant, car l’existence même de ce concept est indéfectiblement liée au commerce et aux bénéfices qu’il génère. Toutefois, outre que ce terme n’avait alors pas été défini, le contexte historique et géopolitique dans lequel s’inscrivent les paradis fiscaux mérite que l’on s’y attarde un moment. L’objet du présent texte n’est pas de détailler les législations françaises, européennes et autres, de la lutte contre l’évasion fiscale mais de montrer le rôle et l’évolution des paradis fiscaux dans l’architecture économique et commerciale globale passée, actuelle et future. La définition du paradis fiscal varie généralement en fonction des organismes qui s’y intéressent 1 . Néanmoins, depuis le G20 de Londres de 2009, la définition donnée par l’OCDE en 2001 2 fait consensus au niveau international. Cette définition se concentre sur les quatre critères suivants : 1° l’absence d’impôt, ou la présence d’impôts insignifiants, dans le cas des paradis fiscaux, et une imposition effective faible ou nulle des revenus considérés dans le cas des régimes préférentiels ; 2° l’absence d’échange effectif de renseignements ; 3° le manque de transparence ; 4° l’absence d’activités substantielles, dans le cas des paradis fiscaux, et les pratiques de cantonnement dans le cas des régimes fiscaux préférentiels. D’une façon générale 3 les principaux éléments permettant d’identifier un paradis fiscal sont : un secret bancaire opposable aux États, une fiscalité des non-résidents particulièrement allégée voire nulle, une législation permissive quant à l’opacité des propriétaires des fonds déposés et une absence d’échange de renseignements fiscaux avec les états tiers. Jusqu’au milieu du XXe siècle, les paradis fiscaux occidentaux traditionnels existaient à la marge, de façon officieuse et n’étaient pas un rouage essentiel de l’économie. Ce premier type de paradis fiscal était essentiellement dominé par des États indépendants. Dans la seconde moitié du XXe siècle, les principaux banquiers occidentaux ont mené, via les États-Unis 4 , leurs États satellites et les organismes internationaux qu’ils ont institués, une guerre sans merci aux paradis fiscaux reposant sur les comptes numérotés, permettant une immense concentration d’argent disponible entre les mains des principaux banquiers de la planète agissant dans des paradis organisés autour des trusts anonymes. 2016-03-18 17:03:31 saker Par Valérie Bugault le 21 février 2016 La différence entre l’avant et l’après Seconde Guerre mondiale est de taille. La domination américaine a changé en profondeur à la fois la quantité et la qualité des paradis fiscaux. En quantité, le nombre d’États indépendants paradis fiscaux, a subi une phénoménale augmentation. En terme qualitatif, les paradis fiscaux anglo-saxons ont acquis un statut social : ils deviennent partie intégrante de l’organisation économico-politique globale voulue par les plus grands capitalistes occidentaux qui contrôlent la Fed, les différentes banques centrales, la BRI et les institutions financières internationales issues des accords de Bretton Woods. Ce phénomène a accompagné la fusion des anciens empires européens, tous peu ou prou ralliés à la méthode de domination financière anglo-saxonne. Cette domination a permis une transmutation de la notion même de l’impérialisme : de politique, celui-ci est devenu financier. Nous présenterons la genèse et l’historique des paradis fiscaux avant de décrire leur rôle géopolitique. I) Genèse et historique des paradis fiscaux Si l’on remonte au Moyen-Âge, les paradis fiscaux trouvent leur origine dans la notion de ville franche, qui étaient des villes exonérant les commerçants de l’impôt seigneurial. Ces villes étaient souvent des villes portuaires, des lieux de passage des marchandises qui rendaient nécessaire la présence sur place des commerçants. La City de Londres, qui acquiert dès 1319 une autonomie politique, peut être considérée comme étant historiquement le premier paradis fiscal des temps modernes. Elle abrite les plus riches commerçants anglais qui ont obtenu d’Édouard II – souverain faible et/ou corrompu – un statut dérogatoire au droit public. La City est, depuis cette époque, une ville dans la ville, son activité financière échappe à la magistrature de l’État britannique tout en faisant bénéficier l’empire thalassocratique des largesses financières nécessaires à son propre développement. La City a opéré comme une sorte de poste de pilotage de l’empire britannique conférant aux dirigeants britanniques qui se sont succédé les moyens financiers de développer leur autorité sur le reste du monde. Dans ce contexte, la relation entre l’État britannique officiel et la City était apparemment d’ordre symbiotique, le développement de l’un conditionnant celui de l’autre. Toutefois, dans la mesure où l’apport financier est le moteur de ce type de développement, la symbiose tend à se transformer en parasitisme : le pouvoir politique apparent est, en réalité, au service du pouvoir financier caché, lequel décide ou non d’accorder au premier les subsides requis. Le pouvoir financier vit et se développe in fine au détriment du pouvoir politique apparent, distordant ce dernier dans le sens qui lui convient. Dans ce type de relation, il apparaît dès l’abord que le pouvoir politique apparent est illusoire, une simple façade, permettant au pouvoir financier anonyme de se développer en toute tranquillité. C’est justement cet anonymat que l’on retrouve au cœur même de la notion de paradis fiscal et, plus largement, dans l’organisation de l’entreprise de type capitalistique telle qu’elle s’est développée depuis l’avènement de la révolution industrielle. Au XXe siècle, l’empire britannique a cédé la place à son successeur l’empire américain. Ce dernier s’est développé sur le modèle du premier. Dès 1913 – date de création de la Fed – les principaux banquiers ont asservi le pouvoir politique au pouvoir financier ; on retrouve ici la marque de fabrique de l’empire britannique, dont le développement s’est fondé sur la puissance financière de la City. Dès la fin du XIXe siècle et dans la première moitié du XXe siècle, les plus grosses entreprises américaines, qui ont dû leur développement aux principaux banquiers privés européens, ont organisé un système de mise en concurrence juridique et fiscale des différents États fédérés au moyen de la liberté de circulation des capitaux et des biens à l’intérieur de l’État fédéral 5 . C’est à cette époque que le Delaware et le New Jersey naissent en tant que paradis fiscaux 6 ; ces États ont collecté les capitaux qui échappaient à l’impôt dû par les entreprises dans leur État d’origine. Histoire du Delaware : de la ligue hanséatique au NOM Parmi les nombreux paradis fiscaux, le Delaware sort du lot. D’une part il est particulièrement important en terme quantitatif. Le Réseau pour la justice fiscale classe le Delaware au tout premier rang des paradis fiscaux au regard de critères combinant le degré d’opacité et le poids dans l’économie mondiale. D’autre part, l’histoire du Delaware renvoie à celle de deux États qui ont été des points d’ancrage de la finance et de la concentration des capitaux : les Pays-Bas et l’Angleterre. L’État du Delaware a en effet été créé par des colons néerlandais avant d’être cédé, après trois guerres, à l’Angleterre à la fin du XVIIe siècle (en 1674). Une petite digression historique permettra de donner un aperçu du rôle des Pays-Bas et du Royaume Uni dans l’évolution du système de l’impérialisme financier. Au Moyen-Âge, les Pays-Bas sont au cœur de l’élite commerçante, dite ligue hanséatique. Cette ligue, composée d’associations de commerçants, a prévalu en Europe à l’époque précédant l’avènement de l’empire britannique 7 , soit des XIIe au XVIIe siècles. La croissance de la ligue hanséatique a eu lieu dans un monde où colonisation et évangélisation vont de pair ; elle est liée à la montée de l’ordre des Chevaliers teutonique et au prosélytisme catholique servant de façade aux jeux de pouvoir mondiaux. Il est loisible de penser 8 que l’élite financière à l’origine de la création et du développement de la ligue hanséatique s’est, dès le XVIe siècle, peut-être à la faveur de la politique impériale inaugurée par Oliver Cromwell, transférée dans les avancées de ce qui deviendra l’empire britannique, avant de migrer, de façon institutionnelle à partir de 1913 – date de création de la Fed – dans l’empire américain. L’histoire du Delaware apparaît donc intimement liée à l’évolution géographique des pôles financiers occidentaux. Cet État participe aujourd’hui, en tant que paradis fiscal, à la centralisation des capitaux, qui devrait permettre, si rien ne s’y oppose, l’avènement du Nouvel Ordre Mondial tant attendu par l’élite financière anglo-saxonne 9 . Les mouvements ayant affecté la tectonique des paradis fiscaux dans la seconde moitié du XXe siècle La généralisation au niveau mondial du concept juridique novateur d’optimisation fiscale 10 ne pouvait se révéler fructueuse pour les acteurs économiques dominants qu’à trois conditions. Il fallait premièrement que le principe de liberté de circulation des capitaux soit préalablement instauré au niveau international : ce fut fait par la création de l’UE en 1992, qui n’est autre que l’avènement politique de ce principe, et par la création de l’OMC en 1994 (accords de Marrakech) 11. Il fallait ensuite que l’argent économisé puisse circuler librement de façon effective ; cette contrainte a entraîné la généralisation de l’utilisation du trust, qui est un vecteur juridique, pour la circulation des capitaux 12. Cette forme juridique issue du droit anglais a pour double avantage de permettre une circulation des capitaux dans tous les pays ou places reconnaissant cette forme juridique tout en offrant, comme le faisaient les comptes numérotés, l’anonymat aux propriétaires desdits capitaux – les bénéficiaires anonymes de trusts. Il fallait enfin que l’argent drainé puisse être collecté et utilisé par les acteurs économiques dominants : c’est à cet objectif que répond la propagation et la soudaine indépendance politique des paradis fiscaux anglo-saxons, qui échappent à la domination formelle de la Couronne Britannique pour devenir vassaux directs – bien que cachés – des principaux capitalistes qui se sont approprié les structures étatiques occidentales (USA, États occidentaux et leurs anciennes colonies). Les années 1960, 1970 et 1980 ont ainsi vu émerger sur la scène internationale tout un tas de micro États – devenus subitement indépendants – dont la souveraineté est aussi artificielle que l’est leur économie, entièrement fondée sur l’évasion fiscale et le blanchiment d’argent. A titre d’illustration, citons par exemple, les Îles Caïmans ou la Barbade qui a acquis en 1966 son indépendance formelle en qualité de Royaume du Commonwealth. Les Maldives acquièrent en 1965 leur indépendance, quittant leur statut de protectorat britannique. En 1976, les Seychelles forment un État indépendant membre du Commonwealth et de la francophonie. Ancienne colonie britannique Antigua et Barbuda devint indépendante en 1981 en tant que Royaume du Commonwealth et adhéra dans la foulée à l’Organisation (régionale) des États de la Caraïbe orientale (OECO). Ajoutons Hong-Kong et Singapour qui sont formellement indépendants mais dont l’organisation financière interne reste anglo-saxonne. La surface globale des paradis fiscaux ainsi augmentée, l’évasion fiscale globale a pris une ampleur inédite et les répercussions effectives sur les budgets des États n’ont pas manqué d’apparaître. Les critiques contre les paradis fiscaux ont ainsi fait leur apparition sur la scène mondiale, ce qui a rendu nécessaire une lutte contre les paradis fiscaux. Cette lutte, très médiatisée, a pris une tournure particulière. Au début du XXIe siècle, une lutte apparente contre les paradis fiscaux Derrière l’apparent et très médiatisé mouvement de lutte contre les paradis fiscaux, se profile un insidieux mécanisme de domination géopolitique en faveur des principaux acteurs financiers anglo-saxons. La méthode de lutte contre les paradis fiscaux est un leurre L’OCDE a axé l’essentiel de sa lutte contre les paradis fiscaux sur la notion d’échange d’informations, auquel les places opaques étaient, par principe, opposées. L’OCDE a ainsi édicté des listes noires, puis grises, en fonction du nombre de conventions fiscales d’échange de renseignements passées par les territoires non coopératifs. Cet organisme faisant consensus international, ses pays membres ont globalement aligné leur politique de lutte contre les paradis fiscaux sur ses recommandations. Les conventions d’assistance administrative mutuelles en matière fiscale – selon le modèle de l’OCDE 13 – sont donc l’arme juridique internationalement utilisée, de façon préférentielle, pour lutter contre les paradis fiscaux. Or, ces conventions n’interdisent pas les formes juridiques autorisant l’anonymat des propriétaires de capitaux, que les États restent libres d’accepter sur leurs territoires. L’OCDE se retranche derrière la souveraineté juridique des États pour s’interdire une quelconque intrusion dans l’organisation de l’anonymat capitalistique. Ces conventions n’imposent pas non plus de sanction internationale aux États qui permettent l’anonymat des propriétaires de capitaux. Par ailleurs, l’OCDE valide des échanges d’informations entre places financières obscures ; il suffit donc aux paradis fiscaux de signer entre eux des conventions d’échange d’informations pour respecter leur devoir international de lutte contre les paradis fiscaux. Dans ces conditions, les échanges de renseignements fiscaux (automatiques ou non automatiques) sont et resteront une illusion de lutte contre les paradis fiscaux 14. Il résulte de la méthode utilisée – l’échange de renseignement fiscaux – que la lutte contre les paradis fiscaux est en réalité une lutte contre les paradis fiscaux tenus par des établissements bancaires qui échappent au contrôle des acteurs financiers dominants. Les paradis fiscaux dont l’intégrité restera protégée sont toutes les places dominées par les établissements bancaires et financiers liés à la Fed, aux différentes banques centrales occidentales et affiliées et à la BRI ; ces paradis artificiels fonctionnent au moyen de trusts anonymes, et non pas de comptes numérotés, et ont pour point commun d’être contrôlés par les acteurs économiques dominants. Ces paradis sont juridiquement organisés par les firmes d’audit anglosaxonnes, les fameuses Big Four 15. Ces firmes, très influentes sur la scène internationale, sont aussi très concentrées 16 et fondées ab initio sur des conflits d’intérêts : elles mélangent allègrement les fonctions d’audit financier et de conseil juridique et fiscal – ce qui a pour conséquence de leur octroyer une vue d’ensemble du fonctionnement des entreprises. En conclusion, le parti pris international, piloté par l’OCDE, de lutter contre les paradis fiscaux par la signature de conventions d’échanges d’informations fiscales peut être considéré comme une diversion juridico-politique 17. Les listes noires et grises de l’OCDE apparaissent comme une vaste plaisanterie, pour ne pas dire une escroquerie, politico-juridique de grande ampleur. La lutte contre les paradis fiscaux est en réalité une lutte de l’oligarchie financière anglo-saxonne contre les paradis sous le contrôle d’États indépendants dans l’objectif de récupérer leurs avoirs Les acteurs financiers dominant l’économie mondiale cachés derrière les paravents que sont les USA, le FMI, l’UE, la Banque centrale européenne, l’OCDE et tous leurs pays satellites, ont déclaré une guerre sans merci à tous les paradis fiscaux 18 dont le contrôle leur échappait, au premier rang desquels sont les paradis fiscaux locaux, fonctionnant avec le système de comptes numérotés. Dans ce contexte, on comprend que Myret Zaki se soit émue de ce que les juridictions anglo-saxonnes aient déclaré la guerre à la Suisse 19. L’UE, le FMI et la banque centrale européenne, autant d’organismes émanant de l’État profond occidental, c’est-à-dire des acteurs économiques dominants, ont également déclaré la guerre à Chypre 20, attaquant au passage les avoirs légitimes et illégitimes russes à l’Autriche 21 et au Luxembourg pour les avoirs qui n’étaient pas sous leur contrôle 22. De nouvelles attaques ont eu lieu dans le cadre des fameuses révélations offshore leaks 23. Après avoir opposé une certaine résistance, la Suisse a finalement cédé au principe de l’échange automatique de renseignements, au moins avec les pays de l’UE 24 ; l’Autriche et le Luxembourg n’ont pas même tenté de résister. Avant de renoncer – sous la pression internationale de l’échange de renseignements fiscaux – à ses comptes numérotés, la Suisse avait demandé un délai permettant à ses acteurs bancaires de se former au système des trusts. Aujourd’hui, c’est chose faite, les banquiers suisses ont abandonné les comptes numérotés et se sont organisés, comme les Anglo-saxons, autour des trusts ; ce qui leur a sans doute permis de sauvegarder une partie de leurs avoirs financiers. Toutefois, la guerre des trusts sévit aujourd’hui et si les trusts suisses ne peuvent pas être anonymes, les trusts américains peuvent conserver l’anonymat du bénéficiaire final 25. La guerre faite aux paradis fiscaux fondés sur des comptes bancaires numérotés a pour objet essentiel de drainer les capitaux qui y étaient cachés vers des établissements bancaires tenus par les principaux acteurs économiques occidentaux – La City, le Delaware, Singapour, Caïmans, etc. Finalement, dans cette lutte ouverte contre les paradis fiscaux, il y a, comme dans toute guerre, des perdants, les établissements financiers sous contrôle d’États autonomes, et des gagnants, les établissements financiers gérés par l’aristocratie financière anglo-saxonne. Cette lutte proclamée contre les paradis fiscaux est une parfaite illustration du stratagème numéro un de L’Art de la Guerre de Sun Zi classé parmi les stratagèmes des batailles déjà gagnées, qui stipule que «le grand jour est une cachette plus sûre que la pénombre. Tout montrer c’est obscurcir tout». Ainsi, les grands déballages médiatiques autant que la proclamation officielle d’une lutte sans merci contre les paradis fiscaux dissimulent en réalité l’objectif des acteurs économiques dominants, qui est d’assurer le financement de leur hégémonie en appauvrissant les États, jusqu’à la complète disparition de ces derniers de la scène institutionnelle. II) Le rôle géopolitique des paradis fiscaux : instrument d’affaiblissement des États Les paradis fiscaux opèrent un abaissement structurel du rôle politique des États de deux façons. D’une part, ils permettent aux propriétaires majoritaires des banques anglo-saxonnes de subvertir les États en corrompant les hommes politiques. D’autre part, la notion même de paradis fiscal indépendant est un détournement juridique de la notion d’État. A – Les États sont des acteurs d’une pièce dont le scénario et les bénéfices leur échappent Les principaux actionnaires des banques les plus importantes présentes dans les paradis fiscaux organisent et bénéficient de la collecte des fonds évadés ou optimisés – qui vont se réfugier dans les paradis fiscaux. Ils peuvent ensuite, comme bon leur semble, utiliser ces fonds pour corrompre les hommes politiques et les organismes, subvertissant ainsi les États qui auraient des velléités de s’opposer à leur conquête du pouvoir global. Dans ce contexte, le rôle politique des États est nié, ces derniers sont soumis à la loi des détenteurs de la finance anglo-saxonne. La collecte des avoirs financiers par les paradis fiscaux Les paradis fiscaux servent de refuge – tax heavens en anglais – à des sommes d’argent considérables. Une partie des sommes collectées sont issues de l’optimisation fiscale – argent légalement soustrait aux États. Une autre partie des sommes collectées sont issues de tous les trafics – trafic de drogue, trafic d’humains en tout genre – de la prostitution au trafic d’organes – trafic d’armes… Autrement dit, les clients des paradis fiscaux sont les grandes entreprises – multinationales et très grosses PME –, certains particuliers fortunés mais aussi toutes les mafias, lesquelles sont parfois – souvent ? – liées aux services de renseignements (une partie d’entre eux) des États eux-mêmes 26. Si les trafics illégaux peuvent être le fait d’individus ou mafias isolés, ce cas cohabite avec d’importants flux financiers liés aux trafics d’origine étatiques, trafic de drogue 27, trafic organes 28 etc. Il faut également garder à l’esprit qu’une mafia, pour perdurer, s’appuie nécessairement sur des hommes politiques influents 29, ce qui rend les États au moins partiellement complices de ces mafias privées. L’organisation d’un dense maillage de paradis fiscaux permet aux quelques banques et institutions financières qui y œuvrent de centraliser discrètement la collecte mondiale des capitaux. Les énormes masses d’argent collectées dans les paradis fiscaux pourront ensuite, à la faveur d’opérations pour compte propre, être utilisées par les établissements financiers dépositaires 30. En ce sens, les institutions financières gestionnaires des comptes dans les paradis fiscaux sont les réelles bénéficiaires des immenses quantités de liquidités qui y sont déposées 31. Ces institutions financières peuvent ensuite librement – sans aucun contre-pouvoir ou contrôle – utiliser ces fonds pour corrompre les hommes politiques et les organisations susceptibles de freiner leurs ardeurs conquérantes. Par une ironie de l’histoire, les évadés fiscaux cachés dans les paradis terrestres anglo-saxons jouent, à leur insu, le rôle de simples collecteurs de capitaux au profit des principaux propriétaires financiers ! En affranchissant leurs revenus des liens juridiques et fiscaux avec leurs États, ils préparent leur asservissement à l’empire financier, autrement plus dominateur. Il peut raisonnablement être anticipé que les évadés fiscaux usagés des paradis anglo-saxons perdront la libre disposition de leurs capitaux à mesure que croîtront les besoins de financement de leur bienfaiteurs. Tel est pris qui croyait prendre… Le contrôle des flux financiers internationaux L’homogénéisation des procédures de collecte des avoirs financiers, par le biais de trusts, qui a cours dans les paradis fiscaux, facilite la fluidité de la circulation des fonds. Les paradis fiscaux anglo-saxons sont ainsi des acteurs prépondérants de la stratégie globale de contrôle des flux financiers internationaux. Toutefois, ce contrôle des flux financiers ne serait pas effectif sans la présence d’organismes chargés de gérer les compensations financières entre les différents établissements bancaires. Techniquement, ce contrôle des flux financiers internationaux est assuré par les chambres de compensation 32, souvent situées dans des paradis fiscaux 33. Les flux financiers qui entrent et sortent des paradis fiscaux ne sont contrôlables, partiellement, que par les opérations de compensation, dites de clearing 34. Malheureusement, ces opérations sont elles-mêmes aux mains de chambres de compensation gérées par des établissements financiers. L’État en tant qu’entité juridique de nature politique n’a aucun droit de regard sur les flux transitant dans les paradis fiscaux, ces derniers sont aux mains des acteurs économiques dominants réunis au sein d’une sorte de consortium bancaire. Dans le monde de la finance, tous les organismes de contrôle, ou présentés comme tels, sont aux mains des organismes contrôlés ; les propriétaires majoritaires des principaux établissements financiers, anglo-saxons, sont ainsi de façon constitutionnelle à la fois juges et parties dans la vaste pièce de théâtre qu’est la finance mondialisée. Le paradis fiscal, instrument de subversion et d’affaiblissement des États aux mains des principaux acteurs économiques et financiers, agit comme un accélérateur de destruction des États-nations. Mais il y a plus, tous les prétendus États indépendants vivant de la finance opaque sont, par leur existence même, une négation juridique internationale du principe politique qu’est l’État. B – La notion de places financières autonomes est une nouvelle atteinte au concept politique d’État Sur le fond, une place financière, qui ne vit que par et pour la captation des capitaux – évadés ou optimisés – n’a d’indépendante que l’apparence. Il s’agit en réalité d’un État tout à fait dépendant des capitaux qui le font vivre. Ce phénomène d’illusion d’indépendance est, d’une façon générale, savamment entretenu par les acteurs économiques dominants ; nous l’avons déjà rencontré à propos de l’indépendance des banques centrales 35. Les paradis fiscaux érigés en États indépendants n’ont ni la nature ni la fonction de véritables États, nous assistons ici à un dévoiement ouvert de la notion d’État, une sorte d’abus de droit public international à grande échelle. Élever des places fortes financières au rang d’États indépendants est une manipulation juridique de grande ampleur faite par les tenants de l’économie mondiale 36. Le fait qu’une telle instrumentalisation de la notion d’État ait été possible est le signe que les États en tant qu’entités politiques autonomes ont perdu la partie dans le vaste jeu géopolitique mondial. Cette partie a été incontestablement gagnée par les principaux détenteurs de capitaux financiers. Pour finir de convaincre les plus sceptiques que ces nouveaux États, fantoches, sont voulus et protégés, il suffit de remarquer qu’alors même que les USA n’hésitent pas à faire, ou faire faire par l’OTAN ou autres milices privées – contras –, des guerres (même illégales comme en Irak) à des États tiers (sous le fallacieux prétexte de leur imposer la démocratie), personne n’a jamais entendu parler d’une quelconque velléité des USA ou de l’OTAN d’aller envahir et anéantir les États parasites tels que les îles Vierges britanniques ou les Caïmans. Sur la forme, alors que la politique de l’empire britannique subordonnait ses conquêtes territoriales de façon directe, la politique de domination américaine a préféré accorder aux États conquis une apparente autonomie de gestion tout en les tenant fermement en laisse par le contrôle de leurs flux financiers. C’est ainsi que la domination américaine a élevé les paradis fiscaux au rang d’États souverains. Il faut ici se rappeler que la domination dite américaine, tout comme la domination dite britannique, n’ont d’américain et de britannique que le nom : il s’agit en réalité de la domination de la petite caste des acteurs économiques dominants, lesquels se sont approprié les États en les mettant sous dépendance monétaire et financière. Le géopolitologue canadien Peter Scott Dale désigne ces acteurs économiques dominants et leur organisation interne du terme d’«État profond». Si l’on adopte une vision historique large, l’on constate que les plus grands détenteurs du capital ont conquis des villes – du temps de la ligue hanséatique – avant de conquérir des États et des continents ; ils finiront, si les choses suivent leur pente naturelle, par conquérir le pouvoir politique du monde entier. Chaque pas en avant de cette conquête politique se fait en détruisant l’étape antérieure : ainsi, les villes dominées ont laissé la place à des États dominés, lesquels ont à leur tour cédé la place à des empires dominés qui finiront euxmêmes – si personne n’intervient pour arrêter ce processus – dévorés par le gouvernement mondial. La méthode de conquête politique pratiquée par cette association de marchands est de détruire à chaque pas en avant les constructions politiques antérieures, nous faisant croire aux avancées de la modernité. Conclusion D’un point de vue stratégique, le paradis fiscal est l’élément essentiel qui solidifie l’édifice monétaro- économique global en permettant l’opacité totale des propriétaires des capitaux et une sauvegarde de leurs avoirs financiers – qui échappent à toute imposition. Ils facilitent d’autant le mécanisme de concentration du capital qui, à son tour, rend possible la subversion des États et des organisations internationales. Au-delà des grandes déclarations publiques, l’existence des paradis fiscaux fait en réalité l’objet d’une sorte de consensus géopolitique ; or ce dernier paraît fondé sur une appréciation erronée de la situation par les différents acteurs politiques. Car enfin, les États, qui peuvent d’une façon ou d’une autre être des usagers des paradis fiscaux, ne contrôlent ni les sommes globales qui reposent au paradis, ni les flux financiers qui transitent dans ces places ; ils jouent le simple rôle d’acteurs, voués à disparaître, dans une pièce de théâtre dont le scénario est écrit par les principaux détenteurs de capitaux. Les États, qui croient tirer profit de l’existence des paradis fiscaux devraient se souvenir que in fine, la plupart des sommes déposées dans les paradis fiscaux sont en réalité sous la domination d’établissements financiers anglo-saxons. Probablement en raison de ce faux consensus, aucun État n’a réellement entrepris de se donner les moyens d’une lutte effective contre les paradis artificiels que sont les paradis fiscaux. Les États deviennent de simples pions dans les mains oligarchiques. Dans ce contexte, les nations sont destinées à disparaître du champ politique pour laisser la place à des institutions globales dévouées à l’oligarchie. Pour terminer sur une note positive, les paradis fiscaux sont devenus, à leurs corps défendant, le talon d’Achille de la mondialisation. Ces paradis, nouvellement constitués en réseau, ont pour caractéristique d’agir au moyen de trusts anonymes. Il suffirait que des États dignes de ce nom suppriment la validité des transactions juridiques avec les trusts anonymes – et, d’une façon générale, avec tout type de structures juridiques permettant l’opacité des propriétaires de capitaux – pour tarir une grande partie du drainage des fonds vers les paradis fiscaux anglo-saxons. Ceci porterait un coup – peut-être décisif – à l’oligarchie à la manœuvre, en supprimant une partie de ses revenus disponibles. Dans le même temps, une telle action permettrait aux États de récupérer une partie substantielle des revenus qui leur échappent. Les États, retrouvant ainsi des marges de manœuvre d’imposition ; ce qui permettrait d’attirer naturellement de nouveaux capitaux et donnerait une nouvelle ardeur à l’activité économique située sur leurs territoires. Valérie Bugault est Docteur en droit, ancienne avocate fiscaliste, analyste de géopolitique juridique et économique. Article précédent Article suivant Notes 1 Pour la France :http://bofip.impots.gouv.fr/bofip/5334-PGP.html ↩ 2 Cf. Le rapport de l’OCDE de février 2001 : http://www.google.fr/url? sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=1&ved=0ahUKEwi0jMG767DLAhXHiRoKHQrJD4MQFggdMAA& url=http%3A%2F%2Fwww.oecd.org%2Ffr%2Fctp%2Fdomm d2PHYDGwZyJHDISrMLA&sig2=eumSKiUFMqN2a_qJX8G7nA ↩ 3 http://www.stopparadisfiscaux.fr/les-pfj-c-est-quoi/les-paradis-fiscaux/article/definition-et-caracteristiquesdes ↩ 4 l’emploi ci-dessous du terme États-Unis doit être précisé en ce que le terme d’État est ici dénaturé, dans sa nature et sa fonction, depuis que – 1913, création de la Fed – les institutions dudit État sont abusivement utilisées pour la défense d’intérêts privés ; l’utilisation du terme État relevant dès lors d’une sorte d’abus de droit constitutionnel ↩ 5 Lire à cet égard nos articles précédents Géopolitique du libre-échange et Géopolitique de l’optimisation fiscale ↩ 6 Voir : http://www.assemblee-nationale.fr/13/rap-info/i1902.asp ; https://fr.wikipedia.org/wiki/Paradis_fiscal ↩ 7 L’empire britannique a été établi progressivement, de la fin du XVIe siècle jusqu’à son apogée au début du XXe siècle : https://fr.wikipedia.org/wiki/Empire_britannique ↩ 8 N’étant pas historienne, nous laissons aux historiens la tâche de démêler l’historique du cheminement du grand capital durant le second millénaire après Jésus Christ ↩ 9 Cf. http://vigiinfos.canalblog.com/archives/2012/11/05/23247925.html ↩ 10 Voir notre article précédent sur la géopolitique de l’optimisation fiscale ↩ 11 Voir notre article précédent sur la géopolitique du libre-échange ↩ 12 Voir notre prochain article intitulé Géopolitique de l’entreprise, les caractères actuels de l’entreprise ↩ 13 Cf. http://www.oecd.org/fr/ctp/echange-de-renseignements-fiscaux/36667338.pdf ↩ 14 Cf.http://www.stopparadisfiscaux.fr/qui-sommes-nous/plateformes-regionales-43/article/identification-dubeneficiaire ↩ 15 Ernst & Young, KPMG, PricewaterhouseCoopers, Deloitte Touche Tohmatsu ↩ 16 La situation oligopolistique est une caractéristique de la concentration du capital ↩ 17 Sur la mise en perspective du rôle géopolitique délétère de l’OCDE, lire notre article géopolitique de l’optimisation fiscale ↩ 18 Cf. http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2013/05/11/97002-20130511FILWWW00329-evasion-fiscale-vasteenquete-ouverte.php ↩ 19 http://www.abroad-fiduciaire.com/fr/attualita/secret-bancaire/102-secret-bancaire-les-anglos-saxonscontre-la-suisse ↩ 20. http://russeurope.hypotheses.org/1077 ↩ 21 http://www.romandie.com/news/n/_Bruxelles_juge_inacceptable_que_l_Autriche_s_accroche_a_son_sec ret_bancaire_RP_080420131554-18-343649.asp ↩ 22 http://www.lematin.ch/economie/suisse-luxembourg-sacrifie-secret-bancaire/story/23680527 ; et http://www.tdg.ch/economie/suisse-luxembourg-sacrifie-secretbancaire/contenu-2/secret-bancaire/s.html ↩ 23 Cf. http://www.lemonde.fr/evasion-fiscale/article/2013/04/04/offshore-leaks-les-details-duprojet_3153470_4862750.html ; https://fr.wikipedia.org/wiki/Offshore_Leaks ↩ 24 https://www.sif.admin.ch/sif/fr/home/themen/internationale-steuerpolitik/automatischerinformationsaustausch.html ↩ 25 Cf. http://www.bilan.ch/argent-finances-plus-de-redaction/trusts-americains-resteront-opaques ↩ 26 Voir à cet égard, Les armées secrètes de l’OTAN de Daniele Ganser, édition Demi Lune, collection Résistances ↩ 27 Voir en particulier Peter Scott Dale, La machine de guerre américaine, éditions Demi Lune collection Résistances ; pour des applications précises : trafic de drogue et CIA : https://fr.wikipedia.org/wiki/Implication_de_la_CIA_dans_le_trafic_de_drogue ; en Afghanistan, implication de l’OTAN dans le trafic de drogue : http://www.voltairenet.org/article167734.html ↩ 28 Voir l’exemple du Kosovo : http://www.lepoint.fr/monde/les-dirigeants-du-kosovo-soupconnes-depurification-ethnique-et-trafic-d-organes-29-07-20141850053_24.php ↩ 29 Pour une illustration concernant loge P2 : https://fr.wikipedia.org/wiki/Propaganda_Due ↩ 30 Sur la présence des banques dans les paradis fiscaux : cf. http://lesmoutonsenrages.fr/2016/03/03/nonce-nest-pas-une-veritable-crise-mais-un-colossal-systemede-detournement-de-capitaux ↩ 31 Cf. http://www.voltairenet.org/mot266.html?lang=fr ↩ 32 http://www.senat.fr/rap/r13-087-2/r13-087-229.html ; http://www.paradisfj.info/spip.php?rubrique24 ; voir aussi, pour un descriptif de leur fonction http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2014/06/03/lachambre-de-compensation-la-cle-de-l-amende-bnp_4430185_4355770.html ↩ 33 Voir par exemple Clearstream au Luxembourg ↩ 34 Le clearing est un procédé permettant de centraliser et d’organiser les opérations de compensation en vue de la liquidation des créances et des dettes entre banques ou entre pays ↩ 35 Voir notre article précédent sur la géopolitique du système des banques centrales ↩ 36 Pour une cartographie des paradis fiscaux, voir : http://www.france24.com/static/infographies/carteparadis-fiscaux/paradis-fiscaux.html? keepThis=true&TB_iframe=true&height=720&width=986 ↩ 2 813 Articles from Le Saker Francophone Décryptage du système économique global [5/7] : Entreprise bancaire, l’instrument juridique du désordre politique global 2016 03 25 16:03:33 saker Par Valérie Bugault – le 21 février 2016 Les banques sont l’élément prépondérant du système de concentration des capitaux et d’utilisation du capital concentré. Elles ont acquis la possibilité de mettre en place des réglementations économiques très arrangeantes et des systèmes de contrôle purement formels de leurs activités. L’organisation de vastes transferts juridiques de capitaux au profit des propriétaires des principales banques, qui détiennent également – grâce à l’anonymat de certaines sociétés et trusts – de nombreuses autres entreprises, permet à son tour une accélération de la concentration des capitaux dans tous les domaines de l’économie (médias, agro-alimentaire, pharmaceutique, chimique, transports, extraction minière etc.) au moyen, notamment, des fusionsacquisitions 1 mais aussi des achats à effet de levier dits LBO, dont les principaux acteurs sont les services juridiques des banques d’affaires. Le système de sauvegarde des intérêts bancaires est parfaitement bien déguisé sous un amoncellement de prétendus contrôles et de règles plus techniques les unes que les autres. Ces différentes étapes ont à leur tour permis la mise en œuvre de certains mécanismes de spoliation des masses, lesquels ont tôt fait d’aboutir à une domination politique totale. L’élite financière occidentale est aujourd’hui dans une position de domination sociale qui n’a pas d’exemple historique pertinent. Jamais l’aristocratie ou la monarchie n’ont à ce point concentré et contrôlé les mécanismes de fonctionnement de la société L’Ancien Régime partageait la domination sociale entre les armes tenues par les aristocrates – noblesse d’épée bientôt mélangée aux hommes de loi, la noblesse dite de robe – et les âmes, tenues par l’Église catholique romaine. S’il faut avouer que les mêmes familles se partageaient la plupart des hauts postes de l’armée et du clergé, les contre-pouvoirs, notamment commerciaux, existaient et le niveau de développement technologique ne permettait pas le contrôle total auquel nous assistons aujourd’hui. Au XXI e siècle, une longue expérience de la domination et un raffinement particulier des mécanismes juridiques de contrôle, le tout allié aux développements technologiques récents, rendent la domination bancaire mondiale particulièrement préoccupante pour les libertés humaines et collectives, en particulier la liberté des peuples à disposer d’eux-mêmes ; concepts voués à disparaître au rythme, inculqué par les propriétaires des principales banques, du glas qui sonne la fin de la notion d’État. Nous analyserons dans un premier temps les mécanismes juridiques du fonctionnement élémentaire de la banque et, dans un second temps, les conséquences de l’enrichissement et de la concentration maximale des capitaux par les banques. I) Les mécanismes juridiques du fonctionnement élémentaire de la banque Les banques se sont donné les moyens juridiques d’être en mesure de convaincre les hommes d’État, de tous horizons politiques et de tous pays, d’édicter des lois en leur faveur. Elles ont notamment obtenu que les législations imposent aux administrés une limite aux montants payables en espèces (pour la France, voir l’article L 112-6 du Code monétaire et financier). Ainsi, en France, aucun paiement excédant 1500 euros 2 ne peut plus être effectué en espèces, ce qui oblige les administrés à détenir un compte bancaire 3 . Dans la vie courante, le compte en banque est ainsi devenu incontournable 4 . Les choses sont, comme toujours, habilement présentées par des experts en rhétorique. Ainsi, l’obligation de détenir un compte bancaire, instituée par une loi bancaire de 2006, s’est habilement transformée en droit à un compte bancaire 5 édicté par l’article L 312-1 du Code monétaire et financier. Au moyen de divers subterfuges rhétoriques, les banques ont, par l’intermédiaire des États, obtenu le privilège de disposer de l’argent des citoyens et des contribuables. Autrement dit, les États ont été complices – et victimes – de l’opération visant à placer l’argent public sous la dépendance d’organismes dominés non par l’intérêt commun mais par l’intérêt strictement privé de leurs actionnaires majoritaires. Les dépôts bancaires appartiennent de facto à la banque qui en est gestionnaire En observation liminaire, il faut indiquer que l’argent en dépôt sur un compte bancaire n’est, juridiquement, pas la propriété du déposant – qui n’a pas de droit réel sur ces sommes – ; le déposant devient un créancier de la banque, qui a l’usage des sommes en question 6 . S’agissant de l’utilisation des dépôts par les banques, l’absence de distinction entre banques de dépôt et banques d’investissement rend les dépôts bancaires particulièrement vulnérables aux spéculations hasardeuses, et généralement lucratives, des banques. Un petit retour en arrière permettra d’y voir plus clair. Dès le courant des années 1970, le gouvernement américain a couvert les agissements bancaires tendant à contourner le Glass-Steagall Act , qui imposait la séparation des banques de dépôt et des banques d’investissement. Cette législation, qui avait été introduite suite à la crise boursière de 1929 afin d’éviter de nouveaux excès, a finalement été abrogée par le gouvernement Clinton en 1999. En France et en Europe, la séparation entre banques de dépôt et activités d’investissement était la règle jusqu’à ce que les lobbies bancaires obtiennent la possibilité de faire travailler les dépôts 7 . Suite à la crise financière de 2008, qui a généré une forte demande pour revenir à une certaine orthodoxie financière des banques, il fut question d’instaurer dans les pays européens une nouvelle réglementation bancaire prévoyant la séparation entre activités de dépôt et d’investissement. Le gouverneur de la banque centrale finlandaise Erkki Liikanen avait officiellement demandé une séparation entre les activités de dépôt et les activités d’investissement des banques 8 . La loi allemande de 2013 a, comme de coutume en Europe, donné le LA de la réglementation européenne 9 , la séparation entre les activités de dépôt et les activités de spéculation – très médiatisée 10 – ne concernera pas l’essentiel et, finalement, ne sera pas effective 11. Il en va de même de la réforme française du 26 juillet 2013, qui ne concerne que 1% des activités bancaires 12 : il s’agit, ni plus ni moins, que d’une aimable plaisanterie destinée à endormir un public qui ne comprend rien à toutes les énormités – sur le fond – et subtilités – sur la forme – bancaires. Au niveau européen, la réunion des ministres des Finances européens (Ecofin) du 19 juin 2015 a donné son feu vert à une réforme bancaire dite de séparation des activités de dépôt et des activités spéculatives, de laquelle l’Angleterre – plus importante place financière du monde – est exemptée 13. Ainsi, de la même façon que ce qui se passe en matière de paradis fiscaux 14, les banques anglo-saxonnes, dont les propriétaires ont provoqué toutes les déréglementations du système bancaire, sortiront vainqueurs de la réglementation visant à restreindre les possibilités pour les banques d’agir comme bon leur semble. Ce semblant de réglementation se situe dans le droit fil de la guerre sans merci menée, via la prétendue lutte contre les paradis fiscaux, par les principaux établissements financiers anglo-saxons contre les banques dont la domination leur échappait 15. La prétendue réforme européenne n’aura servi qu’à concentrer davantage le milieu bancaire en procurant un tel handicap aux banques non anglo-saxonnes qu’elles deviendront prochainement des proies aisées. Cette réforme aura finalement servi de prétexte aux banques anglo-saxonnes pour obtenir un avantage décisif dans la guerre qu’elles mènent contre les banques dont le contrôle leur échappe. Il ne sera en définitive opéré aucune séparation réelle entre les activités de dépôt et d’investissement des principales banques. Le lobby bancaire, qui édicte les lois et dirige les États, a, une fois de plus, gagné la partie contre les ressortissants des États. Voyons maintenant comment fonctionne une banque dans un cadre normal, c’est- àdire hors activité spéculative. La réserve fractionnaire et la perception d’intérêts sur les prêts : des prêts à découvert, juridiquement nuls, qui occasionnent un enrichissement sans cause des banques Le prêt à découvert érigé en système de fonctionnement normal S’agissant du fonctionnement bancaire normal, les banques privées sont autorisées, par les banques centrales, à fournir du crédit à découvert – c’est-à-dire sans disposer, en réserve, du montant de crédits fournis – dans la seule limite de respecter, pour l’ensemble leurs activités (normales et spéculatives), une réserve obligatoire. Ce système d’autorisation de crédit à découvert porte le nom de système de réserve fractionnaire. Le montant de la réserve obligatoire est généralement fixé par la banque centrale du pays en question, appelée, pour l’occasion autorité monétaire. Nous avons déjà vu, dans l’article intitulé Géopolitique des banques centrales que la banque centrale est, par construction, une banque dominée par des banquiers privés. Il faut préciser à cet égard que la modification statutaire de la Banque de France – opérée par une loi du 24 juillet 1936 – suivie de sa nationalisation en 1945 – loi du 2 décembre 1945 – ne doit pas faire illusion : ces modifications de forme n’ont en aucune façon changé la structure fondamentale du contrôle économique opéré sur le pouvoir politique – c’està-dire sur les institutions françaises – par l’oligarchie française devenue euroatlantiste. Privatisée ou nationalisée, la Banque de France reste un instrument de pouvoir du grand capital français. En résumé, les banques centrales, aux mains des grands capitalistes propriétaires des banques privées, autorisent les banques privées – contrôlées par elles-mêmes, donc – à fournir au public ou aux États un crédit à découvert. La seule limite, tant aux activités de fourniture de crédit qu’aux activités dites pour compte propre – spéculatives – des banques, est le respect d’une dérisoire réserve obligatoire. Depuis une décision du Conseil des Gouverneurs de la Banque centrale européenne – BCE – du 8 décembre 2011, le taux de la réserve obligatoire pour les banques de la zone euro est fixé à 1% de leurs encours de dépôt 16 ; elle n’était auparavant, et depuis 1999, que de 2%. En d’autres termes, les principaux actionnaires des banques privées s’autorisent euxmêmes, via le prétendu contrôle des banques centrales indépendantes de tout organe politique, non seulement à spéculer avec l’argent du public mais encore à fournir aux particuliers et aux États un crédit sur des sommes d’argent dont elles ne disposent pas. On est loin du principe de séparation et d’équilibre des pouvoirs cher à Montesquieu, que nos États modernes sont censés respecter – au moins dans la forme. La déliquescence du secteur bancaire : état des lieux et poids de la sanction Le montant très faible de la réserve obligatoire a rendu nécessaire un nouveau mécanisme de contrôle, dit prudentiel, qui est réglé par les accords internationaux de Bâle III. Ce nouveau système de prétendu contrôle est édicté sous l’impulsion de la BRI 17. Rappelons que la BRI, composées des différentes banques centrales, est ellemême une émanation du milieu bancaire 18. Comme toujours, le milieu bancaire reste entre lui-même pour agir et se contrôler, pas d’intrusion étrangère de contrôle dans ce petit milieu bien verrouillé. Dans le contexte actuel de difficultés bancaires – liées au mouvement de dérégulation initié par ce milieu –, la BCE a fait passer aux principales banques européennes des stress tests permettant – prétendument – de déceler les banques susceptibles de devoir faire face à une faillite imminente. Sans surprise, toutes les grandes banques européennes ont passé, haut la main, ces stress tests 19. Lesdits stress tests, conçus par l’autorité bancaire européenne (EBA) basée à Londres, ont une très faible valeur technique, car outre qu’ils ne prennent pas en compte les opérations hors bilan des banques – ce qui est énorme –, ils omettent également de prendre en compte l’hypothèse déflationniste en cours en Europe de l’Ouest ainsi que les effets systémiques, c’est-à-dire les effets domino dus à l’interconnexion des banques. La pertinence et la valeur de ces prétendus tests a été remise en cause de nombreuses fois 20 ; signalons à cet égard que le passage de stress tests n’avait pas, en son temps, empêché la Lehman Brothers de faire faillite 21. Il n’est pas étonnant que certains esprits taquins fassent valoir que ces tests agissent davantage comme une opération de propagande bancaire que comme un indicateur économique fiable 22. Dans le contexte général de déliquescence bancaire, le lobby financier a pourvu à toute éventualité en s’intéressant particulièrement aux victimes d’éventuelles faillites bancaires. La solution au problème du renflouement de banques en faillite aura finalement été trouvée, sans surprise, sur le dos des usagers. C’est ainsi qu’une directive européenne du 15 mai 2014, transposée en droit français par une ordonnance du 20 août 2015, permet une ponction sur les comptes des clients 23, ce qui se traduit techniquement par l’introduction du bail-in. Plus précisément, si d’aventure les choses arrivaient à mal tourner, c’est-à-dire si, de spéculation en spéculation, une banque arrivait à un déséquilibre important de son bilan (les opérations hors bilan ne sont pas prises en compte !), les petits actionnaires, les petits détenteurs d’obligations et les déposants seront chargés de renflouer le passif. Les plus importants actionnaires bancaires resteront, par trusts interposés, anonymes et donc inatteignables par cette nouvelle réglementation. Nous avons là un bel aperçu de l’impunité totale des tireurs de ficelles bancaires que sont les principaux propriétaires anonymes des banques systémiques. Les personnes qui verront leurs avoirs ponctionnées sont toutes celles qui participent au schéma financier global en ayant confié leurs économies à des établissements financiers privés. Au premier titre des victimes bancaires se trouvent les personnes détenant, via des assurances vie ou autres fonds de pension, des parts obligataires ou des actions bancaires. En roue de secours, les petits déposants seront également ponctionnés. En résumé, les petits et moyens déposants, ceux que les lois obligent à avoir un compte bancaire, et tous les acteurs malgré eux du cirque financier global – détenteurs, via des assurances vie ou autre placement rentable, de titres obligataires ou d’actions bancaires – sont les dindons d’une farce concoctée par les plus gros propriétaires des banques systémiques, lesquels ne répondent jamais de leurs actions puisqu’ils ont pris le contrôle des circuits législatifs des États occidentaux. Les établissements financiers peuvent donc continuer de jouer en toute impunité et en toute liberté avec l’argent déposé ou placé par le public, qui de facto sinon de jure leur appartient. Une expression traditionnelle illustre parfaitement la situation des banques face aux citoyens et aux États : «Face, je gagne, pile tu perds.» L’impunité juridique et économique des plus gros propriétaires de capitaux bancaires, lesquels ont leurs avoirs garantis par l’anonymat des sociétés écrans et trusts anonymes situés dans les paradis fiscaux 24, a ainsi été juridiquement acté. En conclusion, les banques ont été autorisées par les États à utiliser l’argent des dépôts bancaires afin de spéculer pour leur compte propre. Ce mélange des genres bancaires a occasionné une fragilisation générale des bilans des banques dont les activités sont interconnectées. Suite à la crise de 2008, l’inquiétude du public a évoqué la nécessité de séparer les activités bancaires entre d’une part les activités de dépôt et d’autre part les activités d’investissement – spéculatives. Or, non seulement les activités de dépôt n’ont pas été réellement séparées des activités de spéculation, mais, au surplus, l’irresponsabilité économique des acteurs bancaires, qui spéculent pour leur propre, compte pourra aujourd’hui, par la grâce de la trahison et de l’incompétence des législateurs étatiques, être sanctionnée par la confiscation des comptes des déposants et par la spoliation des petits et moyens porteurs d’actions ou d’obligations bancaires. Le paysage bancaire globalement esquissé, entrons dans l’analyse juridique du fonctionnement bancaire quotidien selon le principe ci-dessus décrit du prêt à découvert. L’analyse juridique du prêt à découvert révèle que nous avons quitté le système juridique de droit commun issu du Code civil de 1804 Le contrat de prêt s’analyse en droit français en un contrat synallagmatique ou bilatéral dans lequel la banque s’engage à fournir une somme d’argent et le client s’engage à rémunérer ce service de fourniture de capital en payant des intérêts sur le capital prêté. L’article 1108 du Code civil et la doctrine juridique française soumettent la validité d’un tel contrat à quatre conditions, dont un consentement non vicié, une cause licite et un objet (du contrat) certain. En cas de contrat synallagmatique, ce qui est le cas du prêt, la cause de l’obligation de l’une des parties est l’objet de l’obligation de l’autre partie au contrat. La fourniture d’une somme d’argent – un capital – est donc la cause juridique du contrat souscrit par l’emprunteur tandis qu’elle est l’objet du contrat souscrit par la banque. Un bien – qu’il soit ou non une somme d’argent – ne peut être prêté que s’il existe. Fournir un crédit fondé sur une somme d’argent inexistante revient à tromper l’emprunteur en lui imposant de conclure un contrat non causé. En termes juridiques, un crédit à découvert s’analyse en toute logique, puisque la somme d’argent proposée n’existe pas, en un contrat non causé et dépourvu d’objet. Qui plus est, et parce que la somme d’argent prêtée n’existe pas, seule la banque tire un réel bénéfice d’un contrat de prêt fondé sur un tel système. En effet, l’emprunteur devra fournir des intérêts sur une somme qui n’a pas pu être valablement prêtée car inexistante. Un contrat de prêt fondé sur un système de prêt à découvert est donc par construction léonin. Le contrat de prêt tel qu’actuellement pratiqué par les banques est fondé, ab initio, sur un vice du consentement de l’emprunteur qui commet une erreur en croyant que la somme prêtée existe. Dans la mesure où les prêts fondés sur une somme d’argent inexistante sont faits de façon normale et habituelle, on pourrait dire qu’il existe, vis-àvis des prêts bancaires, une présomption irréfragable de vice du consentement des emprunteurs. Par ailleurs, s’agissant de prêt aux particuliers, le contrat synallagmatique est déséquilibré au profit de l’établissement bancaire qui impose ses conditions générales au cocontractant lequel ne peut négocier qu’à la marge dans la limite des taux dits de marché – déterminés par les banques elles-mêmes – le montant des taux qui lui seront appliqués. Nous sommes ici dans un contrat d’adhésion. La législation concernant ce nouveau type de contrat est, sans surprise – si l’on considère que la généralisation du lobbying a transformé le législateur en défenseur des intérêts oligarchiques –, dérogatoire au droit commun de l’article 1108 du Code civil. Du côté de la banque, le résultat du cumul de la réserve fractionnaire avec la perception d’intérêts occasionne un enrichissement sans cause. Le système légal consistant, pour les banques, à prêter de l’argent qui n’existe pas, a pour conséquence directe l’encaissement par les banques d’intérêts non causés en terme juridique, c’est-à-dire d’intérêts auxquels elles n’auraient pas eu droit dans le cadre juridique issu du droit civil napoléonien. Le système en place procure aux banques, de plein droit, un enrichissement sans cause qui est à la mesure de l’appauvrissement sans cause des emprunteurs – qui doivent payer des intérêts. Il convient de comprendre que le cumul du principe de réserve fractionnaire avec celle du paiement d’intérêts est une façon aimable, pour les banquiers, de contourner les législations interdisant le taux d’usure. Au lieu de se payer directement par des taux élevés, les banquiers se paient en étant légalement autorisés à prêter des sommes d’argent dont ils ne disposent pas. Pour faire un parallèle, il s’agit de la même différence que celle qui existe entre assiette et taux concernant les impôts. Les banquiers, en quelque sorte, élargissent leur assiette d’enrichissement, ce qui les dispense – pas toujours si l’on en croit les taux qu’ont pu atteindre certains prêts à la consommation – de recourir à des taux d’intérêts ouvertement abusifs. Dans ce contexte, les hommes politiques qui appellent à un développement du crédit comme moyen de financement – des particuliers et des États – répondent en réalité à la volonté, cachée mais réelle, de concentrer les capitaux dans les mains de banquiers déjà plus que bien dotés 25 ; ces hommes politique participent activement à la réalisation d’un accaparement généralisé au profit des propriétaires des banques. Rappelons qu’il fut un temps ou l’accaparement était un crime capital. Pour résumer, la pratique bancaire couramment admise consistant pour les banques à fournir des prêts à découvert – selon le système de réserve fractionnaire – revient, pour les emprunteurs, à souscrire des contrats sans cause, léonins, fondés sur un vice de leur consentement (l’erreur) et procurant à leur cocontractant (la banque) un enrichissement sans cause. Cette analyse, de stricte orthodoxie juridique civiliste, devrait permettre d’annuler la majeure partie des intérêts dus aux banques par les emprunteurs. Selon cette analyse, les banques devraient en outre être condamnées à payer des dommages et intérêts à la totalité des populations endettées – directement ou par État interposé. L’ampleur de la redistribution financière qui résulterait de l’application d’une telle analyse amène au constat suivant : le jour où le point de vue juridique qui fait prévaloir l’intérêt de tous, primera sur le point de vue économique, dominé par les intérêts bancaires, n’est pas près d’arriver. En d’autres termes, le pouvoir des banquiers est tel qu’il a réussi à contourner et pervertir le droit civil de façon à rendre légal un processus par essence juridiquement invalide – car systématiquement non causé, léonin et fondé sur un vice du consentement des cocontractants, en l’espèce les emprunteurs. Le droit civil est battu en brèche par les tenants de l’État qui ne sont autres que les plus importants capitalistes propriétaires des banques dites systémiques. Les mécanismes propres au fonctionnement bancaire et à ses interactions avec les tiers, personnes publiques ou personnes privées, sont tellement quantitativement et qualitativement dérogatoires au droit commun, que l’existence même d’un droit commun est mis en cause. On peut ainsi considérer que le système juridique issu des codifications napoléoniennes est mort et enterré. Nous sommes aujourd’hui collectivement entrés dans une nouvelle ère, celle du droit du plus fort qui est, en réalité, un droit de caste, variable – non seulement dans son application mais dans son principe même – en fonction de la position sociale des personnes à qui il s’applique. Dans ce contexte, il ne faut pas s’étonner de l’apparition sur le territoire français du projet juridique scélérat de propriété économique, qui n’est autre que la légalisation du principe d’accaparement 26. S’agissant des crédits accordés aux États, le système révèle la disparition du concept politique d’État Depuis une loi française de 1973 (dite Pompidou-Giscard-Rothschild) reprise, systématisée et aggravée par l’article 123 du TFUE (Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne), l’État français et les États européens ne peuvent plus se financer sans intérêts auprès de leurs banques centrales mais doivent obligatoirement faire appel au marché. La traduction théorique claire de ce système est que les États ne peuvent assurer leurs dépenses d’investissement – les dépenses de fonctionnement devraient, en bonne gestion, être intégralement auto-financées par l’impôt – qu’en s’appauvrissant durablement du montant exact de l’enrichissement corrélatif d’entreprises privées. Il y aurait beaucoup à dire sur l’auto-financement de l’État – par l’impôt – de ses dépenses de fonctionnement ; le clientélisme politique est un élément essentiel empêchant cet autofinancement de se réaliser. Mais là n’est pas le propos du présent article, nous n’entrerons pas dans les discours oiseux de l’intégrité financière des décisions des hommes issus de partis politiques électoralistes, puisqu’il est entendu que cette intégrité est dès l’abord sujette à caution : le système hiérarchique des partis politiques, qui fonctionne autour des consignes de vote combiné au principe du lobbying, interdit tout contre-pouvoir de nature à rendre effective l’intégrité en question. Les principaux propriétaires des banques ont pris le contrôle politique des États qu’ils ont dévoyés pour les amener à agir dans le sens de la défense de leurs propre intérêt particulier. Quoiqu’il en soit de la distinction entre dépenses de fonctionnement et d’investissement, le nouveau mécanisme à l’œuvre en Europe – gravé dans le marbre des traités – revient à imposer le financement étatique par le paiement d’intérêts à des entreprises financières ou autre groupements privés. En Europe, la situation de la Grèce, aux prises avec les prédateurs financiers du FMI et de l’UE, est absolument édifiante ; la prétendue banqueroute de ce pays souverain se traduit, en réalité, par une vaste opération de transfert massif de capitaux des citoyens grecs et, plus largement, européens, vers les poches des propriétaires des principaux établissements financiers prêteurs 27. Rappelons ici que la crise grecque, à l’origine de la prétendue banqueroute, a été déclenchée volontairement par l’attaque coordonnée de cinq fonds spéculatifs – Hedge Funds – américains 28. Nous assistons donc à une planification sciemment organisée visant à opérer un vaste transfert d’actifs financiers des poches des citoyens vers celles des propriétaires bancaires. Lorsque des acteurs financiers sont à la fois juges et parties, il arrive qu’il n’y ait plus de contre-pouvoir à leur volonté. En l’espèce, l’esprit de rapine l’a emporté sur toute autre considération publique. Les individus seront, comme les États, spoliés, c’est- àdire illégalement et illégitimement appauvris, par le fait du prince bancaire. En conclusion, les États, dits souverains, assistent impuissants à la vaste organisation juridique de spoliation qui les atteint de plein fouet. Leur impuissance révèle, en réalité, leur disparition du paysage juridique international. Conclusion Les contrats de prêts devraient être massivement annulés par des juridictions dignes de ce nom comme contrats non causés, fondés sur une clause léonine, sur un vice du consentement des emprunteurs (en tout cas pour ce qui concerne les particuliers, l’État ne pouvant pas se prévaloir de sa propre turpitude en invoquant son ignorance d’un processus qu’il a lui-même autorisé) et aboutissant à un enrichissement sans cause de l’une des parties – la banque – au contrat. Le mixage de la réserve fractionnaire avec la perception d’intérêts liés au crédit, formule juridiquement invalide, opère en réalité un transfert massif de capitaux du public dans les mains des principaux propriétaires de capitaux. Ce transfert s’effectue quelle que soit par ailleurs la qualité personne privée ou personne publique du cocontractant puisque les personnes publiques se financent quoiqu’il arrive par l’augmentation des prélèvements obligatoires qui pèsent, en fin de parcours, sur les résidents ou les usagers personnes privées. Nous assistons ici à la mise en place d’une spoliation systématique et légalisée, organisée par les banques, des biens publics à leur propre profit. L’analyse juridique qui devrait prévaloir est battue en brèche et volontairement ignorée Ce qui révèle non seulement la disparition de la notion de droit commun mais également du concept politique d’État. II) Les conséquences de l’enrichissement et de la concentration systématique des capitaux par les banques La combinaison du système de réserve fractionnaire et du crédit à intérêts a pour fonction et pour effet de produire, mécaniquement, une concentration des richesses au profit des propriétaires des banques, que l’on peut dès lors appeler du terme d’oligarchie. La concentration des richesses permise par le vaste transfert de capitaux ci-dessus décrit autorise, à terme, le rachat et la mainmise des acteurs financiers sur une part de plus en plus importante des biens, matériels et immatériels, matières premières et produits manufacturés de cette terre. Système aboutissant in fine à une concentration toujours plus forte de ces mêmes biens au sein de quelques entreprises multinationales, véritables conglomérats économiques. Par ailleurs, le poids économique acquis par les banques et les multinationales – détenues par les mêmes personnes – a rapidement permis à ces dernières d’agir de façon efficace et concertée sur tous les types de marchés, actions et obligations, faussant dès lors de façon structurelle la notion de prix de marché. Description du contexte juridico-économique La dérégulation bancaire, cause de l’accélération de la concentration des capitaux Le contrôle politique opéré par les banques a produit, outre la mise en place de contrôles beaucoup plus formels que réels de leurs activités (notamment par la création de prétendues banques centrales), le vaste mouvement de dérégulation bancaire que l’on a connu au XX e siècle. Ce mouvement de dérégulation bancaire – d’origine anglo-saxonne, est intimement lié à l’ouverture de l’économie et de la finance à la théorie des jeux – dont l’importance dans l’analyse économique s’est considérablement accrue depuis l’attribution, en 1994, par la Banque de Suède, du prix Nobel d’économie à John Nash. Ce mouvement de dérégulation a été de pair avec l’avènement de la créativité bancaire débridée, élevée au rang de vertu ultime. C’est ainsi que nous avons vu les mouvements de titrisation 29 au moyen de special purpose vehicle, le rapide développement du High Frequency Trading, l’émergence des Credit Default Swaps – dits CDS – 30 parmi d’autres nouveautés bancaires réjouissantes… Nous détaillerons ci-dessous quelques manifestations de la concentration des capitaux financiers permises par le vaste mouvement de dérégulation bancaire. Quelques manifestations de la concentration des capitaux financiers Manipulation des taux interbancaires L’une des manifestations de la puissance des banques systémiques – les plus importantes banques – est leur contrôle des taux d’intérêts interbancaires 31. Les taux interbancaires sont utilisés par les banques comme références pour la fixation des taux d’intérêts aux particuliers et aux entreprises 32. En agissant sur les taux d’intérêts interbancaires, les plus grosses banques agissent en conséquence sur le degré de concentration des capitaux entre leurs mains. La concentration des opérateurs de marché est un autre indice de la puissance acquise par les acteurs économiques dominants. Concentration des opérateurs de marché La vaste organisation de concentration des capitaux au profit des banques autorise in fine la prise de contrôle des opérateurs de marché. La fusion de l’opérateur NYSE, contrôlé par une société située dans l’État du Delaware 33 avec Euronext, contrôlée par une société néerlandaise, est une parfaite illustration du processus de concentration des opérateurs boursiers en cours. Les opérateurs financiers sont aux mains – anonymes comme toujours – des propriétaires des plus grandes banques. Le 12 novembre 2013, le groupe NYSE Euronext est passé sous le contrôle d’Intercontinental Exchange Group Inc., dit ICE, entreprise créée en 2000 par un certain Jeffrey Sprecher, qui a commencé sa carrière en travaillant avec un ponte de la dérégulation. La renonciation au projet de fusion NYSE euronext et Deutsche Börse 34, un temps envisagé, n’aura finalement pas lieu, le commissaire européen en charge du dossier s’y opposant 35, décision confirmée par le tribunal de l’Union européenne 36. Cette non-fusion ne doit pas faire illusion, nous sommes là, comme en matière de paradis fiscaux, dans une guerre entre grandes puissances bancaires, les unes ne voulant pas donner la prééminence aux autres. L’argument de concentration mis en avant comme critère de rejet de cette fusion est une justification étatique de façade à un conflit entre les entités financières américaines et allemandes, les unes ne voulant pas perdre leur hégémonie au profit des autres. Cette tentative de rapprochement ayant échoué, Deutsche Börse fusionnera finalement avec le London Stock Exchange (LSE) britannique 37. Ce nouveau groupe ne tardera pas à aiguiser l’appétit d’ICE. La domination financière précède la domination institutionnelle et militaire La concentration massive des capitaux ci-dessus décrite alimente le clientélisme qui génère des systèmes politiques dans lesquels les prétendus dirigeants politiques, élus du peuple ou non, sont en réalité les émissaires de l’oligarchie qui finance leurs campagnes politiques ou leur accession à des postes en vue et/ou bien rémunérés et leur demande l’hommage-lige en contrepartie de ce statut économique et social privilégié. L’hommage-lige consiste en l’espèce à voter ou faire voter (ce qui est facilité par la discipline de parti) des lois et autres réglementations favorables à l’oligarchie. Deux exemples récents étayent parfaitement cette situation : la nomination, en Europe, de deux Mario : Mario Draghi à la tête de la BCE et Mario Monti, président du Conseil italien de novembre 2011 à décembre 2012. Ces deux super Mario sont des anciens de la banque d’affaires Goldman Sachs. Ajoutons que le réseau d’influence de Goldman Sachs s’étend à l’ancien premier ministre et banquier central grec Lucas Papademos, sous le mandat duquel les comptes de la Grèce ont été truqués afin de faire entrer ce pays dans la zone euro, 38 ainsi qu’à l’actuel président de la banque centrale d’Angleterre, Mark Carney. L’État et les institutions sont contrôlés par ceux qui les financent, c’est-à-dire, en l’occurrence, l’oligarchie bancaire. C’est en vertu de ce dernier principe – immuable – que les collaborateurs vichystes de l’Allemagne nazie ont tôt fait de se transformer en collaborateurs de l’empire dominant américain, ce qui leur a permis de conserver leur rang social et leurs prérogatives économiques. A la faveur de ce processus de corruption de grande ampleur, le projet d’union européenne, né au XIX e siècle dans les cercles oligarchiques, a pu prospérer dans un premier temps sous la domination du continent européen par l’Allemagne nazie 39 et, dans un second temps, sous la domination de ce même continent par les USA et l’OTAN 40. La concentration des capitaux dans les mains des banques a à son tour permis à ces dernières de développer et amplifier leur poids politique, en contrôlant de mieux en mieux la législation des États. C’est ainsi, par exemple, que le lobbying a été présenté aux populations comme étant un moyen normal de légiférer ; l’emprunt bancaire non causé est devenu un moyen normal de financement en vertu de ce même système. A la faveur de cette concentration inédite des capitaux dans les mains bancaires, les États deviennent des agents à la solde du pouvoir oligarchique ; ils ont perdu leur nature et leur fonction initiale, laquelle justifiait et légitimait leur existence juridique. Les États ne sont plus les initiateurs des grands bouleversements juridiques sur la scène internationale, ils ne font que suivre la voie ouverte par leur maître, le milieu bancaire et toutes ses ramifications. La concentration des places financières annonce la mise en place du Grand marché transatlantique Le contrôle des places de marchés, des opérateurs boursiers et des indices boursiers se resserre à mesure que les projets de gouvernement mondial se mettent en œuvre. Ainsi, le groupe Continental Exchange Inc., dit ICE, créé en 2000 par Jeffrey Sprecher, a, dès 2001, racheté le principal marché européen de l’énergie, lequel s’occupe depuis 2005 de la cotation des permis de gaz à effet de serre. La commercialisation des permis de polluer participent activement à la financiarisation de l’économie mondiale au profit des principaux acteurs financiers de la planète 41. Ce même ICE a, en 2013, pris le contrôle de NYSE Euronext 42. Le 16 mars 2016, est annoncée la fusion du London Stock Exchange (LES) britannique avec la place de marché allemande Börse 43. L’ICE, qui avait déjà annoncé son intention de lancer une offre sur la Bourse de Londres 44 risque d’être d’autant plus intéressé à racheter le conglomérat germano-britannique. Par anticipation au développement juridique officiel du Grand marché transatlantique, nous assistons donc à la fusion des places de marchés américaine et européenne. Le nom même d’Échange intercontinental – Intercontinental Exchange –, entreprise créée en 2000, évoque le futur marché transatlantique, dont le grand public n’entendra parler qu’à la fin de la décennie, mais dont cette société est à la fois le marchepied et le précurseur. Ce sont les mêmes cercles de penseurs à la solde des plus importants propriétaires de capitaux qui ont lancé l’idée du grand marché transatlantique et celle de la réunion des bourses euro-atlantiques dans une entité commune. Le monde financier, à la manœuvre dans la conclusion du Grand marché transatlantique (dont le destin est de fusionner à terme avec le Grand marché transpacifique), prend naturellement les devants de cette future structure juridique en fusionnant les places de marché américaines et européennes. La méthode des petits pas qui a prévalu dans la construction européenne – et qui a donc fait ses preuves – prévaut également dans la construction du futur Grand marché transatlantique dont la signature officielle des TAFTA, AECG et autre TISA 45 n’est que la partie officielle. C’est également cette méthode, très efficace, des petits pas qui amènera l’oligarchie financière à réaliser son projet d’institutions mondiales aujourd’hui appelé Nouvel Ordre Mondial. Les peuples et les États indépendants, tels des grenouilles bouillant à petit feu dans une marmite, sont sidérés et ne réagissent pas à la mesure du danger de disparition qui les guette ; il en aurait été différemment si l’oligarchie avait brutalement imposé des ruptures institutionnelles ou d’agenda international : elle aurait alors, très probablement, dû faire face à une opposition frontale qui aurait mis ses projets en échec. Dans cette guerre économico-financiaro-politique, il y a des perdants et des gagnants. Les perdants sont l’ensemble des peuples et des nations, et les gagnants sont les tenants de l’économie mondiale, c’est-à-dire les acteurs économiques dominants. La concentration financière précède la domination militaire L’exemple suisse Il n’est pas étonnant de constater qu’une fois la puissance financière de la Suisse, paradis fiscal jusqu’alors indépendant des banques anglo-saxonnes 46, mise à bas, ce pays financièrement vaincu se soumet à la puissance militaire de l’OTAN 47. L’exemple français Dans le même sens, et bien que plus espacé dans le temps, le long cheminement de la disparition de la place financière de Paris (Palais Brongniart) 48 commencé en septembre 2000 49 par la création d’Euronext, bientôt fusionnée en NYSE Euronext, elle-même aujourd’hui contrôlée par ICE, a précédé et accompagné le retour de la France dans le commandement intégré de l’OTAN. Depuis la décision de De Gaulle de 1966 de quitter le commandement intégré de l’OTAN 50, la domination militaire française par les forces de l’oligarchie était larvée, elle passait de façon officieuse par l’existence, sur le territoire, des seules armées secrètes de l’OTAN 51. En 2009, sous l’égide du très euro-atlantiste président Sarkozy, les forces de l’oligarchie, après avoir pris le contrôle de la puissance financière française, reprennent directement le contrôle militaire de la France, qui réintègre le haut commandement intégré de cette organisation militaire 52. Si les armes ne sont jamais loin de la finance et de la géopolitique, elles sont actuellement au service d’une géopolitique entièrement dominée par l’argent collecté par l’oligarchie occidentale. La disparition du concept politique d’État L’incroyable enrichissement des propriétaires des capitaux bancaires rend possible un contrôle total du fait politique par le fait économique qui, à son tour, génère une augmentation de l’enrichissement des propriétaires économiques dominants. On est ici au cœur d’un cercle vertueux pour les grands capitalistes, et vicieux pour le reste du monde, car ce système d’enrichissement-contrôle s’auto-génère à l’infini ; l’objectif recherché par cette oligarchie étant, au-delà de l’accaparement – qui est un moyen et non une fin –, l’avènement institutionnel du Nouvel Ordre Mondial. Au cours de ce processus, l’État passe du statut d’entité politique de nature publique, à celui d’organe juridique privé au service des principaux propriétaires de capitaux. L’ampleur internationale de ce phénomène permet de dresser l’esquisse du plan oligarchique de création du Nouvel Ordre Mondial : une structure mondiale autoritaire et dictatoriale dans laquelle les populations n’auront pas leur mot à dire. Le phénomène de privatisation de l’État n’est pas nouveau, il date, grosso modo, de la création de banques centrales privées. Ainsi, la politique étrangère, mais aussi et dans une très large mesure, interne, de la France, a été durant tout le XX e siècle aux mains de la synarchie, laquelle n’est autre que l’oligarchie française. L’historienne Annie Lacroix-Riz a parfaitement documenté ce qu’il faut considérer comme un état de fait ; nous renvoyons les lecteurs qui croient en la liberté du vote populaire sous l’égide de partis politiques, à l’intégralité des ouvrages et conférences d’Annie Lacroix-Riz, en particulier celui traitant du Choix de la défaite 53. C’est cette oligarchie qui s’est, dès les années 1920, ralliée au choix de la domination financière proposé par les Anglo-Saxons et qui a accepté en 1930 la liquidation des réparations de guerre et la création de la BRI par le plan Young 54. La constance de la mainmise oligarchique sur la politique française, quels que soient par ailleurs les aléas politiques contextuels, est ce qui explique le départ de De Gaulle – résolument hostile aux partis politiques 55 –, du gouvernement après la fin de la Seconde Guerre mondiale : il ne voulait, ou ne pouvait, pas cautionner le retour aux affaires d’une grande partie des collaborateurs vichystes. On ne saurait trop insister sur le fait que les oligarques français du XX e siècle, impérialistes déclinants, se sont transformés sans états d’âme, de collaborateurs vichystes de l’Allemagne nazie, en collaborateurs de l’empire dominant américain, afin de pouvoir conserver leur rang social et leurs prérogatives économiques. C’est précisément cet enchaînement des choses qui a permis au projet européen – par essence fédéraliste et oligarchiste – de prospérer. Projet qui porte en lui la destruction des États-nations comme le nuage porte en lui la pluie. La substance oligarchique de l’actuelle Union Européenne n’est malheureusement plus à démontrer : une direction technocratique non élue et désignée par les cercles oligarchiques transatlantiques, un parlement fantoche – dont aucun membre ne parle la même langue – qui n’a d’autre pouvoir que celui de faire appliquer des traités soumis aux intérêts oligarchiques, le tout soumis au contrôle vigilant d’un système fédéral oligarchique de banques centrales. Tous les ingrédients de l’ordre oligarchique y sont à leur bonne place. Si la notion même d’État, en tant qu’entité politique, impose juridiquement, de façon structurelle, le devoir de protéger le bien commun, les banques qui subvertissent les États agissent de façon à dénaturer la notion même d’État, en le mettant au service d’intérêts bancaires privés. Il en résulte une perte de légitimité politique de l’État, coquille vide instrumentalisée. Dès lors, parler d’État revient à faire un abus de droit public constitutionnel. Les gouvernements d’États ainsi dénaturés s’analysent, au-delà de la démocratie de façade, en une ploutocratie. L’action des plus gros capitalistes, devenus propriétaires de banques, a anéanti la notion juridique d’État. Sur la scène internationale, l’État coquille vide est naturellement ravalé au rang de simple acteur économique soumis à la prédation des principaux tenants du pouvoir économique. Ces derniers ont réussi à imposer, légalement, une inversion des valeurs politiques et économiques : le principe économique a absorbé le principe politique. Conclusion La domination financière des banques d